
Un demandeur d'asile soudanais inculpé pour tentative de meurtre après une attaque au couteau à Belfast qui a déclenché deux nuits d'émeutes anti-immigration
Un demandeur d'asile soudanais a comparu mercredi devant un tribunal, inculpé pour tentative de meurtre sur un Britannique à Belfast, une attaque qui a déclenché deux nuits de violences anti-immigration en Irlande du Nord.
L'attaque de Kinnaird Avenue
Les violences ont commencé après une attaque lundi soir vers 22h30 sur Kinnaird Avenue, dans le nord de Belfast. Hadi Alodid, un Soudanais de 30 ans, a attaqué Stephen Ogilvie, un Britannique d'une quarantaine d'années, avec un grand couteau de cuisine. Une vidéo de 54 secondes de l'incident a largement circulé sur les réseaux sociaux, montrant l'agresseur sur sa victime, la frappant à plusieurs reprises et semblant tenter une décapitation. Des témoins peuvent être entendus criant que l'agresseur coupait la tête de la victime.
Trois passants sont intervenus, l'un utilisant un bâton de hurley pour maîtriser l'agresseur jusqu'à l'arrivée de la police qui a procédé à l'arrestation. Ogilvie, décrit par les médias locaux comme un employé du National Health Service, reste hospitalisé dans un état critique avec de graves blessures au cou et au dos et a perdu son œil gauche. Sa famille a publié une déclaration disant être « complètement dévastée » par cette « attaque horrible » tout en condamnant les émeutes qui ont suivi.
Nous voulons dire très clairement que les émeutes de la nuit dernière sont intolérables et que les manifestations pacifiques sont la seule voie utile.
Le suspect
Alodid est entré au Royaume-Uni en 2023, arrivant à Dublin via un vol depuis Paris avant de traverser la frontière nord-irlandaise. Il a demandé l'asile et a obtenu un permis de séjour temporaire valable jusqu'en 2028, lui conférant un statut légal de demandeur d'asile. Il a comparu par liaison vidéo devant un tribunal de Belfast mercredi, inculpé pour tentative de meurtre par arme blanche, menaces de mort envers une autre personne et possession d'une arme blanche avec intention homicide. Le juge a refusé la libération sous caution, acceptant la position de la police selon laquelle les risques étaient « trop grands ». La police a exclu une motivation terroriste.
Deux nuits de violences
Les nuits de mardi et mercredi ont vu des centaines de manifestants, pour la plupart des jeunes encagoulés, s'affronter avec la police dans tout Belfast et les villes environnantes. À Sandyknowes, environ 200 personnes se sont rassemblées et ont lancé des pierres et des bouteilles sur les policiers, qui ont déployé des canons à eau pour disperser la foule. Un camion de nettoyage a été incendié. À Glengormley, la police a également utilisé des canons à eau. À Newtownabbey, des groupes de jeunes encagoulés vêtus de noir ont lancé des objets sur les policiers qui tenaient un barrage.
- Le demandeur d'asile soudanais Hadi Alodid attaque Stephen Ogilvie avec un couteau sur Kinnaird Avenue, dans le nord de Belfast. Des passants interviennent et la police arrête Alodid.
- Une vidéo graphique de l'attaque circule largement sur les réseaux sociaux, provoquant l'indignation.
- Première nuit d'émeutes : des manifestants incendient des logements sociaux abritant des immigrés, forçant des familles à fuir. Des voitures et un bus de la ville sont incendiés dans l'est de Belfast.
- Alodid comparaît par liaison vidéo devant le tribunal de Belfast, inculpé pour tentative de meurtre. Libération sous caution refusée.
- Deuxième nuit d'émeutes : environ 200 manifestants affrontent la police à Sandyknowes. Canons à eau déployés à Sandyknowes et Glengormley. La foule tente d'atteindre le Chimney Court Hotel qui héberge des demandeurs d'asile.
La foule a tenté d'atteindre le Chimney Court Hotel, où les demandeurs d'asile sont souvent hébergés pendant le traitement de leurs demandes. Des logements sociaux accueillant des immigrés ont été incendiés mardi soir, forçant des familles à fuir. Des voitures, des supermarchés et des maisons ont été brûlés. Un bus de la ville a été incendié dans l'est de Belfast. Les services d'urgence ont escorté des familles immigrées hors de leurs domiciles. De nombreuses entreprises ont fermé tôt, des entreprises ont recommandé le télétravail et les transports en commun ont été suspendus sur plusieurs lignes.
Réaction politique et implication de l'extrême droite
L'attaque a galvanisé des figures d'extrême droite des deux côtés de l'Atlantique. Elon Musk, propriétaire de X, a publié à ses plus de 240 millions d'abonnés : « Ce n'est qu'en protestant RÉPÉTÉMENT et AVEC FORCE que nous obtiendrons un changement. » Rupert Lowe, fondateur du parti ultranationaliste Restore Britain, vieux de trois mois, a écrit sur X : « Nous devons cesser d'accorder l'asile à ceux qui souhaitent décapiter des jeunes. » Les sondages suggèrent que son parti pourrait atteindre près de 10 % des voix.
Ce n'est qu'en protestant RÉPÉTÉMENT et AVEC FORCE que nous obtiendrons un changement.
Le Service de police d'Irlande du Nord a averti que les coordonnées et adresses des ménages immigrés étaient partagées en ligne, incitant à de nouvelles manifestations. La police a déclaré avoir reçu des appels de familles, de propriétaires et de membres de la communauté qui étaient « angoissés par cette activité irresponsable ». Ces violences sont les pires observées à Belfast depuis les Troubles, le conflit sectaire qui a pris fin à la fin des années 1990.
Un schéma européen plus large
Les émeutes de Belfast s'inscrivent dans un schéma croissant de troubles anti-immigration en Europe occidentale. L'incident fait suite à la condamnation la semaine dernière d'un homme sikh pour le meurtre d'un jeune Britannique, Henry Nowak, qu'il avait faussement accusé d'une attaque raciste. Les profonds changements démographiques en Irlande du Nord, une société encore marquée par les divisions sectaires entre catholiques et protestants, ont créé un terrain fertile pour la politique identitaire nationaliste. La famille Ogilvie a demandé que l'attaque ne soit pas utilisée pour cibler les immigrés, déclarant : « Nous avons de nombreux immigrés qui apportent une contribution très précieuse à notre pays. Nous ne voulons pas que cette terrible tragédie soit utilisée pour diviser les gens ou attiser les hostilités. »

