
Le plan de Hegseth pour réduire davantage les troupes américaines en Europe bloqué par Rubio et la Maison-Blanche
Le secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth s'apprêtait à annoncer des réductions supplémentaires des forces américaines en Europe au-delà des retraits déjà prévus, mais la proposition a été abandonnée après l'intervention du secrétaire d'État Marco Rubio et d'autres hauts responsables, rapporte le Wall Street Journal.
Une annonce bloquée
Pete Hegseth avait prévu de se rendre à Bruxelles le mois dernier pour une réunion avec les principaux chefs militaires de l'OTAN et dévoiler une nouvelle série de réductions des forces américaines en Europe. Ces réductions auraient largement dépassé le déploiement annulé d'une brigade blindée en Pologne et le retrait antérieur d'une brigade d'infanterie de Roumanie, selon des personnes proches du dossier citées par le Wall Street Journal. Cependant, le plan a été stoppé après avoir été communiqué à Marco Rubio, qui occupe à la fois les fonctions de secrétaire d'État et de conseiller à la sécurité nationale, ainsi qu'à d'autres hauts responsables de l'administration. Au lieu de cela, Hegseth a annoncé un examen de six mois de l'empreinte militaire américaine sur le continent.
Le secrétaire Hegseth a veillé à ce que son message soit cohérent avec les objectifs et le programme du président et qu'il ne souhaite pas limiter la marge de manœuvre décisionnelle du président.
Divisions internes
Cet épisode révèle que l'administration Trump n'a pas encore arrêté le rythme et l'ampleur des éventuels retraits de troupes. Alors que Hegseth et son principal conseiller politique Elbridge Colby ont activement poussé à réduire la présence américaine en Europe, l'intervention de Rubio et d'autres signale une résistance au sein même de l'équipe présidentielle. Le Wall Street Journal a noté que Donald Trump lui-même a été pris au dépourvu par certaines des actions de Hegseth, demandant un jour au secrétaire à la Défense pourquoi il traitait un allié précieux avec tant de désinvolture. Peu après, Trump a annoncé qu'il enverrait 5 000 soldats en Pologne, mais ces forces supplémentaires n'ont pas encore été déployées.
- Les États-Unis retirent 5 000 soldats d'Allemagne et annulent le déploiement d'une brigade blindée en Pologne.
- Le plan de Hegseth visant à annoncer de nouvelles réductions lors de la réunion de l'OTAN est bloqué par Rubio ; un examen de six mois est annoncé à la place.
- Sommet de l'OTAN à Ankara, où les niveaux de troupes américaines et les dépenses des alliés devraient dominer les discussions.
La pression de Trump sur les alliés
Le président a continué à faire pression sur les membres de l'OTAN au sujet des dépenses de défense. Dans un message sur les réseaux sociaux publié jeudi, il a écrit que la relation n'était pas réciproque et que les États-Unis dépensaient bien plus que tout autre pays pour protéger des alliés sans en retirer de bénéfice. Le sommet de l'OTAN de l'année dernière a vu les alliés convenir de relever leur objectif de dépenses de défense de 2 % à 5 % du PIB, mais Trump a maintenu la pression rhétorique. La stratégie de défense du Pentagone de janvier indiquait déjà un pivot vers le Pacifique occidental et l'hémisphère occidental, chargeant les pays européens de la responsabilité principale de la défense conventionnelle sur le continent.
Il est absurde que les États-Unis persistent dans cette voie unilatérale alors que la relation n'est pas réciproque.
Le sommet de l'OTAN en vue
Les niveaux de troupes et les dépenses militaires des alliés devraient dominer l'ordre du jour lorsque Trump rencontrera les dirigeants de l'OTAN à Ankara, en Turquie, la semaine prochaine. Ce rassemblement s'annonçait déjà tendu, les responsables espérant faire preuve d'unité et de soutien envers l'Ukraine tout en craignant que des frictions avec Washington n'éclipsent les discussions. Certains responsables de l'OTAN envisagent même d'abandonner les projets de sommet de l'année prochaine en Albanie, ont indiqué des sources au Journal.
Inquiétudes des alliés et des républicains
Les propositions de Hegseth ont alarmé les alliés européens et les parlementaires à Washington, y compris d'éminents républicains. Les critiques avertissent qu'un retrait rapide pourrait infliger des dommages durables à l'alliance atlantique et encourager la Russie. La décision antérieure de retirer environ 5 000 soldats d'Allemagne est intervenue après que le chancelier Friedrich Merz a décrit les États-Unis comme ayant été humiliés par l'Iran, et le Pentagone a également envisagé de punir les alliés qui ne soutenaient pas assez rapidement les opérations américaines. Hegseth a insisté sur le fait que l'examen serait sérieux, déclarant aux journalistes que l'Europe devait rapidement et irréversiblement assumer la responsabilité principale de sa défense.


