
Le centre-droit italien s'accorde sur le vote hors domicile, mais le conflit sur les préférences assombrit la réforme électorale
La coalition au pouvoir a déposé un amendement commun le 10 juillet pour permettre aux étudiants, travailleurs et patients de voter dans leur commune de domicile temporaire, mais les discussions sur les préférences des candidats restent bloquées avant le débat à la Chambre du 14 juillet.
L'amendement
La majorité de centre-droit a présenté le 10 juillet un amendement unifié à la loi électorale qui permettra aux étudiants, travailleurs et patients temporairement domiciliés en dehors de leur province de résidence de voter dans la commune où ils résident effectivement. La disposition, signée par Fabio Roscani (Fratelli d'Italia), Luca Toccalini (Lega), Simone Leoni (Forza Italia) et Maria Chiara Fazio (Noi Moderati), couvre les élections à la Chambre et au Sénat, les scrutins du Parlement européen et les référendums abrogatifs ou constitutionnels.
L'amendement prévoit que les étudiants, les travailleurs hors domicile et les personnes recevant des soins médicaux loin de leur résidence peuvent s'inscrire avant le 31 décembre et voter dans le lieu où ils sont domiciliés.
Le mécanisme évite de créer des bureaux de vote séparés : les électeurs seront ajoutés aux listes électorales ordinaires de la commune d'accueil et voteront pour les candidats de la circonscription dans laquelle ils sont domiciliés. Pour être éligible, une personne doit avoir été temporairement domiciliée pendant au moins neuf mois dans une province différente de sa résidence enregistrée et doit soumettre une demande annuelle avant le 31 décembre.
Un problème de longue date
On estime que 4,9 millions de personnes (étudiants, travailleurs et patients) ont longtemps été effectivement privées de leur droit de vote, à moins de retourner dans leur ville d'origine. Une loi de délégation adoptée en 2023 a stagné, et des expériences limitées ont été menées uniquement pour les étudiants lors des élections européennes de 2024 et pour certains référendums. Le nouvel amendement marque le premier accord permanent et transpartisan sur cette question au sein de la législature actuelle.
- Loi de délégation sur le vote hors domicile approuvée mais stagne.
- Première expérience pour les étudiants uniquement.
- Vote hors domicile utilisé pour les référendums sur la citoyenneté et le travail, puis interrompu pour le référendum sur la justice.
- La majorité présente un amendement unifié pour le vote hors domicile permanent.
Les préférences toujours en litige
Malgré l'avancée sur le vote hors domicile, la majorité reste divisée sur les préférences des candidats. Le chef adjoint du groupe de la Lega, Riccardo Molinari, a clairement indiqué que son parti considère la réforme électorale comme une priorité de FdI et de Giorgia Meloni, et non de la coalition dans son ensemble.
Se bloquer sur les préférences ne nous semble pas très logique. Nous avons déjà renoncé aux circonscriptions uninominales, et maintenant modifier à nouveau le texte sur un sujet aussi sensible est très compliqué.
Le chef du groupe FdI, Galeazzo Bignami, a déclaré être confiant qu'un compromis pourrait être trouvé, et le chef de l'organisation Giovanni Donzelli a rappelé que le centre-droit ne s'est jamais divisé sur aucun vote jusqu'à présent. Pourtant, plusieurs figures de la majorité ont décrit en privé l'accord sur le vote hors domicile comme une manœuvre tactique pour sécuriser un bloc électoral clé, tandis que la réforme plus large reste embourbée dans l'incertitude.
Voix de l'opposition
L'amendement a suscité une réaction mitigée de l'opposition. Le secrétaire de +Europa, Riccardo Magi, a déclaré que son parti soutiendrait le texte « s'ils sont sérieux », tout en maintenant un jugement négatif sur la réforme globale. Le député AVS Filiberto Zaratti a invité la majorité à dialoguer avec les propositions de l'opposition, avertissant que la mesure pourrait être « d'une efficacité douteuse ». Giulia Pastorella d'Azione a noté que la démarche était bienvenue mais aurait dû être faite plus tôt, et Marianna Madia d'Italia Viva a déclaré attendre le texte réel avant de prendre position.
S'ils ne veulent pas produire une mesure de propagande, alors ils devraient confronter leurs idées avec nos propositions.
Prochaines étapes
La Chambre des députés reprendra l'examen de la réforme électorale le 14 juillet, la date limite pour les amendements tombant la veille. La disposition sur le vote hors domicile est désormais intégrée dans un projet de loi plus large que la majorité espère adopter avant la pause estivale. Le respect de ce calendrier dépendra fortement de la capacité de la coalition à régler ses divergences sur les préférences dans les jours à venir.


