La Pologne criminalise le patostreaming avec des peines d'emprisonnement allant jusqu'à cinq ans
Les nouvelles dispositions du Code pénal sont entrées en vigueur le 23 août 2026, établissant des peines allant jusqu'à cinq ans pour la diffusion de contenu en ligne dégradant ou violent à des fins lucratives.
Nouvelles sanctions pénales pour les abus en ligne
Le dimanche 23 août 2026, des amendements au Code pénal polonais criminalisant le patostreaming sont entrés en vigueur. La loi, adoptée avec le soutien de 95 % des députés à la Diète (Sejm), établit une responsabilité pénale directe pour la diffusion et la dissémination de contenus en ligne socialement nuisibles, illégaux, vulgaires ou obscènes. Les peines vont de jusqu'à trois ans d'emprisonnement pour les infractions standard à un maximum de cinq ans lorsque les diffusions impliquent des enfants ou des préjudices graves.
- Infraction standard de patostreaming
- 3 ans
- Contenu montrant un enfant
- 5 ans
Les dispositions étendent également la responsabilité pénale au-delà des créateurs principaux aux tiers qui republient des diffusions abusives ou les transforment en courtes vidéos et reels sur les plateformes sociales.
Champ d'application et définitions légales
Codifiée sous l'article 255b du Code pénal, la loi interdit la diffusion publique de matériel représentant des crimes contre les droits de la personne, des violences contre les animaux ou le traitement humiliant d'une autre personne à des fins financières ou personnelles. La loi supprime explicitement le consentement des participants comme moyen de défense. Les créateurs ne peuvent pas échapper aux poursuites en affirmant que les participants ont volontairement accepté de subir une dégradation ou des défis dangereux pour l'engagement des spectateurs et des pourboires monétaires. Alors que les comportements non conventionnels privés restent légaux, l'enregistrement et la diffusion d'actes dégradants en ligne constituent la base de l'infraction selon l'article 255b § 1 point 3.
La loi élimine également les défenses fondées sur la mise en scène ou la manipulation numérique. Selon l'article 255b § 2, les comportements simulés et les contenus numériques réalistes générés par ordinateur encourent les mêmes sanctions pénales si le matériel est de nature à créer une conviction objective chez un spectateur moyen qu'une violence ou un abus authentique a eu lieu. La norme évalue le réalisme objectif du matériel plutôt que de savoir si un spectateur individuel a été trompé.
Obligations des plateformes et normes européennes
Les spécialistes de Dyżurnet.pl, un point de contact pour signaler les contenus illégaux en ligne opérant au sein de l'institut de recherche NASK, ont noté que pénaliser les créateurs ne résout qu'une partie du problème. Arkadiusz Michałowski de Dyżurnet.pl a expliqué que les plateformes de médias sociaux suppriment rarement les contenus illicites de leur propre initiative, agissant principalement après avoir reçu des notifications externes.
Seule la pratique montrera si les nouvelles réglementations se traduisent par une réduction de la quantité de contenus nuisibles sur Internet. Cela prend certainement du temps. Ce qui pourrait fonctionner immédiatement serait une réaction décisive et rapide des plateformes Internet où ces contenus apparaissent.
Pour établir des obligations formelles pour les hébergeurs numériques, le ministère des Affaires numériques a préparé deux projets d'amendements à la loi sur la fourniture de services électroniques. Ces projets de loi visent à introduire des procédures pour émettre des ordonnances rapides de restriction d'accès contre les contenus illicites tout en protégeant les droits des utilisateurs. Un projet reste en examen à la Diète (Sejm), tandis que le Sénat a adopté des amendements au second projet avant la pause parlementaire.
- Le règlement européen sur les services numériques (Digital Services Act) entre en vigueur dans les États membres
- Le président Karol Nawrocki oppose son veto au premier amendement sur les services électroniques
- Les dispositions du Code pénal criminalisant le patostreaming entrent en vigueur en Pologne
Les projets de loi sur les services numériques en attente comblent le vide réglementaire créé par un veto présidentiel en janvier. Le président Karol Nawrocki a opposé son veto à une version antérieure de la loi sur les services électroniques, empêchant la transposition nationale du règlement européen sur les services numériques (Digital Services Act), qui est entré en vigueur dans les États membres il y a plus de deux ans. En raison du retard dans la mise en œuvre du cadre européen, la Pologne risque des sanctions financières de la part de la Cour de justice de l'Union européenne.


