
La justice polonaise confirme la relaxe de médecins dans la mort du père de Zbigniew Ziobro après 20 ans de procédure
Le tribunal de district de Cracovie a confirmé la relaxe de trois médecins et a classé les charges contre un quatrième en raison de la prescription, mettant fin à près de deux décennies de procédure judiciaire autour de la mort en 2006 de Jerzy Ziobro, père de l'ancien ministre polonais de la Justice Zbigniew Ziobro.
Une bataille judiciaire de deux décennies
Jerzy Ziobro a été admis à l'hôpital universitaire de Cracovie le 22 juin 2006 avec des symptômes de maladie coronarienne avancée. Il a subi deux coronarographies et l'implantation de quatre stents. Le 1er juillet, son état s'est aggravé et il est décédé le lendemain. La famille a immédiatement suspecté une erreur médicale, mais les procureurs ont classé l'enquête à deux reprises, concluant que le traitement était correct. En 2011, la famille a déposé une plainte avec constitution de partie civile, lançant un marathon judiciaire qui allait durer près de 20 ans.
Après un premier classement en 2012 et une série d'appels allant jusqu'à la Cour suprême, l'affaire est revenue en première instance. En 2016, le ministère public s'est joint aux accusateurs et le procès s'est déroulé sur la base d'un acte d'accusation public. Le tribunal de district de Cracovie-Śródmieście a acquitté les quatre médecins en 2017, estimant qu'il n'y avait pas de lien direct entre leurs actes et le décès du patient. Les accusateurs ont fait appel et le procès en appel a débuté en 2018 devant le tribunal de district de Cracovie.
- Jerzy Ziobro décède à l'hôpital universitaire de Cracovie après l'implantation de stents.
- La famille dépose une plainte avec constitution de partie civile après que les procureurs ont classé l'enquête à deux reprises.
- Le tribunal de district classe la procédure ; la décision est ensuite annulée en appel.
- Le procureur se joint comme accusateur public, l'affaire se poursuit sur la base d'un acte d'accusation public.
- Le tribunal de district acquitte les quatre médecins, estimant qu'il n'y a pas de lien entre leurs actes et le décès.
- Le procès en appel débute devant le tribunal de district de Cracovie après l'appel des accusateurs.
- Le tribunal demande un avis complémentaire aux experts en médecine légale de Lausanne.
- Le procès reprend après réception de l'avis de Lausanne, environ quatre ans plus tard.
- Jugement définitif : relaxe confirmée pour trois médecins, affaire classée contre le quatrième en raison de la prescription.
La décision du tribunal
Le jeudi 23 juillet 2026, le tribunal de district de Cracovie a rendu son jugement définitif. Il a confirmé la relaxe du professeur Jacek D., ancien chef de la IIe clinique de cardiologie ; du médecin de garde Katarzyna S. ; et du chef de service de la salle de surveillance continue Andrzej K. Pour le quatrième médecin, Dariusz D., ancien médecin du service et chef adjoint du laboratoire d'hémodynamique, le tribunal a annulé la relaxe mais a simultanément prononcé l'extinction de l'action publique en raison de la prescription.
Le verdict est définitif et n'est pas susceptible d'appel ordinaire, bien qu'un pourvoi en cassation reste possible. Tant la défense que l'accusation avaient demandé la relaxe. Le procureur, qui s'était initialement opposé aux médecins, a changé de position au cours des débats, concluant qu'il était impossible de déterminer de manière certaine si des erreurs médicales avaient été commises.
L'avis de Lausanne
Un moment clé est survenu en 2022 lorsque le tribunal a demandé un avis complémentaire aux experts du Centre universitaire de médecine légale de Lausanne. L'avis est parvenu après environ quatre ans et le procès a repris en juin 2026. Les experts suisses ont estimé que, selon les directives internationales, un pontage aurait été un choix plus bénéfique pour le patient que l'angioplastie coronaire avec stents choisie par les médecins de Cracovie. Cependant, ils ont souligné que le choix du traitement appartient au médecin et ont noté que le pontage présentait un risque élevé d'hémorragie en raison du traitement en cours du patient, un facteur qui a pu influencer la décision d'implanter des stents.
Réaction de la famille et suites
L'avocat de la veuve avait plaidé pour l'annulation de la relaxe et le renvoi de l'affaire pour un nouveau procès, affirmant que les experts initiaux étaient partials et que le tribunal manquait d'impartialité. Le tribunal a rejeté ces arguments. Krystyna Kornicka-Ziobro, la veuve et mère de Zbigniew Ziobro, a publié une déclaration le 13 juillet, déclarant :
Mon mari était médecin. J'ai moi aussi exercé cette merveilleuse profession. Nous savions tous les deux que la médecine ne garantit pas toujours la guérison. Mais la médecine a ses normes. Un médecin a un devoir de diligence. Les dossiers médicaux doivent être fiables. Une expertise doit être claire, complète et sans équivoque. Et un tribunal qui juge de la mort d'un patient doit avoir le courage de regarder non pas les titres, les fonctions et l'autorité, mais les faits.
Le jugement étant désormais définitif, la seule voie de recours possible est un pourvoi en cassation. Cette décision clôt l'une des affaires médico-légales les plus suivies de Pologne, qui est revenue à plusieurs reprises devant les tribunaux et a divisé l'opinion publique pendant deux décennies.


