
La Banque de France et la BCE rejettent la proposition de Mélenchon d'annuler 500 milliards d'euros de dette
Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, et la présidente de la BCE, Christine Lagarde, ont rejeté les propositions du candidat de gauche Jean-Luc Mélenchon d'annuler ou de restructurer environ 500 milliards d'euros de la dette publique française.
Opposition des banques centrales à l'annulation de la dette
Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, et la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, ont rejeté les propositions du candidat de gauche à l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon d'annuler environ 500 milliards d'euros de la dette publique française. S'exprimant sur RTL le 11 septembre 2026, Moulin a qualifié la proposition d'allégement de la dette d'illégale, dangereuse et inutile. Lagarde a déclaré le 10 septembre 2026 que l'annulation de la dette publique détenue par la banque centrale constitue une pure violation du traité sur l'Union européenne. Moulin a averti qu'une répudiation unilatérale de la dette pousserait effectivement la France hors de la zone monétaire commune.
C'est illégal parce que c'est contraire aux traités. La zone euro est une copropriété. Donc si nous ne payons pas les charges de copropriété, les autres copropriétaires nous diront : les amis, vous allez partir.
Pression du marché et rendements des obligations souveraines
Ce différend politique coïncide avec la hausse des coûts d'emprunt pour le gouvernement français sur les marchés obligataires souverains. Dans la soirée du 10 septembre 2026, le rendement des obligations d'État françaises à dix ans a atteint environ 4,44 %, son plus haut niveau depuis la crise financière de 2008. Le rendement de référence allemand à dix ans a atteint près de 3,50 %, le plus haut niveau enregistré depuis 2011. L'écart de rendement entre les obligations souveraines françaises et allemandes s'est creusé à environ 0,94 point de pourcentage, atteignant un niveau observé pour la dernière fois en 2012. Les investisseurs internationaux, y compris les banques étrangères et les fonds de pension, détiennent environ 56 % de la dette publique française. Moulin a déclaré qu'effacer la dette souveraine déclencherait l'inflation intérieure, augmenterait les coûts d'emprunt futurs et affaiblirait l'accès au marché pour les finances publiques françaises.
- France
- 4.44 %
- Allemagne
- 3.5 %
La proposition de La France Insoumise
Jean-Luc Mélenchon, candidat à l'élection présidentielle de 2027 représentant La France Insoumise, avait initialement suggéré de jeter au feu la dette détenue par la Banque centrale européenne. Les responsables du parti ont ensuite ajusté la portée technique de la proposition. La députée du Val-de-Marne Clémence Guetté a expliqué le mécanisme politique révisé lors d'un entretien sur Franceinfo le 11 septembre 2026. Le parti propose de convertir la dette détenue par la BCE en dette perpétuelle à taux zéro afin que le Trésor français cesse les paiements d'intérêts sans enregistrer une annulation nominale formelle.
Un cinquième de la dette est détenu par la Banque centrale européenne. Nous pourrions le transformer en dette perpétuelle à taux zéro, ce qui réduirait immédiatement le fardeau de la dette de la France. Nous pouvons avoir des alliés en Europe pour cette solution.
Impacts bilantiels et débats juridiques européens
Moulin a rejeté le concept de dette perpétuelle, déclarant que le transfert ou l'effacement de la dette ne génère aucune marge budgétaire nette pour les dépenses publiques. Soulager l'État français de 500 milliards d'euros de passif crée un déficit identique de 500 milliards d'euros dans le bilan de la Banque de France sans réduire le déficit budgétaire sous-jacent. Les juristes européens notent que l'article 123 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne interdit le financement monétaire des États membres. Les partisans de la restructuration de la dette soutiennent que le mot « annulation » n'apparaît pas strictement dans le texte du traité, suggérant une ambiguïté juridique étroite qui nécessiterait une décision de la Cour de justice de l'Union européenne. Moulin a souligné que l'initiative n'a reçu aucun soutien diplomatique des autres gouvernements européens.
- La présidente de la BCE, Christine Lagarde, qualifie l'annulation de la dette souveraine de violation des traités.
- Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, rejette la proposition sur RTL comme illégale et dangereuse.
- La députée LFI Clémence Guetté préconise de convertir la dette détenue par la BCE en obligations perpétuelles à taux zéro.


