
Rubio bloque le projet de Hegseth d’annoncer d’importantes réductions des troupes américaines en Europe
Le secrétaire à la Défense américain devait annoncer des réductions supplémentaires au-delà de celles déjà en cours en Pologne et en Roumanie, mais le secrétaire d’État Marco Rubio est intervenu, révélant des divisions au sein de l’administration.
Une annonce bloquée
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait l’intention de se rendre à Bruxelles le mois dernier pour annoncer ce que ses collaborateurs appelaient une bombe lors d’une réunion des chefs de la défense de l’OTAN : les États-Unis se préparaient à de nouvelles réductions de troupes allant au-delà de l’annulation du déploiement d’une brigade blindée en Pologne et du retrait précédent d’une brigade d’infanterie de Roumanie. Selon une exclusivité du Wall Street Journal citant des personnes proches du dossier, la proposition a été communiquée au secrétaire d’État Marco Rubio, qui est également conseiller à la sécurité nationale, et à d’autres hauts responsables. Ils l’ont jugée prématurée, et le projet a été annulé avant même d’avoir été présenté aux alliés.
Un an de réductions continues
Cette annonce bloquée s’ajoute à une cascade de réductions déjà en cours. En mai, le Pentagone a retiré environ 5 000 soldats d’Allemagne, une mesure décrite par les responsables comme une protestation contre le niveau de soutien des alliés européens au conflit des États-Unis avec l’Iran. Peu après, la rotation prévue de neuf mois d’une brigade blindée de Fort Hood, au Texas, vers la Pologne, environ 4 000 soldats, a été brutalement suspendue. Plus tôt, une brigade d’infanterie avait été retirée de Roumanie. Ces mesures avaient déjà ébranlé les membres de l’OTAN sur le flanc est.
- Les États-Unis retirent 5 000 soldats d’Allemagne en signe de protestation contre le soutien des alliés au conflit avec l’Iran.
- Le Pentagone suspend le déploiement d’une brigade blindée (4 000 soldats) en Pologne.
- Le projet de Hegseth d’annoncer des réductions plus profondes des troupes est bloqué par Rubio ; à la place, un examen semestriel de la posture est annoncé à la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN à Bruxelles.
- Le sommet de l’OTAN débute à Ankara. Les niveaux de troupes et les dépenses de défense dominent l’ordre du jour dans un contexte de tensions transatlantiques accrues.
Changement stratégique et tensions internes
Hegseth et son conseiller principal pour la politique Elbridge Colby ont été les défenseurs les plus fervents de l’administration en faveur d’une réduction de l’empreinte américaine en Europe et d’une redirection des ressources vers l’Indo-Pacifique. Un document stratégique du Pentagone publié en janvier signalait précisément ce pivot, déclarant que les pays européens devraient assumer la responsabilité principale de la défense conventionnelle du continent. Pourtant, cette initiative a créé des frictions au sein de l’administration. Après l’épisode de juin, Sean Parnell, le porte-parole en chef du Pentagone, a déclaré au Journal :
Le secrétaire Hegseth a veillé à ce que son message soit aligné sur les objectifs et le programme du président et ne souhaite pas limiter la marge de manœuvre décisionnelle du président.
Alliés sous tension avant le sommet d’Ankara
Les dirigeants de l’OTAN doivent se réunir à Ankara la semaine prochaine, et les niveaux de troupes ainsi que les dépenses de défense domineront l’ordre du jour. Le président Donald Trump a intensifié ses critiques jeudi, écrivant sur les réseaux sociaux :
Il est absurde que les États-Unis persistent dans cette voie unilatérale alors que la relation n’est pas réciproque.
Les responsables alliés espèrent que le sommet projettera une image d’unité, mais certains craignent que les exigences de Trump d’un objectif de dépenses de défense à 5 % du PIB et sa menace de sanctionner les pays qu’il considère comme des resquilleurs n’éclipsent les discussions. Certains planificateurs de l’OTAN envisagent déjà d’abandonner les projets pour le sommet de l’année prochaine en Albanie. Pendant ce temps, l’examen semestriel de la posture annoncé par Hegseth en lieu et place de réductions immédiates maintiendra en suspens la taille et le calendrier de tout nouveau retrait américain.


