La commission des retraites allemande propose de relever l'âge de départ et de supprimer la « Rente à 63 ans »
Une commission nommée par le gouvernement a recommandé de relever l'âge de la retraite en fonction de l'espérance de vie et de supprimer la retraite anticipée sans décote après 45 ans de cotisations, dans le cadre d'un ensemble de plus de 30 propositions qui seront remises au chancelier Friedrich Merz mardi.
Le plan de la commission
La commission, mise en place par le gouvernement, achève ses travaux aujourd'hui et présentera ses recommandations au chancelier Friedrich Merz (CDU) et à la ministre du Travail Bärbel Bas (SPD) mardi. Le paquet, divulgué ce week-end, comprend plus de 30 propositions. Au cœur de celles-ci : une augmentation progressive de l'âge légal de la retraite liée à l'espérance de vie, la suppression de la « Rente à 63 ans » (retraite anticipée sans décote après 45 années de cotisation) et l'introduction d'un pilier par capitalisation au sein du système de retraite légal. La commission recommande également un taux de remplacement net cible d'au moins 70 % après impôt, avec des taux plus élevés pour les bas revenus.
C'est bien sûr une œuvre d'art totale, car il faut penser à toutes les générations lorsqu'on crée un nouveau système. Et c'est pourquoi ce n'est pas si simple.
Réactions politiques et syndicales
Les propositions ont suscité de vives critiques de la part du parti de gauche et des syndicats. La présidente d'IG Metall, Christiane Benner, a prévenu que la suppression de la retraite anticipée sans décote se heurterait à une forte résistance dans les usines des secteurs métallurgique et électrique. Le président des Jusos, Philipp Türmer, a qualifié le lien entre l'âge de la retraite et l'espérance de vie d'injuste socialement, arguant qu'il pénaliserait ceux qui commencent une vie de dur labeur. Le chef du groupe parlementaire du parti de gauche, Sören Pellmann, a accusé la commission de mettre en œuvre les coupes ordonnées par le gouvernement Merz, et a déclaré que la composante capitalisée rendrait les retraites dépendantes de la hausse des loyers, des coûts de soins et du cours des actions des entreprises d'armement.
Ces propositions ignorent la situation de travail et de vie de nombreux salariés dans nos usines.
Lier l'âge de la retraite à l'espérance de vie générale est injuste socialement et se fait au détriment de ceux qui commencent tout juste une vie pleine de dur labeur.
Bas signale des protections transitoires
La ministre du Travail Bas, tout en louant l'ensemble du paquet, a reconnu la nécessité de garanties. Elle a déclaré que le gouvernement examinerait quelles cohortes seraient concernées et a promis une protection de la confiance et des périodes de transition. Bas a souligné que sans réforme, les cotisations augmenteraient fortement avec le départ à la retraite des baby-boomers, laissant les travailleurs actuels avec moins d'argent en poche. Elle a décrit le pilier par capitalisation comme un modèle d'épargne au sein du premier pilier, conçu pour offrir aux jeunes générations un niveau de retraite plus élevé qu'aujourd'hui.
Nous devons maintenant veiller à ce que les départs anticipés à la retraite soient réduits. Mais il devrait y avoir une protection de la confiance et des périodes de transition.
Soutien d'experts
Monika Schnitzer, présidente du Conseil allemand des experts économiques, a salué les recommandations, notant que beaucoup d'entre elles étaient alignées sur les propositions du conseil en 2023. L'accent mis par la commission sur un taux de remplacement net et un pilier par capitalisation fait écho aux appels de longue date des économistes en faveur d'une architecture de retraite plus durable.
Prochaines étapes
La commission remet son rapport mardi. La coalition au pouvoir entamera ensuite des discussions politiques sur les éléments à adopter. Bas a indiqué que le processus impliquerait un examen attentif de l'équité intergénérationnelle et de la viabilité budgétaire.
- Les propositions divulguées suscitent un débat parmi les syndicats et les politiciens
- La commission conclut ses délibérations
- Remise des recommandations au chancelier Merz et à la ministre Bas

