
La France ordonne à Meta de négocier avec les groupes de presse sur les rémunérations de contenu après une décision antitrust
L'Autorité de la concurrence française a ordonné à Meta de reprendre les négociations avec les organisations de médias au sujet des droits voisins, estimant que ses pratiques constituent probablement un abus de position dominante.
L'injonction
L'Autorité de la concurrence française a statué mercredi que Meta doit négocier de bonne foi avec les éditeurs de presse français au sujet des rémunérations pour l'utilisation de leurs contenus sur Facebook et Instagram. L'Autorité a estimé que les méthodes de calcul des redevances de Meta et son refus de partager les données pour des méthodologies alternatives constituent vraisemblablement un abus de sa position dominante. Meta dispose de 15 jours pour soumettre un plan de paiement détaillé.
Nous ne sommes pas dans une situation de refus de négocier. La négociation se déroule plutôt dans des conditions où il y a un refus d'envisager une méthodologie alternative ou de partager les données nécessaires à cette méthodologie alternative.
Contexte
L'affaire fait suite aux plaintes déposées en 2025 par deux organismes de gestion collective : l'Alliance de la presse d'information générale (APIG), représentant près de 300 quotidiens nationaux et locaux, et Droits voisins de la presse (DVP), qui collecte et distribue les droits voisins pour 900 publications et agences de presse, dont l'AFP. Les précédents accords entre Meta et les deux organismes ont expiré fin 2024 pour DVP et début 2025 pour APIG. Depuis, les médias français n'ont reçu aucun paiement, bien que leurs contenus continuent d'apparaître sur les plateformes de Meta.
- L'accord de DVP avec Meta expire.
- L'accord de l'APIG avec Meta expire.
- DVP et l'APIG déposent des plaintes auprès de l'Autorité de la concurrence.
- L'Autorité ordonne à Meta de négocier de bonne foi et de soumettre un plan de paiement sous 15 jours.
- Date limite pour que Meta présente sa proposition de paiement.
Réactions
DVP a qualifié la décision de signal fort, tandis que son président Jean-Marie Cavada a souligné que l'injonction ne préjuge pas de l'enquête au fond. Marc Feuillée, président de l'APIG et également directeur général du Figaro, a salué la décision, estimant que l'Autorité avait rappelé avec force que les droits voisins s'appliquent à Meta comme aux autres plateformes. Meta a déclaré ne pas être d'accord avec la décision, mais a promis de participer de manière constructive au processus.
L'Autorité de la concurrence rappelle avec force : les droits voisins s'appliquent à Meta comme aux autres plateformes et nul ne peut échapper à une négociation transparente et équitable avec les éditeurs.
Nous ne sommes pas d'accord avec ces décisions, mais nous participerons de manière constructive à ce processus.
Suites
L'Autorité examinera désormais l'affaire au fond, une décision finale n'étant pas attendue avant plusieurs mois. L'obligation immédiate pour Meta est de présenter sa proposition de paiement dans un délai de 15 jours. Cette affaire s'inscrit dans une vague plus large de contentieux à travers l'Europe, alors que les éditeurs cherchent à obtenir une rémunération de la part des entreprises technologiques pour l'utilisation numérique de leurs contenus, à la fois sur les réseaux sociaux et pour l'entraînement de l'IA.


