
Un tribunal catalan suspend la peine de prison de Laura Borràs à condition d'une formation anticorruption
Le Tribunal supérieur de justice de Catalogne a suspendu le reliquat de deux ans de prison de l'ancienne présidente du Parlement catalan Laura Borràs, lui imposant de suivre 25 heures de formation sur l'administration publique et de ne commettre aucune infraction pendant cinq ans.
Les conditions fixées par le tribunal supérieur régional
Le Tribunal supérieur de justice de Catalogne (TSJC) a notifié mardi à l'ancienne présidente du Parlement catalan Laura Borràs l'exécution de sa peine, suspendant le reliquat de deux ans de prison. La décision a été prise par la présidente du tribunal, Mercè Caso, avec les magistrats Fernando Lacaba et Jesús María Barrientos. Pour éviter la prison, Borràs doit suivre au moins 25 heures de formation certifiée sur l'éthique de l'administration publique et ne commettre aucune infraction pénale pendant cinq ans.
Le tribunal exige que cette formation porte sur les finalités juridiques et les normes éthiques qui encadrent les administrations publiques. Borràs doit présenter un plan de formation structuré au tribunal dans un délai de trois mois, pour approbation formelle et suivi ultérieur. La formation doit être dispensée par un organisme public accrédité, comme l'Escola d'Administració Pública de Catalunya ou une université.
Fractionnement de contrats à l'institut des lettres
La procédure pénale contre Borràs découle d'irrégularités dans les marchés publics commises lorsqu'elle dirigeait l'Institució de les Lletres Catalanes, avant son parcours au Parlement régional. En 2023, le TSJC l'a condamnée pour prévarication et falsification de documents officiels, pour avoir fractionné des marchés publics en montants plus faibles afin de contourner les règles d'appel d'offres. Le tribunal a établi qu'elle avait attribué directement 18 contrats distincts, pour un total de 335 700 euros, à une connaissance.
Dans le jugement initial de 2023, le tribunal a condamné Borràs à quatre ans, six mois et un jour de prison, ainsi qu'à 13 ans d'inéligibilité à toute fonction publique. À l'époque, les magistrats ont conclu que la peine légale obligatoire était disproportionnée au regard des faits de l'affaire. Le tribunal a donc inscrit dans le jugement une demande explicite au gouvernement central de lui accorder une grâce partielle.
Nous estimons que la réponse pénale qui nous contraint à prononcer une peine d'emprisonnement dont la durée ne peut en aucun cas être inférieure à quatre ans, six mois et un jour est disproportionnée et excessive au regard de la réalité des comportements déjà qualifiés d'infractions pénales.
- Le TSJC condamne Borràs à quatre ans et demi de prison et demande une grâce partielle au gouvernement.
- Le gouvernement espagnol approuve la grâce partielle par le décret royal 670/2026.
- Le TSJC ramène la peine de prison de quatre ans et demi à deux ans.
- Le TSJC suspend le reliquat de deux ans de prison, sous condition de formation et de mise à l'épreuve.
Grâce partielle et réduction de peine
Le Conseil des ministres espagnol a accordé la grâce partielle par le décret royal 670/2026, le 28 juillet 2026, conformément aux termes proposés par la formation judiciaire. En septembre 2026, le TSJC a appliqué formellement la grâce, ramenant sa peine de prison de quatre ans et demi à deux ans. L'interdiction de 13 ans d'exercer une fonction publique élective ou administrative est restée inchangée tout au long de la commutation.
La peine restant à purger étant ramenée à deux ans, Borràs pouvait bénéficier d'un sursis conditionnel en vertu des dispositions légales espagnoles. Les magistrats ont estimé que les infractions de corruption nourrissent chez les citoyens un sentiment d'impunité déplorable qui exige une responsabilité stricte. Pour compenser l'absence de prison, le tribunal a choisi de durcir les conditions du sursis en imposant des obligations de formation.
- Peine initiale de 2023
- 4.5 années
- Peine commuée en 2026
- 2 années
Notification et calendrier de conformité
Après la publication de l'ordonnance, la chambre civile et pénale du TSJC a convoqué Borràs à comparaître devant le secrétariat du tribunal. Cette comparution sert à lui délivrer les avertissements et instructions légaux prévus à l'article 988 bis.4 de la loi de procédure pénale. Le tribunal y communiquera formellement les obligations à respecter et la période de suivi de cinq ans.
Borràs dispose de trois mois à compter de la notification pour soumettre un programme de formation formel à l'examen du tribunal. La formation doit être dispensée par un organisme officiel tel que l'Escola d'Administració Pública de Catalunya ou une université accréditée. Si elle ne termine pas la formation, reçoit une évaluation défavorable ou commet une nouvelle infraction dans les cinq ans, le tribunal pourra révoquer le sursis.


