
Un tribunal de Francfort condamne un homme à la perpétuité pour avoir jeté sa femme du 22e étage d'un hôtel afin d'éviter les frais de divorce
Un homme germano-britannique de 60 ans a été reconnu coupable de meurtre le 31 juillet 2026 pour avoir poussé sa femme du 22e étage d'un hôtel de Francfort en mai 2023, en maquillant les faits en accident pour toucher une assurance et entamer une nouvelle vie avec sa maîtresse.
Le verdict
La cour régionale de Francfort a condamné un homme germano-britannique de 60 ans à la réclusion criminelle à perpétuité le vendredi 31 juillet 2026 pour le meurtre de sa femme de 40 ans. Le président de la chambre criminelle l'a reconnu coupable de meurtre pour motifs abjects, déclarant qu'il s'était débarrassé d'elle « comme d'un sac poubelle » pour commencer une nouvelle vie avec son amante. La cour a estimé que son comportement se situait « au plus bas niveau éthique ».
Votre comportement se situe au plus bas niveau éthique.
L'homme n'a presque pas réagi au verdict (un léger hochement de tête à peine perceptible) et est resté silencieux pendant la quasi-totalité du procès, qui a duré près de quatre mois. Son avocat a annoncé un pourvoi en cassation, le verdict n'étant donc pas encore définitif. Le parquet et la partie civile avaient requis la condamnation pour meurtre, tandis que la défense avait plaidé l'acquittement.
Le crime
Le meurtre a eu lieu le jour de la fête des Pères en mai 2023 au Leonardo Hotel, dans le quartier de Sachsenhausen à Francfort. Le couple était marié depuis onze ans et vivait avec leurs deux enfants à Rodgau (arrondissement d'Offenbach). Le soir du meurtre, ils sont entrés dans une chambre réservée la veille au 22e étage. Treize minutes plus tard, le mari a jeté sa femme par-dessus la rambarde du balcon, la précipitant d'une hauteur de plus de 60 mètres (le tribunal a retenu 61 mètres).
C'eût été le crime parfait si les autorités n'avaient pas enquêté avec autant de minutie.
Immédiatement après, le mari a affirmé que sa femme était tombée de la rambarde du balcon pendant un rapport sexuel. Cependant, les preuves médico-légales contredisaient cette version : d'autres clients de l'hôtel ont rapporté avoir entendu un cri strident et des appels « Non, non », et la victime a été retrouvée à peine vêtue, avec des blessures aux plis des bras survenues avant la chute mortelle.
La préméditation
Le tribunal a détaillé une préméditation approfondie. Dans les mois précédant le meurtre, l'homme avait effectué des recherches en ligne sur des herbes toxiques, des armes légalement accessibles et les effets de substances sédatives. Il avait commandé 10 millilitres d'un agent sédatif sur la boutique en ligne Etsy. Le 17 mai 2023, un jour avant le crime, il avait recherché de hautes montagnes aux falaises abruptes en Hesse et en Bavière, et cherché des hôtels avec de hauts balcons. Le tribunal a conclu qu'il avait finalement décidé de jeter sa femme d'une grande hauteur et de faire passer sa mort pour un accident.
- L'homme entame une liaison avec une femme de plus de 20 ans sa cadette ; effectue des recherches en ligne sur des herbes toxiques, des armes et des sédatifs.
- La veille du crime, recherche des hôtels avec de hauts balcons et réserve une chambre au Leonardo Hotel, 22e étage.
- Fête des Pères. Le couple passe la journée à Francfort ; le soir, 13 minutes après être entré dans la chambre, l'homme jette sa femme du balcon, la tuant sur le coup.
- L'homme est arrêté après près de deux ans d'enquête discrète, durant lesquels il avait emménagé avec sa petite amie et ses enfants.
- Le procès débute devant le tribunal régional de Francfort ; dure 20 jours d'audience sur près de quatre mois.
- Le tribunal rend un verdict de réclusion criminelle à perpétuité pour meurtre pour motifs abjects ; la défense annonce un pourvoi en cassation.
Le mobile
Le tribunal a identifié plusieurs motifs financiers et personnels. L'homme voulait éviter un divorce financièrement lourd et cherchait plutôt à bénéficier de la succession de sa femme et d'une assurance-vie de 400 000 euros, ainsi que d'une assurance accident de 10 000 euros (aucune n'a été versée en raison de l'enquête pénale). Parallèlement, il avait entamé une liaison avec une femme de plus de 20 ans sa cadette plusieurs mois avant le meurtre. Sa maîtresse exigeait qu'il se sépare de sa femme. Aux deux femmes, il présentait des réalités fictives : à sa femme, il disait avoir mis fin à la liaison et vouloir sauver le mariage, tandis qu'il laissait croire à sa maîtresse qu'il s'était déjà séparé.
L'enquête
Pendant près de deux ans après le meurtre, les enquêteurs ont mené des investigations discrètes. L'homme, quant à lui, avait emménagé avec sa petite amie et ses enfants issus du mariage à Rodgau, construisant une nouvelle vie. Au printemps 2025 (environ deux ans après le meurtre), il a été arrêté. Le procès a débuté le 1er avril 2026 et a duré 20 jours d'audience. Pour vérifier la version des faits du mari, le tribunal a même reconstitué des scènes sexuelles possibles sur le balcon exact de l'hôtel, au 22e étage. Le président de la chambre a comparé le processus probatoire à un puzzle, notant que si la chambre ne pouvait reconstituer avec certitude ce qui s'était passé dans les 13 dernières minutes à l'intérieur de la chambre d'hôtel, il ne subsistait aucun doute sur le fait que l'accusé avait poussé sa femme par-dessus la rambarde.

