
La justice française rejette le recours de la commentatrice russe Xenia Fedorova contre son arrêté d'expulsion
Le tribunal administratif de Paris a estimé lundi que Xenia Fedorova n'avait pas démontré l'urgence extrême, maintenant ainsi son assignation à résidence, ses pointages quotidiens au commissariat et le gel de ses avoirs. Son avocat a indiqué qu'elle était en vacances à l'étranger et qu'elle ne reviendrait pas tant que l'arrêté ne serait pas suspendu.
Le tribunal rejette le recours en urgence
Le tribunal administratif de Paris a rejeté lundi le recours en urgence de la commentatrice russe Xenia Fedorova contre un arrêté d'expulsion, une assignation à résidence et un gel de ses avoirs pour six mois. Le tribunal a estimé qu'elle n'avait pas démontré l'« urgence extrême », une condition requise pour la procédure accélérée qu'elle avait choisie. Fedorova, assignée à résidence à Paris depuis mercredi, n'a pas justifié d'un besoin de quitter la région parisienne, n'a pas demandé d'autorisation au préfet de police et s'est contentée d'invoquer la gêne que lui cause l'obligation de pointage quotidien, a indiqué le tribunal dans un communiqué.
Le juge a considéré que la condition d'urgence extrême n'était pas remplie.
La décision maintient les trois mesures gouvernementales : l'arrêté d'expulsion, l'obligation de résider à Paris et de se présenter quotidiennement au commissariat, ainsi que le gel des avoirs.
Fedorova était à l'étranger pendant la procédure
Rebondissement : l'avocat de Fedorova, Emmanuel Piwnica, a révélé que sa cliente était déjà à l'étranger en vacances lorsqu'elle a été informée des mesures prises contre elle. Elle ne prévoit pas de revenir en France tant que l'arrêté d'expulsion n'aura pas été suspendu ou annulé.
Ma cliente était déjà à l'étranger, en vacances, lorsqu'elle a été informée des mesures prises contre elle. Elle ne prévoit pas de revenir en France tant que l'arrêté d'expulsion n'aura pas été suspendu ou annulé.
Piwnica a exprimé un « très grand regret » face à la décision du tribunal et a indiqué que Fedorova entendait la contester. Le tribunal a précisé que ce rejet ne l'empêche pas de déposer un nouveau recours en urgence avec des éléments plus détaillés sur sa situation personnelle, ni d'engager une procédure de suspension.
Accusations de désinformation
Les autorités françaises accusent Fedorova d'être un relais de campagnes de désinformation orchestrées par les autorités russes pour déstabiliser l'ordre public. L'arrêté d'expulsion du ministère de l'Intérieur la décrit comme un vecteur de propagande et considère sa présence comme une « menace grave et actuelle pour l'ordre public ». Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a spécifiquement évoqué ses propos.
De nombreux commentaires qu'elle a faits et qui répètent systématiquement la propagande.
Fedorova, 45 ans, a été directrice de RT France de 2017 à 2022. La chaîne financée par le Kremlin a été interdite dans l'Union européenne après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie. Elle défend ouvertement la rhétorique du président Vladimir Poutine, qualifiant l'invasion d'« opération spéciale » et accusant l'Occident de prolonger le conflit. Elle a refusé l'expulsion, dénonçant des pressions politiques et une censure de la part de Paris.
Présence médiatique et contexte politique
Fedorova apparaît régulièrement sur CNews, Europe 1 et dans l'hebdomadaire JDNews, tous des médias appartenant au milliardaire conservateur français Vincent Bolloré. Ses positions favorables à la Russie sur l'Ukraine, l'OTAN et la sécurité européenne font l'objet d'un examen de plus en plus minutieux. Sa présence croissante dans ces médias suscite des inquiétudes quant à une manipulation du débat public, notamment à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. L'affaire divise l'opinion : Canal+ et Lagardère ont dénoncé les mesures comme une atteinte à la liberté d'expression, tandis que le gouvernement invoque la lutte contre les ingérences étrangères.
Quelle est la suite ?
L'avocat de Fedorova a indiqué qu'elle poursuivrait les voies de recours. Le tribunal a précisé qu'elle pouvait à nouveau saisir le juge des référés en exposant les circonstances particulières de sa situation, ou déposer un recours en suspension. Pour l'instant, l'arrêté d'expulsion est maintenu et Fedorova reste hors de France.
- Arrêté d'expulsion, assignation à résidence et gel des avoirs
- Le tribunal de Paris rejette le recours en urgence, absence d'urgence extrême
