
Au moins 13 Tunisiens portés disparus après le chavirement d'une embarcation de migrants en direction de Lampedusa
Deux survivants ont été secourus après qu'une embarcation transportant des migrants tunisiens à destination de l'Italie a chaviré au large de la côte tunisienne dans la nuit de vendredi à samedi, laissant au moins 13 passagers portés disparus.
L'embarcation chavire en route vers Lampedusa
Au petit matin du jeudi 20 août 2026, une embarcation transportant des migrants tunisiens a quitté la côte tunisienne pour une traversée de la Méditerranée vers l'île italienne de Lampedusa. L'île se trouve à environ 145 kilomètres du littoral tunisien et constitue le premier point d'arrivée européen pour les bateaux partant d'Afrique du Nord. Dans la nuit de vendredi à samedi, l'embarcation a chaviré en eau libre au large de la côte tunisienne. Mostafa Abdelkebir, le président de l'Observatoire tunisien des droits de l'homme, a rapporté samedi 22 août qu'au moins 13 passagers sont toujours portés disparus en mer. Les passagers à bord étaient majoritairement des jeunes du sud de la Tunisie, y compris des mineurs. Le groupe des disparus comprend sept membres d'une même famille, ainsi qu'un couple attendant un enfant, composé d'un homme et de sa femme enceinte.
- L'embarcation de migrants quitte la côte tunisienne avec des passagers du sud de la Tunisie à destination de Lampedusa.
- L'embarcation chavire au large de la côte tunisienne, laissant les passagers à la dérive pendant des heures.
- Un bateau local secourt deux survivants tandis que les autorités tunisiennes déploient des unités navales et aériennes, récupérant quatre corps non identifiés.
Sauvetage des survivants et recherche maritime en cours
Après le chavirement, les occupants du bateau sont restés à la dérive dans l'eau pendant plusieurs heures. Les secouristes à bord d'un bateau local ont localisé et repêché deux survivants. L'un des survivants récupérés a raconté avoir dérivé pendant des heures après le retournement du bateau, tandis qu'Abdelkebir a confirmé que le second survivant a été ramené à terre dans un état critique. En réponse au naufrage, la Garde nationale tunisienne a lancé une vaste opération de recherche et de sauvetage. Des unités des garde-côtes, soutenues par des navires de la marine tunisienne et des avions de reconnaissance aérienne, ont été déployées dans la zone maritime pour localiser les passagers disparus restants. Au cours des recherches, les équipes d'urgence ont repêché quatre corps en mer, mais les autorités ont déclaré qu'il n'était pas confirmé que ces personnes récupérées soient des passagers de l'embarcation chavirée.
Bilan des victimes en Méditerranée centrale
Cet incident s'ajoute au nombre croissant de morts sur la route de la Méditerranée centrale, que l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) identifie comme le couloir migratoire le plus meurtrier au monde. Les données de l'OIM indiquent que les décès de migrants sur cette route ont plus que doublé au cours des quatre premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025. Au total, au moins 914 migrants sont morts ou ont disparu sur la route de la Méditerranée centrale en 2026. Sur une période plus large, l'OIM estime que plus de 35 000 personnes ont disparu en Méditerranée depuis 2014. L'Observatoire tunisien des droits de l'homme a précédemment enregistré qu'environ 10 000 citoyens tunisiens ont disparu en mer depuis 2011 en tentant de traverser vers l'Europe.
Examen du financement européen de la migration
La Tunisie a historiquement servi de base de départ pour les migrants de toute l'Afrique et du Moyen-Orient tentant la traversée dans des embarcations surchargées ou en mauvais état. Au cours des deux dernières années, les départs maritimes depuis le territoire tunisien ont fortement diminué après des opérations de répression et un renforcement des patrouilles par les autorités tunisiennes. Ces opérations sont soutenues par des financements et des équipements de surveillance de l'Union européenne, fournis notamment par l'Italie. Cette stratégie de contrôle a rencontré une opposition constante de la part des organisations de la société civile. En juillet, une coalition de 46 organisations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch, a publié une déclaration commune condamnant le pacte migratoire UE-Tunisie de 2023. Les organisations ont soutenu que le financement européen des forces de sécurité tunisiennes a entraîné des « interceptions en mer imprudentes et violentes » et des « expulsions collectives et sommaires », et ont exhorté l'Union européenne à suspendre le soutien financier aux activités de contrôle aux frontières impliquant des unités tunisiennes.


