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Gouvernement·-2 h

La Hongrie limite le mandat du Premier ministre à huit ans, excluant définitivement Viktor Orbán du pouvoir

Le Parlement hongrois a voté lundi pour limiter le mandat du Premier ministre à huit ans, excluant définitivement l'ancien dirigeant Viktor Orbán du pouvoir. L'amendement constitutionnel, qui concrétise une promesse de campagne clé du Premier ministre Péter Magyar, a été adopté par 135 voix pour, 50 contre et six abstentions.

L'Assemblée nationale hongroise a adopté le 15 juin 2026 un amendement constitutionnel historique limitant tout futur Premier ministre à un maximum de deux mandats de quatre ans. La mesure, qui s'applique rétroactivement à 1990, signifie que l'ancien Premier ministre Viktor Orbán, qui a gouverné pendant 20 ans au total, ne pourra plus jamais occuper ce poste.

Le vote

L'amendement a été adopté à la majorité des deux tiers requise : 135 députés ont voté pour, 50 contre et six se sont abstenus (un rapport fait état de 134 voix pour). Selon la loi hongroise, une modification constitutionnelle de cette nature ne nécessite pas de référendum si elle obtient une supermajorité au Parlement. Le parti Tisza de Magyar détient 141 des 199 sièges, suffisamment pour adopter la réforme seul.

Le Parlement vient de l'adopter. Désormais, un Premier ministre en Hongrie peut exercer ses fonctions pour un maximum de deux mandats, soit huit ans.

Une promesse tenue

L'introduction d'une limitation du mandat du Premier ministre était une promesse centrale de Péter Magyar et de son parti centriste Tisza lors de la campagne électorale d'avril 2026. Magyar a fait valoir qu'un mandat illimité peut conduire à une concentration malsaine du pouvoir, citant les 16 ans de règne ininterrompu de son prédécesseur. Après la victoire décisive de Tisza le 12 avril, le nouveau gouvernement a rapidement inscrit cette limite dans la Constitution, la même loi fondamentale qu'Orbán avait rédigée en 2011 et modifiée fréquemment pour renforcer son contrôle sur la justice, les médias et le système électoral.

Dans tout système démocratique, un pouvoir illimité finit toujours par perdre le sens de la retenue.

Le long règne d'Orbán

Viktor Orbán a été Premier ministre pour la première fois de 1998 à 2002, puis est revenu en 2010 et est resté en fonction jusqu'à la prestation de serment de Tisza en mai dernier. Pendant deux décennies, son parti Fidesz a remodelé les institutions politiques hongroises et concentré le pouvoir entre les mains de l'exécutif. Le parti Fidesz d'Orbán a condamné l'amendement comme une mesure ciblée qui restreint la volonté populaire, et Orbán lui-même l'a qualifié de « loi Orbán ».

Mandat d'Orbán et chemin vers l'amendement
  1. Orbán devient Premier ministre pour la première fois (mandat 1998–2002).
  2. Orbán revient comme Premier ministre, entamant 16 ans de règne ininterrompu.
  3. Le parti Tisza remporte les élections législatives ; Magyar devient Premier ministre.
  4. Orbán est réélu à la tête du parti Fidesz.
  5. L'amendement constitutionnel limitant les mandats du Premier ministre est adopté.

S'ils ont besoin de moi, je serai là.

La suite

L'amendement n'exclut pas totalement un retour : Orbán ne pourrait revenir que si la Constitution était à nouveau modifiée, ce qui nécessite une majorité des deux tiers que les analystes jugent irréaliste pour Fidesz dans un avenir prévisible. Le vote ouvre également la voie à la dissolution du controversé Bureau de protection de la souveraineté, un organe créé par l'administration Orbán en 2024 doté de larges pouvoirs d'enquête que les critiques accusaient de cibler les opposants politiques et les médias indépendants.

Budapest

8 sources

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