
La police kényane tire des gaz lacrymogènes et arrête 355 personnes alors que Nairobi est paralysée pour l'anniversaire des manifestations
Un dispositif de sécurité massif et des barrages routiers ont transformé Nairobi en ville fantôme pour le deuxième anniversaire des manifestations antigouvernementales de 2024, qui ont fait au moins 60 morts.
Nairobi paralysée
La police a bloqué toutes les routes menant au quartier des affaires, installé des camions lance-eau et déployé du fil barbelé devant le Parlement. Magasins, restaurants et écoles ont fermé, laissant la capitale largement déserte. Le ministre de l'Intérieur, Kipchumba Murkomen, avait prévenu la veille que quiconque se livrerait à des actes de chaos, de pillage ou criminels se verrait appliquer « toute la rigueur de la loi ».
Manifestants réprimés
Quelques dizaines de manifestants, dont des familles de victimes et des figures de l'opposition, ont tenté d'atteindre le Parlement pour déposer des fleurs. Ils étaient largement inférieurs en nombre face aux policiers anti-émeutes. Les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et un canon sonore pour disperser la foule. Certains manifestants ont déposé des couronnes sur les barricades de fil barbelé après avoir été empêchés d'accéder aux abords du Parlement.
En tant que parents, nous avons demandé l'autorisation de venir ici pour pleurer et déposer des fleurs pour nos enfants. Mais à notre arrivée, nous avons été choqués car la police nous a bloqués.
Arrestations et réponse du gouvernement
Le ministre de l'Intérieur Murkomen a déclaré que 355 personnes avaient été arrêtées dans tout le pays, les qualifiant de « criminels » et s'excusant pour la gêne occasionnée par les mesures de sécurité. Le chef de la police de Nairobi, Issa Mohamud, a indiqué que les barrages visaient à empêcher les criminels d'entrer dans la ville. L'ambassade des États-Unis avait émis une alerte conseillant à ses ressortissants d'éviter les zones de manifestation.
Je suis arrivé hier. Je savais que le gouvernement serait lâche et empêcherait les gens de venir. J'ai passé la nuit dans le quartier des affaires. Nous n'avons jamais vu un centre-ville avec du fil barbelé dans les rues. C'est absurde.
Griefs non résolus
Les organisateurs des manifestations ont exigé justice pour les victimes, des enquêtes crédibles sur la conduite de la police et des garanties contre l'usage excessif de la force. Le président William Ruto a déclaré la semaine dernière que 2 milliards de shillings kényans (15,5 millions de dollars) avaient été réservés pour des réparations. Mais les familles affirment qu'aucun officier n'a été tenu pour responsable. Quatre personnes ont été tuées le mois dernier lors de manifestations contre la hausse des prix du carburant, selon RFI.
Le 25 juin est un rappel de ce que ce régime représente. C'est un rappel du moment où vous avez perdu votre légitimité auprès du peuple kényan.
Héritage du soulèvement de 2024
Les manifestations originales ont éclaté le 25 juin 2024 contre un projet de loi de finances qui aurait augmenté les impôts. Le mouvement Gen Z, peu organisé, a pénétré dans l'enceinte du Parlement avant qu'une répression sécuritaire ne fasse au moins 60 morts, selon la Commission nationale des droits de l'homme du Kenya. Le gouvernement a retiré le projet de loi, mais les manifestations commémoratives de l'année dernière ont également été meurtrières. Les militants affirment que les pressions économiques et la brutalité policière qui ont motivé le mouvement restent sans solution.
- Des manifestations anti-fiscalité éclatent, le Parlement est pris d'assaut, les forces de sécurité tuent au moins 60 personnes.
- Les manifestations commémoratives deviennent meurtrières, des dizaines de personnes tuées par la police.
- Déploiement sécuritaire massif, 355 arrestations, barrages routiers et gaz lacrymogènes utilisés pour bloquer les marches commémoratives.


