
Des navires de guerre marocains ont pénétré dans les eaux espagnoles au large de Ceuta lors de la vague migratoire de juillet
El País a rapporté qu'au moins une frégate marocaine et plusieurs patrouilleurs ont navigué sans autorisation dans les eaux espagnoles au large de Ceuta les 30 et 31 juillet ainsi qu'au début du mois d'août. Le Premier ministre Pedro Sánchez a confirmé ces entrées lundi 12 octobre et indiqué que l'Espagne avait envoyé une frégate pour mettre fin aux incursions.
Les incursions rapportées
El País a rapporté lundi 12 octobre qu'au moins une frégate et plusieurs patrouilleurs de la Marine royale marocaine ont pénétré sans autorisation dans les eaux espagnoles au large de Ceuta les 30 et 31 juillet ainsi que dans les premiers jours d'août. Ces entrées ont coïncidé avec la traversée massive de plus de 70 000 personnes depuis le Maroc vers l'enclave espagnole, principalement par le poste frontière de Tarajal et par la mer. Citant des sources proches des incidents, le journal indique que ces mouvements étaient intentionnels et répétés, et non de simples transits accidentels, et qu'ils ont failli provoquer une collision entre un navire espagnol et un navire marocain. Les sources n'ont ni confirmé ni exclu une coordination entre les manœuvres navales et l'arrivée des migrants. El Confidencial a rapporté que la base navale marocaine de Ksar Sghir se situe à environ 35 kilomètres de Ceuta. Madrid revendique les eaux jusqu'à 12 milles des côtes de Ceuta, tandis que Rabat ne reconnaît pas la souveraineté espagnole sur la ville ni sur ses eaux.
- Des navires de guerre marocains pénètrent sans autorisation dans les eaux espagnoles au large de Ceuta, également le 31 juillet
- Le Buque de Acción Marítima Rayo espagnol arrive à Ceuta
- Les incursions se poursuivent et un patrouilleur espagnol et un patrouilleur marocain manquent d'entrer en collision
- Les frégates Santa María et Navarra accostent à Ceuta pour transférer du personnel d'infanterie de marine
- El País publie son enquête et Pedro Sánchez confirme les entrées
La réponse navale espagnole
L'état-major de la défense espagnol a envoyé à Ceuta le Buque de Acción Marítima Rayo, arrivé sur place le 3 août. Le Rayo est basé à l'arsenal de Las Palmas de Gran Canaria. La frégate Santa María, déployée depuis la base navale de Rota à Cadix, a commencé ses patrouilles mais a subi une panne technique et a été remplacée par la frégate Navarra, toutes deux appartenant au 41e escadron d'escorte. Le 6 août, les deux frégates ont accosté plusieurs heures à Ceuta pour transférer entre elles du personnel d'infanterie de marine. Selon El País, le déploiement dissuasif et les contacts de haut niveau du ministère de la Défense avec les autorités de Rabat ont mis fin aux incursions.
Sánchez confirme les entrées
Pedro Sánchez a confirmé ces informations lundi lors d'une conversation informelle avec des journalistes, sans expliquer pourquoi les navires marocains sont entrés dans les eaux espagnoles. Il a décrit ces journées comme intenses et très difficiles, et indiqué qu'il y avait eu des échanges de haut niveau entre les forces armées des deux pays. Il a affirmé que la situation avait été résolue par le dialogue et que la normalité était en train de revenir. S'exprimant devant des journalistes au Palais royal après le défilé militaire de la Fête nationale, Sánchez a reconnu les incidents.
Nous devons être conscients qu'entre deux pays voisins, de tels événements isolés existent.
Il a ajouté que les deux marines avaient communiqué après l'incident et que la coopération entre elles se poursuivait.
Ce furent des journées intenses, mais la coopération entre les marines est fluide, en dehors de cet événement.
La crise migratoire à Ceuta et la position de Rabat
Ceuta, ville autonome espagnole sur la côte africaine, a connu en juillet l'une des plus importantes traversées de migrants de son histoire récente, lorsque des dizaines de milliers de personnes sont entrées illégalement depuis le Maroc, souvent à la nage ou en contournant la frontière. Dans les jours qui ont suivi, des dizaines de morts lors de tentatives de traversée ont été signalées et plusieurs corps ont été repêchés dans les eaux de la ville. Le maire de Madrid, Jose Luis Martinez-Almeida, a demandé si quelqu'un doutait d'une complicité marocaine et si quelqu'un croyait que 80 000 personnes ou des navires de guerre pouvaient circuler librement sans que les autorités marocaines le sachent. Le chiffre de 80 000 est sa référence rhétorique, tandis que les rapports font état de plus de 70 000 personnes ayant traversé. Les sources citées par El País n'ont pas confirmé que les incursions navales et les arrivées de migrants relevaient d'une opération coordonnée.
Visite royale et réaction politique
La ministre de la Défense Margarita Robles, lors de la visioconférence annuelle avec les troupes espagnoles déployées à l'étranger le 11 octobre, a salué leur travail à la veille de la Fête nationale. Elle a qualifié d'injustes les critiques d'Amnesty International sur des mauvais traitements présumés infligés aux migrants dans l'enclave, les attribuant à un manque de connaissance. Le roi Felipe VI et la reine Letizia doivent se rendre à Ceuta et Melilla les 13 et 14 octobre, sans visite d'installations militaires prévue. El Confidencial a rapporté que le roi avait convoqué le haut commandement opérationnel des forces armées pour analyser la situation en détail et qu'il était tenu informé de ses aspects militaires.
