
Nouvelle caméra embarquée de l'UE : feu vert des autorités de protection des données, mais la preuve de sécurité manque encore
Les nouvelles règles de l'UE exigent que chaque voiture nouvellement immatriculée soit équipée d'une caméra infrarouge pour surveiller l'attention du conducteur. Les autorités allemandes de protection des données ont confirmé que le système ne viole pas les lois sur la vie privée.
Depuis le 1er juillet 2026, chaque nouvelle voiture de tourisme immatriculée dans l'Union européenne doit être équipée d'un système avancé d'avertissement de distraction du conducteur (ADDW). La technologie basée sur une caméra utilise des capteurs infrarouges pour scanner le visage, la posture de la tête et la direction du regard du conducteur. Si les yeux du conducteur s'éloignent trop longtemps de la route, le système déclenche une alarme sonore et visuelle. La Commission européenne cite des estimations de chercheurs en accidents selon lesquelles 10 à 30 % de tous les accidents de la route en Europe sont causés par la distraction, l'utilisation illégale du smartphone au volant étant le facteur principal.
Comment fonctionne la surveillance
L'ADDW est défini comme un système en boucle fermée. Les données d'image sont traitées en temps réel entièrement à l'intérieur du véhicule. Dès qu'un avertissement est émis ou rejeté, les données brutes doivent être supprimées immédiatement et irrévocablement. La transmission vers le cloud, le constructeur automobile, les assureurs ou les autorités est illégale. La reconnaissance faciale biométrique pour les avertissements de distraction a été explicitement interdite ; le système n'identifie pas qui est au volant. Certains constructeurs utilisent également une technologie radar plus sophistiquée pour détecter les enfants laissés dans la voiture, mais la détection de présence d'enfants (CPD) n'est pas exigée par la loi.
Évaluation de la protection des données
Le Commissaire fédéral allemand à la protection des données et à la liberté d'information a repoussé les craintes que la surveillance intérieure viole les droits à la vie privée. Un porte-parole a déclaré à l'Agence de presse allemande (dpa) que l'autorité est satisfaite que les données ne puissent pas être transmises à des tiers et doivent être effacées immédiatement après traitement.
Dans cette mesure, la réglementation légale satisfait aux exigences de protection des données.
Le porte-parole a ajouté que la conformité peut être vérifiée par les délégués à la protection des données des Länder. En cas d'infraction grave, les autorités peuvent prendre des mesures coercitives pour faire respecter la loi sur la protection des données. L'Office fédéral des transports automobiles (KBA), en tant qu'organisme de surveillance du marché, a également le pouvoir d'effectuer des contrôles ponctuels pour vérifier si les types de véhicules respectent les réglementations techniques et, si nécessaire, d'ordonner des rappels.
L'effet sur la sécurité reste à démontrer
Le psychologue de la circulation Michael Praxenthaler du Centre technique Allianz (AZT) considère en principe les détecteurs automatiques d'attention comme une mesure de sécurité supplémentaire judicieuse. Cependant, il met en garde contre le fait que le bénéfice réel n'est pas encore prouvé.
Les études scientifiques de terrain menées à ce jour montrent qu'elles peuvent influencer positivement le comportement du regard. La preuve concrète d'une réduction du risque d'accident dans la circulation réelle reste toutefois à fournir.
Praxenthaler a souligné que les systèmes ne remplacent pas la nécessité d'une conception d'habitacle sans distraction.
Expérience du conducteur et désactivation
Les conducteurs peuvent désactiver la surveillance intérieure via les paramètres du véhicule, mais le système se réactive automatiquement à chaque démarrage du moteur, à l'instar de l'assistance intelligente à la vitesse (ISA) qui avertit en cas d'excès de vitesse. La désactivation permanente n'est pas légalement possible. Les testeurs décrivent le calibrage de nombreux systèmes comme extrêmement sensible. Un bref coup d'œil de côté vers le paysage, la recherche d'une chanson sur l'écran tactile ou un regard en arrière vers les enfants à l'arrière déclenchent souvent des bips incessants. Les critiques qualifient le système de fatigant et frustrant car il pénalise le comportement humain normal. La critique s'étend également à la conception moderne des véhicules : alors que les législateurs exigent que les conducteurs gardent les yeux sur la route, les constructeurs installent des écrans tactiles toujours plus grands qui détournent l'attention de la conduite.

