
Portugal : accord partiel sur l'intégration des médecins prestataires, blocage sur la rémunération
Les discussions entre la ministre portugaise de la Santé, Ana Paula Martins, et l'Association des médecins prestataires de services se sont achevées le 2 octobre 2026 sans accord sur les honoraires, ce qui suscite des inquiétudes sur les effectifs des urgences à l'approche d'un décret sur les tarifs horaires.
Négociations sur les effectifs hospitaliers
La ministre portugaise de la Santé, Ana Paula Martins, a rencontré les représentants de l'Association des médecins prestataires de services (AMPS) vendredi matin 2 octobre 2026, pour des discussions qui ont duré plus de trois heures. La séance a débuté à 10h00 sans ordre du jour détaillé préalable du ministère, près d'un an après la précédente discussion formelle du 27 novembre 2025. Les représentants de l'AMPS ont présenté plusieurs propositions opérationnelles visant à améliorer la gestion des ressources au sein du Service national de santé (SNS), en particulier dans les services d'urgence hospitaliers. Si les deux parties ont réduit leurs divergences sur l'intégration professionnelle, la réunion s'est terminée sans accord global en raison de désaccords persistants sur les tarifs de rémunération.
Parcours professionnels des médecins non spécialistes
Les discussions ont porté principalement sur la création d'un cadre juridique permettant de faire passer les médecins prestataires non spécialistes sous statut permanent au sein du SNS. En vertu de la législation portugaise en vigueur, les établissements publics de santé ne peuvent accorder de contrats à durée indéterminée aux médecins qui ne détiennent pas une spécialité médicale, une restriction qui a exclu les non-spécialistes de la fenêtre de recrutement transitoire de trois mois expirée le 30 septembre 2026. Ana Paula Martins s'est dite disposée à établir des voies d'accès dédiées aux spécialités, permettant aux médecins d'obtenir une qualification par le parcours de résidanat classique ou par une certification formelle validée avec l'Ordre des médecins (Ordem dos Médicos). La direction de l'AMPS a confirmé son intention de demander une rencontre directe avec l'Ordre des médecins afin de coordonner les exigences réglementaires de ces titres.
Nous avons constaté une ouverture de la part de la ministre que nous n'attendions pas. Nous savions la ministre ouverte au dialogue, mais l'attention qu'elle a manifestée pour notre situation, pour les prestataires, en particulier les prestataires non spécialistes, a été stratosphérique.
Impasse sur les tarifs horaires
Bien que les discussions du matin aient évité le sujet de la rémunération horaire, les grilles tarifaires restent le principal point de friction entre le gouvernement et les praticiens indépendants. Un décret ministériel conjoint des ministères des Finances, de l'Administration publique et de la Santé doit être publié en octobre 2026 pour définir la rémunération officielle par heure, par acte médical et par créneau de garde aux urgences. L'AMPS exige un tarif de base d'au moins 43 euros de l'heure, et sa direction a averti que toute tentative du gouvernement de réduire les niveaux de rémunération actuels pourrait entraîner des départs massifs et des interruptions de service parmi les médecins prestataires.
Il est très probable que la corde casse. Nous ne sommes pas prêts à accepter un centime en dessous des valeurs actuelles.
Dépendance aux médecins externalisés pour les urgences
Les négociations font suite à un décret-loi publié en juin 2026 réglementant l'achat de services médicaux dans les unités de santé publiques. Les Unités locales de santé (ULS) recourent à des médecins externalisés, communément appelés tarefeiros, pour couvrir les plannings de garde aux urgences et pallier les déficits de spécialistes dans leurs effectifs permanents. L'AMPS a indiqué que les premières propositions de contrat présentées par les conseils de santé locaux ont été rejetées parce qu'elles offraient une rémunération équivalente à celle d'un interne de première année, sans progression de carrière, malgré la nature exigeante du travail aux urgences. Un rapport de juin du Conseil des finances publiques a relevé que l'achat externalisé de services médicaux a conservé une part financière substantielle en 2025, reflétant les limites persistantes de la capacité de recrutement direct du système de santé public.
- Le ministère de la Santé tient une première réunion de négociation avec les représentants de l'AMPS.
- Le gouvernement adopte un décret-loi réglementant l'achat de services auprès de prestataires médicaux.
- Clôture de la fenêtre de recrutement transitoire de trois mois pour les Unités locales de santé.
- La ministre de la Santé Ana Paula Martins ouvre une séance de négociation de trois heures avec l'AMPS.
- Publication attendue de l'arrêté ministériel conjoint fixant les barèmes officiels des honoraires médicaux.


