
La hausse des salaires dans le privé au Royaume-Uni ralentit à 2,8 %, le chômage reste à 4,9 %
La hausse des salaires dans le secteur privé britannique a ralenti à 2,8 % au deuxième trimestre tandis que les offres d’emploi ont chuté à 707 000, confortant les prévisions des économistes selon lesquelles la Banque d’Angleterre maintiendra ses taux à 3,75 %.
Le marché du travail se refroidit sur plusieurs indicateurs clés
Les chiffres officiels de l’Office for National Statistics ont montré un ralentissement des conditions sur le marché du travail britannique entre avril et juillet. Le taux de chômage national est resté à 4,9 % sur les trois mois allant jusqu’à juin, manquant les prévisions des économistes qui tablaient sur une baisse à 4,8 %. Le taux d’emploi des personnes âgées de 16 à 64 ans est resté stable sur un an à 75,1 %, tandis que le taux d’inactivité économique chez les adultes de 16 ans et plus est resté inchangé à 20,9 %. L’emploi total a chuté de 71 000 en juin par rapport au même mois de 2025, soit une baisse de 4 000 par rapport à mai. Le nombre d’offres d’emploi a diminué à 707 000 sur les trois mois allant jusqu’à juillet, en baisse de 4 000 par rapport aux trois mois allant jusqu’à juin et de 7 000 par rapport aux trois mois allant jusqu’à avril, atteignant le niveau le plus bas depuis 2014 en dehors de la période pandémique.
Les offres d’emploi restent globalement stables, même si une légère baisse au cours de la dernière période les place à leur niveau le plus bas depuis plus de cinq ans.
Ralentissement de la croissance salariale et prudence des employeurs
Les données sur la croissance des salaires indiquent un relâchement des pressions salariales dans le secteur privé. La hausse des salaires réguliers dans le privé a ralenti à 2,8 % sur un an au deuxième trimestre, contre 2,9 % lors de la période précédente, soit le rythme le plus faible depuis octobre 2020. La croissance globale des salaires réguliers a légèrement augmenté à 3,5 %, soutenue par les augmentations programmées dans le secteur public du NHS. L’Office for National Statistics a noté que les petites entreprises ont réduit leurs embauches en raison de la hausse des coûts salariaux et des dépenses d’exploitation, aggravées par les coûts de l’énergie et les ajustements salariaux gouvernementaux pour les bas salaires. En outre, les données d’enquête de la société d’analyse des ressources humaines Brightmine ont révélé que le montant médian des accords salariaux des employeurs est tombé à 3,2 % sur les trois mois allant jusqu’à juillet, contre 3,3 % au cours des trois trimestres précédents.
- Inflation de juin
- 2.6 %
- Salaire régulier du privé
- 2.8 %
- Prévision d’inflation de juillet
- 2.9 %
- Médiane des accords salariaux Brightmine
- 3.2 %
- Salaire régulier total
- 3.5 %
Le fait que plus d’un tiers des accords salariaux appariés soient désormais inférieurs à ceux de l’année dernière suggère que certains employeurs deviennent plus prudents.
Perspectives des décideurs et considérations sur l’inflation
Le relâchement des chiffres de l’emploi a renforcé les attentes selon lesquelles la Banque d’Angleterre maintiendra son taux directeur à 3,75 %. Dans un sondage Reuters auprès de 64 économistes réalisé entre le 13 et le 18 août, 56 répondants s’attendent à ce que le Comité de politique monétaire laisse les taux inchangés jusqu’à la fin de l’année. Six économistes ont prévu une hausse des taux et deux une baisse. Trois membres du comité de neuf personnes avaient voté pour une hausse immédiate à 4,0 % lors de la réunion de juillet. Alors que le pétrole brut s’échangeait à environ 91 dollars le baril en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz, les économistes de Morgan Stanley ont observé que la faiblesse des embauches crée un obstacle aux effets inflationnistes de second tour provenant des prix de l’énergie. L’inflation officielle devrait passer de 2,6 % en juin à 2,9 % en juillet.
- Statu quo à 3,75 %
- 56 économistes
- Hausse des taux
- 6 économistes
- Baisse des taux
- 2 économistes
Sauf pic sévère et persistant des prix de l’énergie, nous pensons que la Banque (d’Angleterre) maintiendra ses taux jusqu’au printemps prochain, avant de les baisser au moins deux fois en 2027.
Évolutions sur les marchés des changes et actions
Les marchés financiers ont enregistré des baisses après la publication des données sur l’emploi. À la Bourse de Londres, l’indice vedette FTSE 100 a reculé de 0,1 % à 10 711,29 points, marquant sa septième baisse quotidienne consécutive, tandis que l’indice midcap FTSE 250 a cédé 0,4 % à 24 612,95 points. La livre sterling a perdu 0,1 % face au dollar américain, à 1,352 $, après avoir pourtant gagné près de 2 % au cours des deux mois précédents dans un contexte de faiblesse du dollar et d’interventions conjointes américano-japonaises sur le yen fin juillet. Face à l’euro, la livre a cédé 0,05 % à 85,54 pence. Les marchés monétaires continuaient d’intégrer environ 30 points de base de resserrement monétaire d’ici la fin de l’année.


