Trump et Macron s'opposent sur la sécurité du détroit d'Ormuz à l'ouverture du G7, sur fond d'accord avec l'Iran
Le président Trump a annoncé que le détroit d'Ormuz rouvrirait totalement vendredi suite à un accord-cadre entre les États-Unis et l'Iran, mais les propositions françaises d'escorte militaire ont été accueillies froidement lors d'un sommet du G7 déjà assombri par des menaces de droits de douane.
Un accord annoncé à distance
Un accord-cadre entre Washington et Téhéran, révélé par le président Trump sur sa plateforme Truth Social dimanche, a redéfini l'ouverture du sommet du G7 dans la ville thermale française d'Évian. Le pacte vise à mettre fin au conflit qui bloque le détroit d'Ormuz, une voie maritime par laquelle transite environ un cinquième du pétrole mondial. Trump a déclaré : "Navires du monde entier, démarrez vos moteurs", et a promis une réouverture "complète" d'ici vendredi.
Navires du monde entier, démarrez vos moteurs.
Le différend sur les taxes
Trump a insisté sur le fait que le passage serait gratuit. "Il sera ouvert et sans péage", a-t-il déclaré aux journalistes à Évian, tout en concédant qu'il y avait eu "une petite discussion" à ce sujet. Le ministère iranien des Affaires étrangères a immédiatement répliqué qu'il percevrait des frais pour les services maritimes, et non un péage. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a soutenu la position américaine, exigeant que le détroit soit rétabli "sans frais de transit". Le président français Emmanuel Macron a accusé Téhéran de couper les cheveux en quatre, affirmant qu'"il ne doit y avoir aucun frais qui enrichisse quiconque".
La liberté de navigation doit être rétablie sans frais de transit.
L'offre militaire de Macron écartée
Le président français est arrivé au sommet prêt à déployer des avions de combat, des frégates et le porte-avions Charles de Gaulle sous quelques jours pour sécuriser la voie maritime, un plan coordonné depuis des semaines avec le Premier ministre britannique Keir Starmer. "Nous sommes prêts à agir très, très rapidement", a déclaré Macron. Trump a largement rejeté l'offre. "Je pense que nous n'avons pas besoin de beaucoup d'aide car nous avons un accord", a-t-il dit, ajoutant avec condescendance qu'"il n'est pas inutile d'avoir un ou deux navires de quelques pays sur place".
Je pense que nous n'avons pas besoin de beaucoup d'aide car nous avons un accord.
Le chancelier allemand Friedrich Merz est arrivé à Évian avec une position différente, annonçant des discussions avec ses alliés sur une éventuelle mission militaire. Deux navires de la marine allemande attendaient déjà un mandat. "Nous voulons nous engager avec nos partenaires pour assurer la libre navigation dans le détroit d'Ormuz", a déclaré Merz, tout en soulignant que les conditions de déploiement devaient d'abord être remplies.
Un sommet aux poignées de main glaciales
Sous la diplomatie couvaient de nouvelles tensions. Macron a fait attendre Trump pendant une heure après qu'une réunion avec le président brésilien Lula a pris du retard, puis n'a offert qu'une poignée de main brève et rigide devant les caméras. Ce froid fait suite à une nouvelle menace de Trump d'imposer des droits de douane de 100 % sur le vin et le champagne français si Paris n'abandonne pas sa taxe sur les services numériques. Macron avait également retiré les sujets liés au climat et au genre de l'agenda du G7 pour satisfaire Washington et a décalé le sommet au lundi pour qu'il ne tombe pas le jour du 80e anniversaire de Trump, samedi.
La suite des événements
Le vice-président JD Vance doit signer l'accord à Genève vendredi, Trump qualifiant le texte de "solide" et promettant sa publication "quelque temps après vendredi". Un haut responsable américain a indiqué que Trump, Vance et le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf avaient déjà signé électroniquement, bien que Téhéran ne l'ait pas confirmé. Vance a exclu tout transfert de fonds américains vers l'Iran, qualifiant de fausses les informations faisant état de 24 milliards de dollars d'avoirs gelés débloqués. Il n'a pas exclu l'utilisation des forces américaines pour sécuriser les stocks d'uranium hautement enrichi de l'Iran. Von der Leyen a averti que les sanctions de l'UE ne seraient pas assouplies sans "changements réels sur le terrain", bien que les sanctions économiques liées aux activités nucléaires puissent être dissociées de celles concernant les violations des droits de l'homme.
- Trump annonce l'accord-cadre entre les États-Unis et l'Iran sur Truth Social
- Ouverture du sommet du G7 à Évian ; rencontre bilatérale Trump-Macron
- Dîner d'État prévu à Versailles pour l'anniversaire de l'indépendance américaine
- Le vice-président Vance doit signer l'accord à Genève ; réouverture du détroit d'Ormuz


