
Ortega déclare la fin des élections au Nicaragua et promet de bloquer définitivement l'opposition
S'exprimant lors du 47e anniversaire de la révolution sandiniste, le président Daniel Ortega a annoncé qu'il travaillerait avec l'Assemblée nationale pour promulguer des lois empêchant les partis d'opposition d'accéder au pouvoir exécutif.
## L'annonce Daniel Ortega, qui gouverne le Nicaragua depuis 2007 aux côtés de son épouse et coprésidente Rosario Murillo, a déclaré dimanche qu'il n'y aurait plus d'élections dans le pays. S'exprimant lors d'un rassemblement gouvernemental marquant le 47e anniversaire de la révolution sandiniste, l'ancien guérillero de 80 ans a déclaré à la foule que l'opposition devait oublier toute voie vers le pouvoir par les urnes.
Ya quisieran ellos ganar elecciones para hacer reales con las escuelas. Que se olviden, aquí no volverá a haber elecciones.
Ces remarques n'ont suscité que de rares applaudissements, selon The New York Times. Ortega a accusé les partis d'opposition de vouloir gagner les élections pour s'enrichir aux dépens du secteur public et de recevoir des financements des États-Unis, qu'il a qualifiés de « Yankees ».
Un tournant juridique et politique
Ortega a déclaré qu'il travaillerait avec l'Assemblée nationale, contrôlée par son Front sandiniste de libération nationale, pour ériger un mur juridique contre les opposants. Il a présenté cette mesure comme un blocage permanent contre ce qu'il a appelé les « putschistes » et les « traîtres » soutenus par Washington.
Y vamos a trabajar con las asambleas nacionales y con las organizaciones correspondientes. Hay que hacer las leyes que les pongan un muro, un bloque a los golpistas, a los vendepatrias.
Bien que les élections nicaraguayennes aient été entachées de fraudes successives depuis 2008, selon des organismes internationaux d'observation électorale cités par El País, le rejet explicite des élections marque une escalade discursive et politique. Les élections présidentielles étaient prévues pour novembre 2027, une date déjà repoussée après que le législatif contrôlé par Ortega a prolongé le mandat des coprésidents.
Un historique de démantèlement de la démocratie
Ortega et Murillo exercent un contrôle total sur cette nation centraméricaine de sept millions d'habitants depuis des années. Les organisations de défense des droits humains et les Nations unies ont documenté des élections manipulées, des institutions démantelées, le meurtre de manifestants et la persécution de dissidents, de journalistes, de religieux et de politiciens de l'opposition. Lors de l'élection présidentielle de 2021, tous les pré-candidats de l'opposition ayant une chance réaliste de se présenter ont été emprisonnés, et Ortega et Murillo ont revendiqué 75,92 % des voix. Les États-Unis ont qualifié cette élection de « pantomime ».
Desde hace dos décadas el derecho a elegir está secuestrado.
Juan Diego Barberena, un avocat de l'opposition en exil, a noté que la nouveauté n'est pas que les élections aient cessé d'être libres, mais qu'Ortega rejette désormais ouvertement tout mécanisme électoral.
Implications internationales
El País a rapporté que la décision d'Ortega s'oriente vers un modèle électoral plus proche des régimes hégémoniques à parti unique ou des systèmes de pouvoir permanent comme la Corée du Nord et Cuba, où les élections existent formellement mais ne constituent pas un mécanisme réel de contestation du pouvoir. Ce changement place Ortega en conflit direct avec Washington, qui a constamment exigé des élections libres pour le Nicaragua. The New York Times a décrit cette déclaration comme marquant la fin explicite de toute prétention selon laquelle le Nicaragua restait une démocratie.
- Daniel Ortega revient à la présidence pour son deuxième mandat.
- Les élections locales et nationales commencent à être entachées de fraudes successives, selon les observateurs internationaux.
- Tous les pré-candidats de l'opposition viables sont emprisonnés ; Ortega et Murillo revendiquent 75,92 % des voix.
- Ortega déclare qu'« il n'y aura plus jamais d'élections » et promet d'adopter des lois pour bloquer l'opposition.


