
La Cour suprême espagnole révoque le mandat d'arrêt visant Carles Puigdemont après la décision d'amnistie du Tribunal constitutionnel
Le juge Pablo Llarena a retiré le mandat d'arrêt national visant l'ancien président catalan Carles Puigdemont après que le Tribunal constitutionnel a ordonné l'application de la loi d'amnistie de 2024 aux chefs de détournement de fonds.
Décision du Tribunal constitutionnel et révocation du mandat d'arrêt
Le juge de la Cour suprême espagnole Pablo Llarena a révoqué le 6 octobre 2026 le mandat d'arrêt national visant l'ancien président de la Generalitat de Catalogne Carles Puigdemont. La décision fait suite à un arrêt rendu par 7 voix contre 5 par le Tribunal constitutionnel espagnol, qui a ordonné que la loi d'amnistie de 2024 couvre les chefs de détournement de fonds publics liés au référendum d'indépendance d'octobre 2017. L'arrêt a tranché un recours déposé par l'ancienne ministre catalane du Travail Dolors Bassa, d'Esquerra Republicana. Le Tribunal constitutionnel a estimé que la Cour suprême avait violé le droit à une protection juridictionnelle effective en interprétant de manière contradictoire l'exception relative à l'enrichissement personnel. La mesure annule également les mandats en cours visant les anciens ministres catalans Toni Comín et Lluís Puig.
- Pour
- 7 voix
- Contre
- 5 voix
Règlement des accusations de détournement de fonds et arguments juridiques
Le litige portait sur la question de savoir si l'argent public dépensé pour l'organisation du vote de 2017 constituait un enrichissement personnel. La Cour suprême soutenait auparavant que le fait d'éviter une dépense personnelle en recourant à des fonds du gouvernement régional procurait un avantage personnel illicite. La majorité progressiste du Tribunal constitutionnel a rejeté ce critère, relevant que le texte de la loi d'amnistie distingue explicitement l'enrichissement personnel des fonds utilisés pour préparer, tenir et financer le vote sécessionniste. Cinq juges conservateurs ont exprimé une opinion dissidente, estimant que la majorité s'était indûment substituée aux juridictions pénales ordinaires. L'arrêt ordonne à la Cour suprême de rendre de nouvelles décisions annulant les condamnations pour détournement de fonds et levant les peines d'inéligibilité, y compris l'interdiction visant l'ancien vice-président catalan Oriol Junqueras, qui courait jusqu'en 2031.
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Conséquences politiques et campagne électorale anticipée
La décision de justice modifie le paysage politique à l'approche des élections générales anticipées prévues le 29 novembre 2026. Le Premier ministre Pedro Sánchez a dissous le Parlement après avoir perdu le soutien parlementaire du parti de Puigdemont, Junts, qui avait fourni les sept voix décisives pour son investiture en 2023. L'effondrement a suivi le rejet vendredi des décrets gouvernementaux sur le logement par un vote conjoint du Parti populaire, de Vox et de Junts. Sánchez a défendu la voie juridique de son gouvernement après l'arrêt :
Nous avons défendu les grâces et l'amnistie, et le temps nous a donné raison. Nous devons regarder vers l'avenir et tirer les leçons des erreurs, qui ont été nombreuses.
Les partis d'opposition ont critiqué cette issue juridique, y voyant une concession politique. Lorena Roldán, porte-parole du Parti populaire en Catalogne, a condamné la décision :
La législature de Sánchez a commencé par un chantage, l'achat de sept voix en échange de l'amnistie, et se termine par le paiement de la note finale.
Scénarios de retour pour Puigdemont
Puigdemont réside en Belgique depuis fin octobre 2017, ayant évité l'arrestation pendant près de neuf ans tout en siégeant au Parlement européen entre 2019 et 2024. L'accusation de sédition à son encontre a été abrogée en 2023 par des réformes législatives du gouvernement. Les pistes juridiques évoquées dans les médias catalans suggèrent trois voies possibles pour son retour physique en Espagne : entrer immédiatement après la révocation du mandat, attendre que le juge d'instruction formalise la clôture de l'affaire, ou revenir une fois que la chambre pénale aura rendu son ordonnance définitive. La levée des inéligibilités permet également aux anciens dirigeants catalans d'étudier d'éventuelles candidatures pour l'élection de novembre.


