
Un tribunal équatorien condamne l'ancien président Lenín Moreno à cinq ans pour pots-de-vin Sinohydro
Un tribunal équatorien a condamné vendredi l'ancien président Lenín Moreno à cinq ans d'assignation à résidence pour un système de pots-de-vin de 76 millions de dollars lié à l'entreprise chinoise Sinohydro et au projet hydroélectrique Coca Codo Sinclair.
Peine de cinq ans d'assignation à résidence
Le pouvoir judiciaire équatorien a condamné vendredi 28 août 2026 l'ancien président Lenín Moreno à cinq ans de prison pour corruption. Moreno, qui a gouverné l'Équateur de 2017 à 2021, purgera sa peine sous assignation à résidence. L'ancien chef d'État de 73 ans se déplace en fauteuil roulant, ce qui justifie la mesure d'assignation à résidence. Le parquet national a annoncé le verdict sur le réseau social X à l'issue des débats devant le tribunal de première instance.
Six autres prévenus ont été condamnés en même temps que Moreno et ont écopé de la même peine de cinq ans de prison. Parmi les condamnés figure un ancien ambassadeur de Chine à Quito. Au total, une vingtaine de personnes ont été impliquées dans cette affaire, dont des chefs d'entreprise et des membres de la famille proche de Moreno. Le tribunal a condamné l'épouse de Moreno et d'autres proches à près de trois ans de prison pour complicité. Les procureurs avaient initialement requis une peine de six ans et six mois de prison contre l'ancien président avant que le tribunal ne rende son verdict de cinq ans.
- Rafael Correa devient président, Lenín Moreno est vice-président
- Le réseau de corruption commence ses activités autour du projet Coca Codo Sinclair
- Moreno achève son mandat de six ans comme vice-président
- Moreno assume la présidence de l'Équateur et Correa quitte le pouvoir
- Le réseau de corruption autour du projet de centrale hydroélectrique cesse ses activités
- Correa est condamné par contumace à huit ans de prison pour corruption
- Moreno achève son mandat présidentiel de quatre ans
- Un tribunal équatorien condamne Moreno à cinq ans d'assignation à résidence pour corruption
Système de pots-de-vin lié au projet hydroélectrique
La condamnation porte sur des paiements illicites liés à la construction de la centrale hydroélectrique Coca Codo Sinclair. Les enquêteurs ont établi que l'entreprise chinoise Sinohydro a versé un total de 76 millions de dollars de pots-de-vin pour obtenir le contrat d'infrastructure. Selon les procureurs, le réseau de corruption a fonctionné de manière systématique entre 2009 et 2018.
Pendant une grande partie de cette période, Moreno a été vice-président sous la présidence de gauche de Rafael Correa, occupant ce poste de 2007 à 2013. L'accusation a soutenu que Moreno avait participé activement à faciliter l'attribution du contrat en échange de transferts financiers illicites transitant par des intermédiaires et des relations familiales pendant les phases de passation et de développement du barrage.
Moreno prévoit de faire appel du verdict
Peu avant l'annonce de la sentence, Moreno a déclaré son intention de faire appel du jugement de première instance. L'ancien président a rejeté toutes les accusations, affirmant n'avoir « pas reçu un seul centime de Sinohydro » pendant son mandat. Il a qualifié la procédure judiciaire de campagne politiquement motivée dirigée contre lui.
Moreno a attribué ces poursuites à une persécution politique orchestrée par son ancien allié et mentor, Rafael Correa. L'équipe juridique représentant l'ancien président a confirmé son intention de contester la condamnation devant les instances judiciaires supérieures, contestant tant les preuves présentées par l'accusation que la responsabilité attribuée aux membres de sa famille.
Rupture des liens avec Rafael Correa
Ce verdict ajoute un nouveau chapitre à la longue brouille entre Moreno et Rafael Correa, qui a dirigé l'Équateur entre 2007 et 2017. Correa avait initialement soutenu Moreno comme son successeur politique désigné, l'aidant à remporter l'élection présidentielle de 2017. Une fois au pouvoir, cependant, Moreno a orienté la politique étrangère et intérieure de l'Équateur vers la droite, recherchant des relations diplomatiques plus étroites avec les États-Unis et rompant publiquement avec le mouvement de Correa.
Correa réside en Belgique depuis son départ de la présidence en 2017. Les tribunaux équatoriens ont jugé l'ancien président socialiste par contumace, le condamnant en 2020 à huit ans de prison dans une autre affaire de corruption. Avec les deux anciens dirigeants désormais condamnés pour corruption, le paysage politique équatorien reste marqué par les conséquences juridiques des projets d'infrastructure réalisés au cours des deux dernières décennies.


