RécitOrbán réélu à la tête du Fidesz

Gouvernement · Budapest

La Hongrie limite le mandat du Premier ministre à huit ans, empêchant Viktor Orbán de jamais revenir au pouvoir

Le Parlement hongrois a voté lundi la restriction à deux mandats pour tout futur Premier ministre, une réforme qui exclut Viktor Orbán après ses 20 ans au pouvoir et tient une promesse de campagne clé du nouveau Premier ministre Péter Magyar.

Texte IA fondé sur les articles de BBC, Neue Zürcher Zeitung, Frankfurter Allgemeine et d’autres médias. Modifié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Budapest · Hongrie
Comment on en est arrivé là
  1. 12 avr.Tisza remporte les élections législatives avec une supermajorité des deux tiers
  2. mai 2026Péter Magyar prête serment comme Premier ministre
  3. 15 juinLe Parlement approuve l'amendement constitutionnel limitant le mandat du Premier ministre à deux

Un changement constitutionnel radical

Le Parlement hongrois a approuvé lundi un amendement constitutionnel limitant un Premier ministre à un maximum de deux mandats de quatre ans. Le vote, adopté par 135 voix contre 50 et 6 abstentions, a été porté par le parti Tisza au pouvoir de Péter Magyar et ne nécessite que la signature du Président Tamás Sulyok pour entrer en vigueur. La mesure s'applique rétroactivement à tous les mandats exercés depuis le 2 mai 1990, ce qui signifie que Viktor Orbán, qui a gouverné pendant un total de 20 ans sur cinq mandats, ne peut plus jamais occuper cette fonction.

« La loi Orbán vient d'être votée. C'était la question la plus urgente. Si on a besoin de moi, je serai là. »

Viktor Orbán, ancien Premier ministre de la Hongrie et chef du parti Fidesz

Magyar tient sa promesse centrale

Durant la campagne électorale d'avril, Magyar a promis à plusieurs reprises d'empêcher une concentration permanente du pouvoir. Son parti Tisza a remporté une supermajorité des deux tiers le 12 avril, lui donnant les moyens de réviser la Constitution sans référendum. Magyar lui-même a pris ses fonctions en mai et ne pourra désormais servir que jusqu'en 2034, même s'il remporte deux élections consécutives.

La réforme a été introduite par deux députés Tisza sous forme de motion individuelle, une procédure accélérée que le Fidesz d'Orbán avait lui-même utilisée pendant des années lorsqu'il était dans l'opposition. Les députés Fidesz ont voté contre l'amendement, et Balázs Orbán, le directeur politique de l'ancien Premier ministre, a accusé Magyar d'« utiliser le pouvoir politique pour exclure un opposant de la compétition démocratique ».

« Il utilise le pouvoir politique pour exclure un opposant de la compétition démocratique. »

Balázs Orbán, ancien directeur politique de Viktor Orbán

Démantèlement de l'appareil de l'ère Orbán

L'amendement a également supprimé la base constitutionnelle du Bureau de protection de la souveraineté, créé en 2023 pour surveiller les « ingérences politiques indues » d'intérêts étrangers. Les critiques voyaient depuis longtemps cet organisme comme un outil d'intimidation des ONG et des groupes d'opposition. De plus, les bases juridiques ont été posées pour ramener les fondations d'intérêt public dites KEKVA sous le contrôle direct de l'État. Ces fondations, dans lesquelles le gouvernement précédent avait transféré des actifs et la gestion d'universités et d'institutions culturelles, étaient souvent peuplées de fidèles du Fidesz.

Vote sur l'amendement constitutionnel
Oui
135
Non
50
Abstentions
6

Données tirées du texte de l’article

Regard sur les fonds européens

Pendant quatre années consécutives, Transparency International a classé la Hongrie comme l'État membre le plus corrompu de l'UE. Bruxelles a retenu des milliards d'euros en raison de préoccupations liées à l'état de droit, mais le mois dernier, la Commission européenne a accepté de débloquer 16,4 milliards d'euros à condition que Budapest mette en œuvre un ensemble de réformes anticorruption. Les mesures actuellement en cours au Parlement visent en partie à satisfaire ces conditions.

« La Hongrie a été qualifiée de pays le plus corrompu de l'Union européenne pendant quatre années consécutives. »

Transparency International

Un système parlementaire à la touche présidentielle

Bien que les mandats limités soient courants dans les systèmes présidentiels, ils sont rares dans les démocraties parlementaires où les électeurs votent pour des partis, non directement pour un chef de gouvernement. Des analystes juridiques ont noté que l'application rétroactive cible effectivement une seule personne et restreint la liberté du Parlement de choisir le candidat qu'il juge le plus approprié. De futurs gouvernements disposant d'une majorité des deux tiers pourraient théoriquement annuler l'amendement, mais pour l'instant, la voie du retour pour Orbán est fermée.

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