
Les procureurs italiens examinent des intimidations en prison et une agression présumée dans l'affaire de l'attentat contre Sigfrido Ranucci
Les suspects de l'attentat à la bombe contre le domicile du journaliste Sigfrido Ranucci font face à des intimidations en prison et à une agression contestée à Rebibbia avant une audience clé de révision en septembre.
Pression carcérale et agression signalée
Les enquêteurs de Rome examinent des signalements d'intimidation et de confrontation physique à la prison de Rebibbia impliquant des suspects liés à l'attentat à la bombe du 16 octobre 2025 visant le journaliste Sigfrido Ranucci. Les détails ont été révélés après un interrogatoire de neuf heures le 27 août 2026 mené par le procureur Edoardo De Santis avec les suspects Pellegrino D'Avino et son père Antonio Passariello. D'Avino a déclaré aux autorités judiciaires que plusieurs détenus l'avaient poussé à garder le silence après que des émissions télévisées aient rendu public son projet de coopérer avec les procureurs. Il a affirmé que des codétenus l'avaient approché dans la cour et dans sa cellule avant l'audience, lui conseillant de ne pas témoigner.
D'Avino a détaillé ces rencontres lors de sa déposition formelle devant le magistrat.
Pendant ma détention, comme mon intention de subir un interrogatoire a été rapportée dans plusieurs journaux télévisés, pendant le temps de cour, j'ai été approché à plusieurs reprises par certains détenus qui, ayant appris les raisons de mon arrestation, m'ont invité à ne pas faire de déclarations sans me menacer explicitement.
Incident contesté à Rebibbia
Au cours de la même déposition, D'Avino a déclaré avoir appris d'autres détenus que Valter Lavitola, l'instigateur avoué de l'attentat, avait été giflé pendant l'exercice en plein air dans la prison. Les rapports indiquent que l'altercation a eu lieu entre 17h00 et 20h00 le 1er septembre 2026. Cependant, des sources du Département de l'administration pénitentiaire (DAP) ont affirmé qu'aucune agression contre Lavitola n'avait été enregistrée à Rebibbia. Lavitola a subi un examen médical et les autorités pénitentiaires ont indiqué qu'il n'était pas en danger et ne présentait aucun signe de traumatisme physique.
Les avocats de la défense Sergio Cola et Arturo Cola ont noté que leur client avait confirmé se sentir bien, tout en demandant une documentation officielle au procureur concernant d'éventuels rapports de la police pénitentiaire.
La détention actuelle de Lavitola dans une section de haute sécurité où sont détenues des personnes accusées ou condamnées pour des crimes mafieux montre clairement qu'il est exposé aux mêmes dangers pour sa sécurité que ceux qui auraient causé l'agression présumée.
Origines de l'attentat d'octobre
La procédure judiciaire découle de la détonation d'un engin explosif devant la résidence de Ranucci, ancien présentateur de l'émission d'investigation Report, à Torvaianica le 16 octobre 2025. Les procureurs allèguent que l'associé de Lavitola, Clesio Gomes Tavares, a contacté D'Avino le 10 octobre 2025 pour commander l'attaque, décrivant la mission comme une petite explosion. D'Avino, Passariello et un troisième suspect, Saverio Mutone, tous liés à des réseaux de petite délinquance à Avellino, ont été arrêtés le 30 juin 2026 pour avoir exécuté l'attentat.
- Clesio Gomes Tavares contacte Pellegrino D'Avino pour commander une attaque explosive.
- Un engin explosif détonne devant la résidence de Sigfrido Ranucci à Torvaianica.
- La police arrête les présumés exécutants D'Avino, Antonio Passariello et Saverio Mutone.
- Valter Lavitola est arrêté et avoue avoir fomenté l'attentat.
- D'Avino et Passariello terminent un interrogatoire de neuf heures détaillant les menaces en prison.
- Des détenus rapportent que Lavitola a été giflé à Rebibbia, un incident contesté par les responsables pénitentiaires.
- Le Tribunal de la révision de Rome se réunit pour les déclarations spontanées prévues de Lavitola.
Lavitola a ensuite été arrêté le 10 août 2026 et a avoué avoir orchestré l'attaque. Un juge d'instruction a rejeté une demande de l'avocat de la défense Generoso Pagliarulo visant à réduire les mesures de détention provisoire pour D'Avino et Passariello, estimant que les déclarations de D'Avino étaient incohérentes par rapport à celles de Passariello.
Audience de révision à venir et enregistrements supprimés
Les avocats de la défense préparent des mémoires juridiques en vue d'une audience le 7 septembre 2026 devant le Tribunal de la révision de Rome (Tribunale del Riesame). Lavitola doit faire des déclarations spontanées pour clarifier les questions non résolues concernant son motif pour ordonner l'attaque contre Ranucci. Parallèlement, les enquêteurs ont documenté que les conversations cryptées via Signal entre Lavitola et Ranucci couvrant la période 2024-2025 ont été supprimées avant les récentes procédures.

