
Deux pétroliers touchés par des projectiles près du détroit d'Ormuz, le G7 s'apprête à libérer des réserves de pétrole
Des projectiles non identifiés ont touché deux pétroliers près du détroit d'Ormuz le 2 octobre 2026, tandis que les pays du G7 ont convenu de libérer jusqu'à 100 millions de barils de brut et de diesel pour atténuer les tensions sur le marché.
Tirs de projectiles près du détroit d'Ormuz
Deux pétroliers commerciaux ont été endommagés par des projectiles non identifiés dans la région du détroit d'Ormuz le 2 octobre 2026, selon l'United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO). La première attaque a touché un pétrolier quittant le détroit, provoquant un incendie et une panne électrique à bord. L'équipage a éteint les flammes et le navire a repris sa route sans victime ni pollution signalée. L'UKMTO n'a pas précisé la nationalité, le pavillon ni la destination du navire. Un second incident s'est produit à 4 milles marins (7,4 kilomètres) à l'est d'Oman, où un autre projectile a touché un pétrolier sur bâbord, sans faire là non plus de victime ni de dégât écologique signalé. Le directeur général de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a relevé la poursuite de l'activité commerciale dans le corridor.
Il y a de plus en plus d'acteurs prêts à tenter de sortir du détroit d'Ormuz et à y parvenir.
Escalade et adaptations maritimes
Le détroit d'Ormuz assurait un cinquième des approvisionnements mondiaux en hydrocarbures avant le début du conflit, marqué par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran fin février 2026. Après les premiers bombardements, Téhéran a revendiqué son autorité sur le détroit et perturbé la navigation commerciale, tandis que Washington ripostait en imposant un blocus naval contre les ports iraniens. Bien que les forces américaines n'aient pas frappé le territoire iranien depuis le 1er septembre 2026, des attaques sporadiques contre des navires commerciaux se sont poursuivies. Pour contourner les dangers maritimes, les producteurs de la région se sont tournés vers des infrastructures alternatives, notamment le pipeline Est-Ouest de l'Arabie saoudite vers la mer Rouge et des camions-citernes irakiens empruntant des routes terrestres. Les navires commerciaux ont aussi fréquemment éteint leurs transpondeurs pour éviter d'être détectés, tandis que l'armée américaine a fourni des escortes armées aux navires marchands naviguant dans le détroit.
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Rebond des volumes d'exportation
L'activité de transport dans le corridor a connu une nette reprise à l'approche de l'automne 2026. Les chiffres publiés le 1er octobre par le service de suivi maritime Kpler montrent que les exportations de brut du Moyen-Orient ont atteint au moins 16,5 millions de barils par jour en septembre. Ce volume marque un rebond par rapport à mars 2026, lorsque les expéditions quotidiennes via le détroit étaient tombées à 6 millions de barils par jour après le déclenchement des hostilités. Agata Loskot-Strachota, du Centre d'études orientales, observe que les routes d'approvisionnement régionales retrouvent leur fonctionnement.
Nous sommes à environ 80 % des niveaux d'exportation d'avant-guerre passant par le détroit d'Ormuz, et c'est une bonne nouvelle.
- 2026-03
- 6 M b/j
- 2026-09
- 16.5 M b/j
Réserves du G7 et prix du marché
Malgré la hausse des volumes d'exportation, les prix du brut restent élevés, autour de 100 dollars le baril. Le 2 octobre 2026, les dirigeants du Groupe des sept (G7) ont convenu de libérer jusqu'à 100 millions de barils de pétrole brut et de diesel de leurs stocks stratégiques au cours des quatre prochains mois pour alléger la pression sur l'offre. Après l'annonce, le Brent pour livraison en décembre a reculé de 0,06 % à 102,25 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate pour livraison en novembre a chuté de 1,90 % à 91,11 dollars le baril. L'analyste de marché Alexandre Baradez, d'IG France, rappelle que le brut était passé de 95 à 65 dollars le baril en juin 2026, durant un mémorandum d'entente en vue de négociations de paix. Dans le reste de l'actualité du conflit régional, les affrontements dans la province yéménite de Taïz ont fait plus de 80 morts en 24 heures.
- WTI (livraison nov.)
- 91.11 $/bbl
- Brent (livraison déc.)
- 102.25 $/bbl


