
Fin de la canicule historique de 11 jours en France, plus de 1 000 décès en excès et services d'urgence sous tension
Après 11 jours de chaleur record, la canicule française reflue enfin, mais les autorités sanitaires préviennent que les pires effets pourraient encore se manifester, avec plus de 1 000 décès en excès déjà recensés.
Fin de la canicule historique
Après 11 jours de températures suffocantes, la canicule record en France touche à sa fin. Lundi 29 juin, aucun département ne sera plus en vigilance rouge canicule, contre un pic de 72 jeudi. Météo France maintiendra 22 départements en vigilance orange pour la chaleur, principalement dans le bassin parisien, l'est et le sud-est. Les températures atteindront encore 34–37 °C le long de la Méditerranée et en Corse, avec un pic à 40 °C dans le Var. Le reflux de la canicule s'accompagne toutefois de violents orages. 19 départements supplémentaires sont en vigilance orange pour orages, de l'Allier et du Cantal jusqu'aux Vosges et au Territoire de Belfort.
Le bilan humain s'alourdit
Le coût sanitaire est déjà lourd. L'Organisation mondiale de la santé a annoncé dimanche que la canicule est à l'origine de plus de 1 300 décès en Europe. En France, Santé publique France a recensé « environ 1 000 décès supplémentaires » depuis mercredi par rapport aux mois précédents, avec une hausse de 40 % des décès à domicile. Le bilan devrait encore s'aggraver.
Effectivement, il y a une surmortalité liée à la canicule, c'est évident.
Le ministre de l'Intérieur a reconnu le lien, tandis que les services du Premier ministre Sébastien Lecornu ont prévenu que les effets sanitaires « restent devant nous ».
- Début de la canicule, les températures montent en flèche dans toute la France.
- Pic de la canicule ; 72 départements placés en vigilance rouge.
- Une tornade frappe le département de l'Eure lors d'une intense activité orageuse.
- La canicule reflue ; la vigilance rouge limitée à l'Alsace, levée à 22h00.
- Aucun département en rouge ; 22 en orange pour la chaleur, 19 en orange pour les orages.
Les services de santé sous pression persistante
Les services d'urgence restent exceptionnellement sollicités dans tout le pays. Le groupe hospitalier public parisien (AP-HP) a signalé un niveau d'activité aux urgences « exceptionnellement élevé » depuis la fin de la semaine, bien que les dernières 24 heures aient enregistré une baisse de 10 % des passages aux urgences et une diminution de 9 % des appels au SAMU. Malgré cette légère accalmie, les volumes restent bien supérieurs à la normale. Depuis le 18 juin, les interventions de secours ont augmenté de 20 % sur un an, selon Nuñez. Les professionnels de santé décrivent un « effet retard » sur des organismes déjà épuisés, les symptômes apparaissant plusieurs jours après la baisse des températures. Plusieurs hôpitaux maintiennent leur plan blanc.
Orages, coupures d'électricité et risques d'incendie
La masse d'air plus fraîche a déclenché des orages violents. En début d'après-midi dimanche, 36 000 foyers étaient privés d'électricité, principalement dans les départements du Nord et de l'Aisne, où la foudre a provoqué de multiples incendies. En Normandie, une tornade a frappé le département de l'Eure samedi soir, couronnant une semaine de records de température battus. La dernière journée du festival de musique Garorock à Marmande (Lot-et-Garonne) a été annulée par précaution. Parallèlement, la préfecture de Loire-Atlantique, tout en levant la vigilance rouge, a exhorté les habitants à ne pas relâcher leur vigilance compte tenu du risque persistant d'incendie lié à la sécheresse des sols.
Agriculture et élevage touchés
La chaleur extrême a également provoqué une mortalité massive dans les élevages, la volaille, les porcs et les bovins étant parmi les plus touchés, selon des rapports. Les restrictions d'eau restent en vigueur dans plusieurs bassins versants.


