Le Sénat philippin ouvre le procès en destitution de la vice-présidente Sara Duterte pour corruption et complot d'assassinat
Le Sénat philippin a ouvert lundi le procès en destitution de la vice-présidente Sara Duterte, l'accusant de corruption, de détournement de fonds publics et d'un complot visant à assassiner le président Ferdinand Marcos Jr.
Charges et procédure
Le Sénat a ouvert le procès lundi. Duterte fait face à des accusations de détournement de fonds publics, de corruption, de pots-de-vin et d'un présumé complot d'assassinat contre le président Ferdinand Marcos Jr., son épouse et l'ancien président de la Chambre des représentants. La Chambre des représentants a voté le 11 mai pour lancer la procédure de destitution. La condamnation nécessite une majorité des deux tiers des 24 membres du Sénat. Le procès devrait durer environ trois mois.
La charge de la preuve incombe à l'accusation. Le fait que l'accusée soit représentée par ses avocats plutôt que de témoigner en personne ne diminue en rien sa responsabilité ni ne signifie un manque de transparence.
- Sara Duterte menace présumément de faire tuer le président Marcos si elle est assassinée.
- La Chambre des représentants vote pour lancer la destitution.
- Le Sénat ouvre le procès en destitution.
- Conclusion prévue du procès après environ trois mois.
Rivalité politique et affrontement dynastique
La destitution met en lumière la profonde scission entre les dynasties politiques Marcos et Duterte, qui s'étaient alliées pour remporter les élections de 2022. Désormais, leurs camps sont engagés dans une lutte de pouvoir. La défense de Duterte qualifie les accusations de motivations politiques.
L'objectif clair des allégations est la destitution d'une vice-présidente élue par plus de 32 millions de Philippins.
Sécurité et soutien populaire
Plus de 6 000 policiers ont sécurisé le bâtiment du Sénat à Manille. Des affrontements ont éclaté entre les forces de sécurité et les partisans de Duterte. Malgré les accusations, Duterte reste populaire : un récent sondage a montré que 51 % des personnes interrogées voteraient pour elle à l'élection présidentielle de 2028.
Contexte international
Le père de Sara Duterte, l'ancien président Rodrigo Duterte, est détenu à La Haye et doit être jugé par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité dans le cadre de sa campagne meurtrière antidrogue, au cours de laquelle des milliers de personnes ont été tuées, souvent sans procès.


