
Meta fait face à un procès fédéral, 29 États réclament 1 400 milliards de dollars pour l'addiction des jeunes
Un procès civil fédéral contre Meta s'est ouvert le 12 août à Oakland, en Californie, 29 États accusant l'entreprise d'avoir délibérément rendu Instagram et Facebook addictifs pour les mineurs. Les plaidoiries d'ouverture commencent le 18 août.
Procès ouvert à Oakland
Un procès civil fédéral contre Meta s'est ouvert mercredi 12 août 2026 au tribunal fédéral d'Oakland, en Californie, avec la sélection de huit jurés. La juge Yvonne Gonzalez Rogers, qui a présidé au printemps le procès très médiatisé entre Elon Musk et les créateurs de ChatGPT, déterminera les sanctions et les mesures correctives. Elle a interrogé les jurés potentiels sur leur utilisation de Facebook et Instagram, les comptes de leurs enfants et leur opinion sur Mark Zuckerberg. Certains ont été interrogés pour savoir s'ils s'étaient inscrits avant l'âge de 13 ans à l'insu de leurs parents et s'ils avaient connu des problèmes psychologiques. Un juré a comparé la poussée de sérotonine provoquée par le défilement de contenus anxiogènes à la cocaïne, tandis qu'un autre a déclaré que les applications sont conçues pour « extraire de la valeur » des utilisateurs. Les plaidoiries d'ouverture sont prévues le 18 août, et les audiences devraient durer environ six semaines, jusqu'à la fin septembre. Le jury n'aura qu'un rôle consultatif.
Coalition de 29 États
Les procureurs généraux de Californie, du Colorado, du Kentucky et du New Jersey mènent l'affaire au nom de 29 États qui poursuivent Meta depuis 2023. Les plaignants accusent Meta d'avoir délibérément conçu Instagram et Facebook pour qu'ils soient addictifs pour les mineurs, en violation des lois des États sur la protection des consommateurs et de la loi fédérale sur la protection de la vie privée des enfants en ligne (COPPA). Les fonctionnalités spécifiques examinées incluent le défilement infini, les notifications nocturnes et les « j'aime ». La stratégie juridique vise la conception des applications plutôt que le contenu publié par les utilisateurs, contournant ainsi l'immunité de l'article 230 qui a longtemps protégé les plateformes technologiques. Lundi, une cour d'appel fédérale de San Francisco a rejeté l'appel d'urgence de Meta visant à suspendre la procédure, selon Bloomberg. L'affaire est issue des « Facebook Files », des milliers de documents internes divulgués par l'ancienne employée de Meta Frances Haugen, montrant que l'entreprise était consciente des risques pour la santé mentale des adolescents tout en les niant publiquement.
- 29 États américains déposent des poursuites contre Meta pour préjudice présumé à la santé mentale des jeunes
- Un jury de Los Angeles ordonne à Meta de payer 6 millions de dollars à un adolescent, conjointement avec YouTube
- Un tribunal du Nouveau-Mexique ordonne à Meta de payer 567 millions de dollars et de modifier le fonctionnement des plateformes pour les mineurs
- Une cour d'appel fédérale de San Francisco rejette l'appel d'urgence de Meta visant à suspendre la procédure
- La sélection du jury s'ouvre au tribunal fédéral d'Oakland ; 8 jurés sélectionnés
- Les plaidoiries d'ouverture doivent commencer
- Les audiences devraient se conclure après environ six semaines
Analogie avec le tabac et sanctions potentielles
Vincent Joralemon, un universitaire en droit au Centre pour le droit et la technologie de l'Université de Californie à Berkeley, a établi un parallèle avec les procès de l'industrie du tabac des années 1990, qui ont abouti à des indemnisations record et à des restrictions publicitaires ciblant les mineurs.
Cela ressemble vraiment aux procès de l'industrie du tabac des années 1990.
Les États réclament jusqu'à 1 400 milliards de dollars de sanctions, un montant proche de la capitalisation boursière de Meta. En juillet, la juge Gonzalez Rogers a qualifié cette estimation d'« déraisonnable » tout en rejetant la contre-estimation de Meta de 4 millions de dollars comme « même pas une tape sur les doigts », selon le site juridique Law360. Joralemon a identifié la principale menace comme étant l'atteinte à la réputation et l'obligation de modifier profondément ses produits.
Condamnations antérieures et témoignage de Zuckerberg
Meta a déjà été condamné deux fois en 2026. En mars, un jury de Los Angeles a ordonné à Meta de payer 6 millions de dollars à un adolescent, conjointement avec YouTube. La semaine dernière, un tribunal du Nouveau-Mexique a ordonné à Meta de payer 567 millions de dollars et de modifier le fonctionnement de ses plateformes pour les mineurs dans cet État, selon RFI. Le Temps a rapporté le montant du Nouveau-Mexique comme étant près d'un milliard de dollars d'amendes et de réparations. Mark Zuckerberg devrait témoigner lors du procès en cours, sa deuxième comparution devant un jury en six mois. Son témoignage précédent à Los Angeles a été jugé peu convaincant.
Défense de Meta
Un porte-parole de Meta a déclaré à l'AFP que l'entreprise est « confiante » dans son bilan en matière de sécurité en ligne des adolescents et a promis de « se défendre contre les accusations qui déforment les faits ». Meta prévoit de faire valoir que la santé mentale des jeunes ne peut être attribuée à une seule application et que l'« utilisation problématique » des réseaux sociaux n'est pas une addiction médicalement reconnue. Le front juridique plus large contre Meta comprend des milliers de citoyens, 1 200 districts scolaires et 29 États, avec des poursuites déposées à tous les niveaux du système judiciaire américain.


