
Le propriétaire d'un pétrolier de la flotte fantôme russe condamné à 1 million d'euros d'amende par un tribunal français après une interception dans l'Atlantique
Le propriétaire du Tagor, un pétrolier de la flotte fantôme de Moscou intercepté par la marine française en mai, a été condamné à payer une amende d'un million d'euros et le navire est désormais libre de quitter les eaux territoriales françaises, a annoncé jeudi le procureur de Brest.
Arrestation et amende
Le pétrolier Tagor a été intercepté par la marine française le 31 mai 2026 dans les eaux internationales, à environ 700 km à l'ouest de la Bretagne. Arborant un faux pavillon camerounais présumé, le navire naviguait de Mourmansk (Russie) vers Limbé (Cameroun) et était presque vide au moment de l'abordage. Il s'agit de la quatrième saisie de ce type par la France depuis le début des opérations ciblées contre le contournement des sanctions sur les exportations pétrolières russes en septembre 2025.
Issue judiciaire
Jeudi, le procureur de Brest, Stéphane Kellenberger, a annoncé que le propriétaire du navire (une société immatriculée aux Îles Marshall) avait été condamné à une amende d'un million d'euros et que la somme avait déjà été versée. Le propriétaire a plaidé coupable dans le cadre d'une procédure de plaider-coupable et s'est engagé à obtenir un pavillon légal sans délai.
La mise en immobilisation administrative du navire sera levée et le Tagor pourra quitter les eaux territoriales françaises.
Le pétrolier était retenu au port de la baie de Douarnenez depuis plus d'un mois.
Flotte fantôme et sanctions
Le Tagor est sous sanctions américaines et européennes et avait déjà changé plusieurs fois de pavillon, notamment ceux de Madagascar, des Îles Marshall et du Panama. Les autorités françaises estiment que la Russie exploite une flotte fantôme de 800 à 1 000 vieux navires battant pavillon étranger pour contourner les sanctions internationales sur ses exportations pétrolières.
- La marine française intercepte le Tagor dans l'Atlantique, à 700 km des côtes bretonnes.
- Le Deliver intercepté au large de la Sicile, immobilisé près de Marseille.
- Le tribunal de Brest condamne le propriétaire du Tagor à 1 million d'euros d'amende ; le navire est libéré.
Autres interceptions françaises
Un cinquième navire, le Deliver, intercepté au large de la Sicile le 23 juin, restait immobilisé près du terminal pétrolier de Marseille-Fos jeudi. La France avait déjà arrêté trois autres pétroliers avant le Tagor, le premier en septembre 2025. La marine française intensifie ses interceptions de ces navires, que les gouvernements occidentaux accusent Moscou d'utiliser pour contourner les plafonds occidentaux sur ses revenus pétroliers.
Réaction du Kremlin
Moscou a condamné l'interception comme illégale. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié l'opération de « proche de la piraterie internationale », bien que la convention de Montego Bay autorise les inspections en haute mer lorsqu'un pavillon est présumé faux.

