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Conflits·-2 h

Des pétroliers empruntent le détroit d'Ormuz après la trêve américano-iranienne de 60 jours, mais les mines et la prudence des armateurs ralentissent le retour aux volumes d'avant-guerre

Plusieurs pétroliers et méthaniers ont traversé le détroit d'Ormuz jeudi, quelques heures après que Washington et Téhéran ont signé un cessez-le-feu-cadre mettant fin au blocus américain des ports iraniens et promettant un passage sans entrave sur cette voie maritime. Les firmes de données maritimes comptaient au moins huit navires sortant du golfe en fin d'après-midi, le premier mouvement de grande ampleur depuis que la guerre a fermé la route fin février.

Le cessez-le-feu ouvre le détroit

Le président américain Donald Trump a ordonné à l'armée de lever le blocus du trafic maritime à destination et en provenance des ports iraniens, a annoncé le Commandement central américain (Centcom) sur X. Cette mesure met en œuvre le protocole d'accord signé mercredi soir par Trump et le président iranien Massud Peseschkia. Le vice-président J.@L D. Vance a confirmé depuis la Maison-Blanche que les forces navales américaines avaient déjà autorisé plus d'une douzaine de cargos à traverser et que plus de 12,5 millions de barils de pétrole avaient été transportés via le détroit.

À 16 h 30 jeudi, huit navires de fret étaient sortis du golfe Persique par le détroit, selon le fournisseur de données Kpler, égalant la moyenne quotidienne de la semaine précédente. Parmi eux, trois superpétroliers saoudiens transportant un total de six millions de barils de brut, suivis par Windward et Kpler, ainsi que le méthanier battant pavillon français Mraikh, chargé de 76 535 tonnes de gaz qatari à destination du Pakistan. Les pétroliers saoudiens, appartenant à Bahri, auraient éteint leurs transpondeurs pendant le transit et ne les auraient réactivés qu'après être sortis, a noté Bloomberg.

Chronologie du conflit et de la réouverture du détroit d'Ormuz
  1. Début de la guerre ; l'Iran interrompt effectivement la navigation dans le détroit d'Ormuz.
  2. Les États-Unis imposent un blocus naval des ports iraniens ; 139 navires sont déroutés d'ici juin, 9 sont immobilisés.
  3. Les présidents Trump et Peseschkia signent un accord-cadre de 60 jours pour cesser les hostilités et rouvrir le détroit.
  4. Les États-Unis lèvent officiellement le blocus. Les premiers pétroliers transitent par le détroit ; 8 navires sortent du golfe dans l'après-midi.
  5. Date limite pour que l'Iran démine le détroit, 30 jours après l'accord.
  6. L'accord-cadre de 60 jours expire ; un accord permanent doit être finalisé.

Reprise prudente et mines persistantes

La voie de navigation principale reste partiellement bloquée par environ 80 mines marines, a déclaré Phillip Belcher, représentant de l'organisation des armateurs de pétroliers Intertanko, à Blick.ch. Les navires doivent actuellement emprunter des routes secondaires à travers les eaux iraniennes et omanaises. Selon l'accord-cadre, l'Iran est tenu de déminer le détroit dans les 30 jours, mais un retour complet aux opérations normales est attendu dans des semaines ou des mois. Hapag-Lloyd prévoit une phase de normalisation de trois mois, tandis que la compagnie pétrolière émiratie Adnoc estime que 80 % de la capacité de transport de pétrole ne sera rétablie qu'après environ quatre mois.

Nous n'agirons et ne naviguerons à travers le détroit d'Ormuz que lorsque nous serons convaincus à 100 % que c'est sûr.

On ne peut pas s'attendre à un retour immédiat à des opérations normales pour le moment. La question clé est maintenant que les risques pour la navigation, en particulier les dangers potentiels des mines, soient éliminés dans les semaines à venir et que la sécurité des marins et des navires soit assurée en permanence.

Martin Kröger, PDG de l'Association des armateurs allemands (VDR)

Environ 500 navires marchands attendent à l'intérieur du golfe Persique pour un passage vers l'avant, estime l'association maritime internationale Bimco, dont 46 navires exploités par des entreprises allemandes avec environ 1 000 marins. L'Association des armateurs allemands (VDR) a prévenu que les navires bloqués ne peuvent pas tous partir simultanément et qu'une coordination internationale minutieuse est nécessaire. Les assureurs sont peu susceptibles de proposer une couverture abordable tant que les mines ne sont pas entièrement déminées.

Passages quotidiens de navires dans le détroit d'Ormuz, avant et après le conflit · passages
Avant-guerre
120 passages
Semaine dernière
8 passages
18 juin 2026
8 passages

Marché pétrolier et tensions sur les stocks

Les stocks mondiaux de pétrole ont chuté de 143 millions de barils en mai, soit un rythme de prélèvement de 4,6 millions de barils par jour, a rapporté l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Depuis le début du conflit le 28 février, le prélèvement quotidien moyen a été de 3,8 millions de barils. Les réserves gouvernementales de l'OCDE sont à leur plus bas niveau depuis décembre 1990. L'AIE a décrit l'accord américano-iranien comme un signal positif mais ne prévoit pas de reprise immédiate de l'offre, prédisant un apaisement significatif seulement à partir de 2027. Le détroit d'Ormuz transporte normalement environ 20 % du commerce énergétique mondial.

Les 60 prochains jours

L'accord-cadre dure 60 jours, pendant lesquels les deux parties sont censées négocier un règlement permanent. Le détroit doit être entièrement rouvert sans frais supplémentaires, même si Téhéran a à plusieurs reprises indiqué son intention de conserver un certain degré de contrôle sur la voie maritime. Les forces américaines restent déployées dans la région pour garantir le respect de l'accord. Le chenal navigable étroit, large de seulement quelques milles marins, pourrait encore créer des goulets d'étranglement même après le déminage, selon la propreté du chenal.

Bandar Abbas

7 sources

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