
Le Conseil de Paris double la taxe sur les logements vacants, visant à libérer 20 000 logements pour le marché locatif
La mesure, adoptée samedi, portera les taux à 30 % après un an et à 60 % après deux ans, remplaçant une taxe en vigueur depuis 1999.
Le vote
Samedi 18 juillet 2026, le Conseil de Paris a adopté une mesure doublant la taxe sur les logements vacants, applicable à compter du 1er janvier 2027. La décision, permise par la loi de finances 2026, vise à « débloquer le marché locatif » dans la capitale. Le conseil est dirigé par le maire socialiste Emmanuel Grégoire, l'adjoint au logement Jacques Baudrier étant à l'initiative du projet. Cette nouvelle taxe locale remplace une taxe en vigueur depuis 1999.
Comment la taxe va augmenter
Les taux actuels sont de 17 % de la valeur locative cadastrale du bien après un an de vacance, et de 34 % après deux ans. À partir de 2027, ils passeront respectivement à 30 % et 60 %. La ville a fourni un exemple : un appartement vacant de 30 m² dans le 17e arrondissement paie actuellement 790 € ; avec les nouveaux taux, la facture passera à 1 400 € la première année et à 2 800 € à partir de 2028.
- Année 1 (ancien)
- 17 %
- Année 1 (nouveau)
- 30 %
- Année 2 (ancien)
- 34 %
- Année 2 (nouveau)
- 60 %
La taxe s'applique dans les communes où l'offre de logements ne répond pas à la demande. La loi de finances fixe des taux par défaut de 17 % et 34 %, mais permet aux municipalités de les relever aux niveaux supérieurs que Paris a désormais adoptés.
Objectif : 20 000 logements
Paris compte 150 000 logements vacants, soit environ 9 % de son parc immobilier total, selon la ville. Parmi eux, environ 80 000 sont en « vacance structurelle » et sont soumis à la taxe. Baudrier espère que la hausse de la taxe incitera les propriétaires à remettre environ 20 000 biens sur le marché locatif ou de la vente.
C'est une victoire historique après dix ans de combat.
Il a également déclaré que la mesure devrait « décourager certains propriétaires de faire de l'optimisation fiscale en déclarant leur résidence secondaire comme vacante ». L'adjoint au maire a soutenu que la politique permettrait « d'arrêter le déclin du nombre de résidences principales à Paris et donc d'inverser le déclin démographique ».
Critiques de l'opposition
Des membres de l'opposition de droite ont contesté les chiffres de la ville sur la vacance et ont qualifié la hausse de la taxe d'inefficace. Grégory Canal, coprésident du groupe Paris Libertés aux côtés de Rachida Dati, l'a qualifiée de « matraquage fiscal ».
Vous fixez la taxe au plafond alors que le taux de référence de la loi est de 17 %. Ce n'est pas une incitation, c'est une véritable augmentation de la pression fiscale.
Son groupe a critiqué à plusieurs reprises la hausse de 52 % de la taxe foncière sous le mandat d'Anne Hidalgo.
Un déséquilibre persistant du logement
La ville a souligné un « déséquilibre persistant entre l'offre et la demande ». L'INSEE estime le nombre de logements vacants à 140 000, soit environ 10 % du parc total de la capitale. Parallèlement à la surtaxe, la ville propose des dispositifs d'aide aux propriétaires de logements vacants pour les aider à les remettre en service. Le vote marque l'aboutissement d'une décennie d'efforts des défenseurs du logement pour utiliser les outils fiscaux afin de résoudre la pénurie de logements dans la capitale.


