
Le parquet français ouvre une nouvelle enquête pour 50 infractions contre le chirurgien condamné Joël Le Scouarnec
La procureure Laetitia Mirande a annoncé une information judiciaire portant sur 40 agressions sexuelles et 10 viols visant 48 victimes entre 1987 et 2017.
Information judiciaire ouverte à Lorient
Le parquet de Lorient a ouvert le 19 août 2026 une information judiciaire pour 50 nouvelles infractions sexuelles visant l'ancien chirurgien Joël Le Scouarnec. Le septuagénaire condamné fait face à 40 chefs d'agression sexuelle et 10 chefs de viol concernant 48 nouvelles victimes identifiées. La procureure Laetitia Mirande a confirmé que les faits présumés se sont déroulés entre 1987 et 2017, aucun n'étant prescrit selon le droit français. Cette information fait suite à une enquête préliminaire ouverte en mai 2025, désormais transmise à un juge d'instruction.
L'existence de nouvelles infractions est apparue ou a été confirmée lors du procès, et le parquet a reçu des plaintes complémentaires.
Cadre juridique et mesures de soutien aux victimes
Les charges déposées par le parquet de Lorient visent des infractions commises sur des mineurs de moins de 15 ans ou par une personne ayant abusé de l'autorité conférée par sa fonction médicale. Ces 50 nouvelles infractions ont été mises au jour en partie grâce à des témoignages recueillis lors des audiences précédentes et en partie via des plaintes complémentaires déposées directement auprès du parquet. Mirande a indiqué que le ministère public a saisi une association spécialisée d'aide aux victimes pour fournir un accompagnement procédural et psychologique aux 48 personnes concernées. L'association prévoit d'organiser des sessions d'information dédiées et des rencontres avec les victimes et leurs proches dans les semaines à venir. Les avocats de la défense de Le Scouarnec n'ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires après l'annonce de la procureure.
- Agression sexuelle
- 40 infractions
- Viol
- 10 infractions
Condamnations antérieures et historique des peines
Le Scouarnec est actuellement incarcéré après avoir écopé de peines maximales consécutives lors de procédures antérieures dans l'ouest de la France. En décembre 2020, la cour criminelle de Saintes l'a condamné à 15 ans de réclusion pour des viols et agressions sexuelles sur quatre mineurs. En mai 2025, la cour criminelle départementale du Morbihan, siégeant à Vannes, l'a condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion criminelle à l'issue du plus grand procès français pour pédocriminalité. Cette procédure concernait des infractions commises sur près de 300 victimes, pour la plupart des patients mineurs abusés alors qu'ils étaient inconscients sous anesthésie entre 1989 et 2014. Les victimes de ce procès étaient des garçons et des filles dont l'âge moyen était de 11 ans. Lors des audiences de 2025 à Vannes, Le Scouarnec a également avoué à son fils aîné avoir abusé sexuellement de sa fille âgée de deux ans.
- Arrestation à Jonzac après une plainte pour viol d'une voisine de six ans
- Condamnation à 15 ans de prison à Saintes pour des infractions sur quatre mineurs
- Condamnation à 20 ans de prison à Vannes pour des infractions sur près de 300 victimes
- Le parquet de Lorient ouvre une information judiciaire pour 50 nouvelles infractions sexuelles
Parcours professionnel et découverte des archives
Les forces de l'ordre ont initialement arrêté Le Scouarnec en 2017 après une plainte pour viol déposée par une voisine âgée de six ans à Jonzac (Charente-Maritime). Une perquisition informatique ultérieure a mis au jour des journaux intimes détaillés stockés sur ses ordinateurs, qui documentaient systématiquement ses infractions contre des centaines de patients sur plusieurs décennies. Tout au long de sa longue carrière médicale, Le Scouarnec a exercé la chirurgie dans environ 12 établissements hospitaliers différents dans l'ouest de la France. Bien que certains collègues hospitaliers et directeurs administratifs aient eu connaissance d'une condamnation antérieure pour détention d'images pédopornographiques, cette mention ne l'a pas empêché de conserver ses prérogatives chirurgicales ni de continuer à soigner des mineurs. La nouvelle information judiciaire ouverte à Lorient pourrait aboutir à un troisième procès pénal pour l'ancien chirurgien.


