
Mitsotakis qualifie les tensions en mer Égée de légère brise, Tsipras et ELAS attaquent sa position sur la Turquie
Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a qualifié la visite de Marco Rubio à Athènes d'étape positive, tandis qu'Alexis Tsipras et son parti ELAS l'ont accusé de minimiser les agissements turcs autour de Kasos et la vente de F-35 à la Turquie.
La visite de Rubio et le verdict positif
Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a déclaré vendredi 9 octobre sur la radio SKAI que la visite à Athènes du secrétaire d'État américain Marco Rubio avait laissé une empreinte positive. Il a indiqué que ce déplacement s'inscrivait dans le cadre du dialogue stratégique institutionnalisé entre la Grèce et les États-Unis, et que Rubio se rend rarement à l'étranger pour ce type de dialogue, s'étant rendu en Inde l'an dernier avant de venir en Grèce. Mitsotakis a affirmé que la visite avait confirmé une relation qui s'étend désormais au-delà de la défense et de la diplomatie, à l'énergie, aux interconnexions et aux investissements. Rubio n'a pas nommé la Turquie lorsqu'il a évoqué le câble d'interconnexion Grèce-Chypre, se référant plutôt aux « sensibilités » d'autres pays.
Sans aucun doute, l'empreinte de la visite de Rubio a été positive. Il a mis en avant le rôle de la Grèce comme partenaire stratégique irremplaçable en Méditerranée orientale.
Mitsotakis a également déclaré que le discours de Rubio à la Pnyx, avec l'Acropole en arrière-plan, reflétait le soft power de la Grèce. La Grèce a par ailleurs conclu des accords d'équipement de défense d'une valeur de quatre milliards de dollars au cours de ces mêmes journées.
La « légère brise » et le différend de Kasos
Interrogé sur le câble et Kasos, Mitsotakis a décrit les relations gréco-turques par une métaphore météorologique. Il a évoqué une brise et une légère houle en mer Égée, qu'il a qualifiées de banales, et a indiqué que les rencontres gréco-turques avec le président turc suivaient le même schéma que le temps qui change.
Les eaux en mer Égée, disons, il y a une brise, une légère houle, mais même cela n'a rien d'inhabituel, vous savez.
ELAS a répondu dans un communiqué que cette remarque revenait à qualifier de légère brise un recul turc à Kasos. Le parti a demandé pourquoi une légère brise avait maintenu le projet de câble gelé pendant deux ans, et a demandé au Premier ministre ce qu'il entendait par « tempête ». ELAS a également cité les actions turques à Kasos et l'annonce de deux parcs marins turcs en mer Égée, qu'il a qualifiés d'illégaux. Tsipras a déclaré que la Grèce aurait dû entendre un soutien sur les questions les plus importantes dans les relations avec la Turquie.
Nous aurions dû entendre un mot de soutien sur les questions critiques concernant nos relations avec la Turquie et les violations du droit international par la Turquie, et nous n'avons rien entendu.
Tsipras a également déclaré que rien n'avait été dit sur le cadre Guterres pour le problème chypriote. Les anciens Premiers ministres Tsipras et Kostas Karamanlis, ce dernier issu de Nouvelle Démocratie, ont tous deux exprimé leur inquiétude quant à la politique étrangère de Mitsotakis.
Le câble, Israël et la participation de Meridian
Mitsotakis a déclaré que l'interconnexion peut se poursuivre sans aucune concession sur les droits souverains grecs. Il a soutenu que les États-Unis soutiennent le projet, qui pourrait s'étendre à Israël, et que le projet est européen depuis le début. Il a cité plus de 600 millions d'euros de subventions européennes et le fonds d'investissement français Meridian comme actionnaire majoritaire.
C'est un projet européen, c'était un projet européen depuis le début, car je veux vous rappeler qu'il reçoit plus de 600 millions d'euros de subventions européennes.
Une source diplomatique de haut rang, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a interprété les propos de Rubio comme un soutien américain clair, affirmant qu'il n'avait pas dit « trouvez-les » et que c'était l'inverse qui était vrai. La source a refusé de divulguer les discussions privées sur ce que Washington ferait si un incident comme celui de Kasos se reproduisait. Sur Israël, Mitsotakis a déclaré que la relation stratégique de la Grèce est avec l'État plutôt qu'avec un gouvernement particulier, citant le Bouclier d'Achille, dont la Grèce détiendra le code source.
Les F-35 et le bilan de 2014 à 2022
Mitsotakis a déclaré que Tsipras était Premier ministre lorsque la Turquie a commandé des F-35. ELAS a répliqué que les commandes turques de F-35 aux États-Unis avaient commencé en mai 2014 sous un gouvernement dans lequel Mitsotakis était ministre. Le parti a affirmé que la coordination avec les organisations de la diaspora entre 2017 et 2019 sous Tsipras avait conduit à l'East Med Act et à un embargo sur la Turquie en juillet 2019. ELAS a également rappelé un débat parlementaire du 12 mai 2022, affirmant que Mitsotakis avait crié que l'avertissement de Tsipras sur les F-16 était « un mensonge ».
- Début des commandes turques de F-35 aux États-Unis, selon ELAS
- Coordination avec les organisations de la diaspora sur les F-35, selon ELAS
- Embargo imposé à la Turquie, selon ELAS
- Débat parlementaire sur la vente de F-16 à la Turquie, cité par ELAS
ELAS a en outre affirmé que la Grèce avait accordé six bases et le port d'Alexandroupolis aux États-Unis, et que le président américain disait qu'il trouverait un moyen de vendre des F-35 à la Turquie. Mitsotakis, pour sa part, a présenté la modernisation des F-35 et des F-16 comme faisant partie d'un avantage qualitatif stratégique. Le communiqué d'ELAS se terminait en critiquant l'appel de Mitsotakis à un consensus national tout en reconnaissant la nécessité d'un tel consensus.


