
Le plan néerlandais sur l'azote n'atteint pas les objectifs de 2035 et risque une réduction de 10% du cheptel, selon une agence
Une évaluation de l'agence environnementale PBL conclut que le paquet de 20 milliards d'euros du gouvernement néerlandais n'atteint qu'une réduction de 40% des émissions d'ici 2035, nécessitant une réduction obligatoire supplémentaire de 5% à 10% du cheptel pour atteindre les objectifs de conservation.
Évaluation des politiques et écart d'émissions
L'Agence néerlandaise d'évaluation environnementale (PBL) a conclu que le paquet azote du gouvernement ne peut pas résoudre complètement l'impasse des permis dans le pays. L'évaluation examine le paquet de mesures envoyé à la Chambre des représentants le 26 juin 2026 par la ministre de l'Agriculture Jaimi van Essen. Le gouvernement a fixé un objectif de réduction des émissions d'ammoniac agricole de 42% à 46% d'ici 2035 par rapport aux niveaux de 2019, ainsi qu'une réduction de 50% pour l'industrie et les transports. Les calculs du PBL indiquent que les mesures actuellement rédigées permettront une réduction de 40% des émissions agricoles, en supposant une exécution complète sans retards ni revers juridiques. Combler l'écart restant nécessitera des interventions supplémentaires, notamment des réductions obligatoires du nombre de têtes de bétail.
- Réduction agricole projetée
- 40 %
- Objectif agricole minimum
- 42 %
- Objectif agricole maximum
- 46 %
- Objectif pour l'industrie et les transports
- 50 %
Réduction du cheptel et obligations pour les exploitations
Pour atteindre les objectifs légaux, l'évaluation prévoit une réduction obligatoire du cheptel national de 5% à 10%. La politique gouvernementale introduit des plafonds d'émission individuels pour chaque exploitation et établit des limites sur le nombre de vaches autorisées par hectare de terres agricoles. Ces exigences éliminent les mesures de durabilité à moindre coût en tant qu'options viables à long terme pour les élevages intensifs. Les chercheurs du PBL ont noté que les agriculteurs qui investissent dans des technologies de réduction des émissions ou qui passent à des modèles d'agriculture extensive font toujours face à des risques financiers, car des réductions génériques du cheptel pourraient suivre si les objectifs nationaux ne sont pas atteints. L'agence a souligné que la réglementation sur l'épandage de fumier dans les champs pourrait être un mécanisme permettant d'éviter des réductions obligatoires du cheptel si elle était définie plus concrètement.
Zones tampons et restauration de la nature
Le gouvernement a alloué 20 milliards d'euros jusqu'en 2035 pour financer la modernisation des exploitations, les rachats d'entreprises et la restauration écologique. Environ la moitié de ce budget est destinée à l'extensification de l'agriculture dans des zones tampons s'étendant de 500 à 1 000 mètres autour des zones Natura 2000 sensibles à l'azote. Dans ces zones de transition, les émissions pourraient devoir diminuer jusqu'à 60%, limitant l'activité locale à une agriculture respectueuse de la nature. Malgré ces réductions, les dépôts d'azote continueront de dépasser les limites critiques dans plus de la moitié des habitats sensibles d'ici 2035. Dans seulement 14 des 120 zones naturelles vulnérables désignées, les dépôts d'azote tomberont en dessous de la valeur critique de dépôt.
Le directeur du PBL, Marko Hekkert, a évoqué les limites du paquet de mesures tout en reconnaissant son ampleur.
Le gouvernement avait pour objectif de débloquer les Pays-Bas et a proposé un paquet de mesures très ambitieux et complet. Avec cela, il fait de grands pas vers la solution. Le pays ne sort pas du blocage d'un seul coup avec cela, mais nous ne pouvons pas non plus imaginer un paquet qui le pourrait.
Défis de mise en œuvre et autorisations légales
L'agence a mis en garde contre les obstacles pratiques à l'exécution du programme, notant que les autorités ne possèdent aucune expérience préalable dans l'application de plafonds d'émission individuels au niveau des exploitations. L'analyse a également critiqué le gouvernement pour avoir omis une vision globale à long terme pour le développement rural, omission découlant d'une précipitation à relancer les permis bloqués pour le logement, l'industrie et l'agriculture. Bien que l'azote reste un facteur environnemental pendant des décennies, le PBL a indiqué que les approbations de permis pourraient s'assouplir progressivement au cas par cas à mesure que les mesures de conservation régionales améliorent les conditions écologiques.
- La ministre de l'Agriculture Jaimi van Essen soumet le paquet national sur l'azote au parlement
- Le PBL rapporte que les mesures prévues sont insuffisantes et nécessiteront des réductions génériques du cheptel
- Date limite légale pour une réduction de 42% à 46% des émissions d'ammoniac agricole


