
L'INE confirme une croissance du PIB espagnol de 0,6 % au T1, en ralentissement par rapport à 0,8 % sous l'effet de la guerre en Iran
L'économie espagnole a progressé de 0,6 % au premier trimestre 2026, soit deux dixièmes de moins que le trimestre précédent, la demande intérieure et la consommation des ménages compensant le choc initial du conflit iranien.
Croissance tirée par la demande intérieure
Le PIB espagnol a augmenté de 0,6 % en glissement trimestriel au cours des trois premiers mois de 2026, a confirmé jeudi l'Instituto Nacional de Estadística (INE). Ce chiffre marque un ralentissement par rapport aux 0,8 % enregistrés au dernier trimestre 2025. La demande intérieure a contribué à hauteur de 0,5 point de pourcentage à l'expansion trimestrielle, tandis que le secteur extérieur n'a ajouté que 0,1 point. La consommation des ménages a augmenté de 0,6 %, en ralentissement de trois dixièmes par rapport à la période précédente, et les dépenses publiques se sont accélérées à 0,5 %. L'investissement (formation brute de capital fixe) a fortement ralenti à 0,4 %, son plus faible niveau depuis le troisième trimestre 2024.
- Demande intérieure
- 0.5 pp
- Demande extérieure
- 0.1 pp
Impact de la guerre et réponse du gouvernement
Le conflit en Iran, qui a débuté le 28 février, n'a affecté l'économie que partiellement au cours du trimestre, principalement par la hausse des prix de l'énergie et l'inflation à partir de mars. Le gouvernement a approuvé un ensemble de mesures anticrise le 20 mars pour amortir le choc pour les ménages et les entreprises.
La consommation des ménages se consolide comme l'un des principaux moteurs de l'économie, avec une progression trimestrielle de 0,6 %, soutenue principalement par la vigueur du marché du travail, dans un début d'année marqué par l'impact de la guerre en Iran sur l'inflation depuis février. Les mesures approuvées par le gouvernement le 20 mars amortissent les dégâts de ce nouveau choc énergétique sur les ménages et les entreprises.
- Début de la guerre en Iran, déclenchant une incertitude sur les prix de l'énergie
- Le gouvernement approuve des mesures anticrise pour protéger les ménages et les entreprises
- L'INE publie une estimation préliminaire du PIB de 0,6 % pour le T1
- L'INE confirme la croissance finale du PIB au T1 à 0,6 %
- Le Conseil des ministres doit mettre à jour les prévisions macroéconomiques et renouveler le programme d'aide
Mises en garde des analystes sur les anticipations d'achats
Raymond Torres, directeur de l'analyse conjoncturelle chez Funcas, a souligné un phénomène d'anticipation des commandes par les entreprises en mars, celles-ci se précipitant pour sécuriser leurs approvisionnements après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. Ce comportement s'est reflété dans des indicateurs de confiance tels que le PMI, qui s'est contracté en avril pour la première fois en deux ans et demi. Torres a prévenu que l'accumulation de stocks et de commandes anticipées pourrait entraîner un ajustement à la baisse au deuxième trimestre une fois que l'effet de précaution s'estompera.
Il y a eu un phénomène d'anticipation des commandes par les entreprises au cours du mois de mars.
Marché du travail et productivité
L'emploi a continué de faire preuve d'une résilience exceptionnelle, agissant comme un bouclier contre l'instabilité géopolitique. Le ministère de l'Économie a souligné une hausse trimestrielle de 1 % de la productivité par heure travaillée, la meilleure depuis le début de l'année 2025, et une augmentation de 0,6 % sur un an, consolidant un cycle inhabituel de gains de productivité parallèlement à une création d'emplois record.
Perspectives et décisions à venir
La croissance annuelle du PIB s'est accélérée à 2,7 %, soit un dixième de plus qu'au quatrième trimestre 2025, faisant de l'Espagne l'économie majeure de la zone euro connaissant la croissance la plus rapide. La Banque d'Espagne a projeté la semaine dernière une croissance de 0,5 à 0,6 % pour le deuxième trimestre et de 2,3 % pour l'ensemble de l'année. Le gouvernement utilisera ces données lors du Conseil des ministres de lundi pour mettre à jour son cadre macroéconomique, première étape de l'élaboration du budget, et pour renouveler le programme d'aide lié à la guerre qui expire le 30 juin. L'inflation sous-jacente s'élevait à 3 % en mai, et les analystes préviennent que la hausse des prix du carburant et la volatilité internationale pourraient à terme peser sur la consommation et les exportations.


