
Le président Nawrocki gracie trois personnes, dont un militant anticommuniste et un Polonais condamné à tort
Le président Karol Nawrocki a utilisé sa prérogative constitutionnelle pour gracier trois personnes lundi, dont un ancien militant anticommuniste condamné pour diffamation, un leader des supporters du Legia Varsovie frappé d'une interdiction de stade, et un Polonais condamné à tort pour meurtre en Allemagne.
Trois grâces annoncées
Lundi 3 août 2026, le président Karol Nawrocki a accordé trois grâces, comme l'a annoncé le secrétaire d'État Mateusz Kotecki lors d'une conférence de presse. La Chancellerie n'a pas divulgué les noms, invoquant une pratique établie ; le porte-parole Rafał Leśkiewicz a noté que les identités ne sont révélées qu'avec le consentement de la personne, comme cela s'est produit pour une grâce précédente. Le président a désormais accordé sept grâces et en a refusé cinq depuis son entrée en fonction. Il a également demandé les dossiers de quatre autres personnes au procureur général, sur huit demandes examinées.
Adam Borowski : peine de diffamation annulée
La première grâce concernait une personne condamnée à six mois de prison pour diffamation par voie de presse (article 212 §2 du code pénal). Kotecki a invoqué des motifs humanitaires, un âge avancé, une santé déclinante, un mode de vie stable, le caractère ponctuel de l'acte et des « mérites exceptionnels pour la transformation démocratique en Pologne ». La personne a été identifiée comme Adam Borowski, un militant anticommuniste de l'opposition et président du club « GP » de Varsovie. Il avait été condamné pour avoir diffamé le député de la Coalition civique Roman Giertych et avait ignoré les ordres du tribunal de présenter des excuses. Borowski avait reçu la Croix de commandeur de l'Ordre Polonia Restituta des mains du président Lech Kaczyński en 2006.
Borowski a été condamné à six mois de prison parce qu'il a ignoré les ordres du tribunal de me présenter des excuses pour diffamation. Vous comprenez maintenant pourquoi nous devons planifier les procédures pour qu'une condamnation définitive intervienne après la fin du mandat ou la destitution de Karol Nawrocki. Il graciera tous les partisans du PiS.
Piotr Staruchowicz : interdiction de stade levée
La deuxième grâce, initiée par le président lui-même, a levé une interdiction de stade imposée à un leader des supporters du Legia Varsovie. La personne avait été condamnée en vertu de la loi sur la sécurité des événements de masse pour s'être trouvée dans un secteur autre que celui indiqué sur le billet lors d'un match entre le Motor Lublin et le Legia Varsovie. Kotecki a indiqué que la grâce était motivée par un avis communautaire positif et le caractère ponctuel de l'infraction. L'interdiction a été effacée, rétablissant le casier judiciaire vierge de la personne. La personne a été identifiée comme Piotr « Staruch » Staruchowicz, un supporter bien connu du Legia.
J'ai été puni d'une interdiction de stade pour m'être tenu sur la clôture et avoir mené les encouragements lors d'un match à Lublin, alors que j'avais une accréditation délivrée par l'organisateur du match et que j'étais autorisé à être sur la clôture. Le tribunal de Lublin a décidé de me condamner à une interdiction de stade de deux ans.
Piotr Pytel : peine à perpétuité pour un crime qu'il n'a pas commis
La troisième affaire concernait une personne condamnée à la réclusion à perpétuité pour meurtre avec vol et vol. Le président a accordé une libération conditionnelle anticipée du reste de la peine à perpétuité, avec une période de probation de cinq ans et une supervision par un agent de probation. La décision faisait suite à deux demandes du procureur général Waldemar Żurek et aux avis positifs des tribunaux de première et deuxième instances. La personne a été identifiée comme Piotr Pytel, condamné en 2006 par un tribunal de Munich pour le meurtre d'Ecaterina I. Les procureurs polonais ont ensuite établi qu'un autre homme, Tomasz W., avait avoué le crime il y a plus de 15 ans. Malgré les preuves, les autorités allemandes ont refusé de rouvrir l'affaire. Pytel a passé 22 ans en prison. En juin 2026, le procureur général Żurek a ordonné une suspension de sa peine, et la grâce officialise désormais sa libération.
- Condamné à la réclusion à perpétuité par un tribunal de Munich pour le meurtre d'Ecaterina I.
- Un autre homme, Tomasz W., avoue le crime.
- Le procureur général Waldemar Żurek ordonne une suspension de la peine de Pytel.
- Le président Nawrocki accorde une libération conditionnelle anticipée de la peine à perpétuité.
Réactions et contexte
Les grâces ont suscité une réaction politique immédiate. Roman Giertych, la victime de diffamation dans l'affaire Borowski, a averti que le président Nawrocki utiliserait son pouvoir pour protéger les partisans de l'ancien parti au pouvoir. L'affaire Pytel, longtemps couverte par les médias polonais comme une erreur judiciaire des tribunaux allemands, a été considérée comme une correction d'une condamnation injuste. Le bureau du président a déclaré que chaque décision était fondée sur un examen approfondi des dossiers, des avis des tribunaux et du comportement du condamné. Le nombre total de grâces accordées par Nawrocki s'élève désormais à sept, avec cinq refus.
- Accordées
- 7
- Refusées
- 5
