Rajoy affirme que l'équipe de France de la Coupe du monde « n'a pas de Français », suscitant des accusations de racisme
L'ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a affirmé dans une chronique que l'équipe de France pour la Coupe du monde « a un très haut niveau, mais sans Français ». Ses opposants politiques ont qualifié cette remarque de raciste et xénophobe.
La chronique controversée
Mariano Rajoy, qui a été Premier ministre espagnol de 2011 à 2018, a rédigé une analyse pour le journal numérique El Debate sur le parcours de l'Espagne en Coupe du monde. La chronique faisait suite à la victoire en quart de finale de l'équipe espagnole contre la Belgique. Rajoy a déclaré qu'« aujourd'hui est venue la revanche » pour l'élimination de l'Espagne en 1986 par le même adversaire, et a exprimé une double satisfaction car il n'aime ni « les diables ni les rouges », une allusion au surnom de la Belgique et au parti socialiste espagnol. Après avoir qualifié la France d'« adversaire redoutable » avec « un très haut niveau » de jeu, il a ajouté la phrase « mais sans Français ». La phrase sous-entendait que les joueurs français, dont beaucoup ont des racines familiales en Afrique, ne sont pas véritablement français.
Réactions politiques
Les remarques ont suscité une condamnation immédiate. Santiago Martínez-Vares, analyste politique sur laSexta Xplica, a déclaré que l'article « aurait pu être signé par Vito Quiles », une figure de l'extrême droite sur les réseaux sociaux. Martínez-Vares a estimé que les anciens présidents devraient « rester tranquillement chez eux et tricoter », et que de tels commentaires sont « très dangereux ».
Toute l'équipe de France est française, tous, quelle que soit la couleur de leur peau.
José Cepeda, député européen socialiste, a dit ressentir de la « honte en entendant un ancien Premier ministre de ce pays s'exprimer en ces termes ». Il a décrit les propos comme « racistes, xénophobes et alimentant la haine », s'alignant sur le discours de l'extrême droite européenne.
C'est très regrettable et le plus grave est que ce genre de déclaration et d'affirmation ne fait qu'attiser la haine.
Les deux figures ont noté que Rajoy avait précédemment qualifié l'équipe d'Espagne championne d'Europe de « honte » en publiant une photo de Nico Williams et Lamine Yamal.
La composition réelle de l'équipe de France
La sélection française de 26 joueurs pour la Coupe du monde 2026 ne compte que trois membres nés hors de France. Michael Olise est né à Londres d'un père nigérian-britannique et d'une mère franco-algérienne. Marcus Thuram est né à Parme, en Italie, alors que son père Lilian jouait pour le club local. Brice Samba est né en République démocratique du Congo et représente la France depuis 2023. Les 23 autres joueurs sont nés sur le sol français. Tous possèdent la nationalité française.
- Nés en France
- 23 joueurs
- Nés en Italie
- 1 joueurs
- Nés en Angleterre
- 1 joueurs
- Nés en RDC
- 1 joueurs
Chronologie des réactions
La chronique de Rajoy est parue en ligne le 11 juillet 2026. Plus tard dans la soirée, sur laSexta Xplica, les premières condamnations ont été diffusées. La réaction de Cepeda a été diffusée à 21h21, suivie de celle de Martínez-Vares à 21h59.
- La chronique de Rajoy paraît dans El Debate
- Le député européen José Cepeda condamne les propos sur laSexta Xplica
- L'analyste Santiago Martínez-Vares qualifie les commentaires de dangereux
Contexte plus large
L'incident survient alors que la politique espagnole et européenne s'oriente vers la droite. Cepeda a lié la rhétorique de Rajoy à ce qui « commence malheureusement à se faire entendre au Parlement européen de la part de l'extrême droite ». Martínez-Vares a rappelé que lors de la dernière visite papale, les politiciens espagnols ont applaudi un discours auquel ils ne croient pas, suggérant une hypocrisie sur les droits de l'homme. La chronique de Rajoy contenait également une pique politique contre « les rouges », référence au parti socialiste espagnol et à la couleur du maillot de l'équipe nationale. La controverse fait écho à des débats antérieurs sur l'identité nationale et la race dans le football européen, l'équipe de France étant souvent au centre de telles discussions.


