
Le Premier ministre hongrois Magyar propose une révision constitutionnelle après que le président Sulyok ait refusé un ultimatum de démission
Le Premier ministre hongrois Péter Magyar a annoncé son intention de modifier la Constitution pour destituer le président Tamás Sulyok, après que ce dernier ait refusé de démissionner avant la date limite du 31 mai, ouvrant ainsi une confrontation constitutionnelle à Budapest.
Le Premier ministre hongrois Péter Magyar a annoncé lundi que son gouvernement allait entamer une révision constitutionnelle pour destituer le président Tamás Sulyok, après que ce dernier ait refusé de démissionner avant la date limite du 31 mai. Cette initiative marque une escalade spectaculaire dans la campagne de Magyar pour purger les responsables nommés sous l'ancien Premier ministre populiste Viktor Orbán.
- Le parti Tisza remporte les élections législatives, obtenant une majorité des deux tiers
- Date limite fixée par Magyar pour la démission du président Sulyok expirée ; Sulyok refuse
- Magyar rencontre Sulyok, puis annonce une révision constitutionnelle pour destituer le président
- Fin approximative du processus législatif d'un mois pour destituer Sulyok
Contexte
Le parti centriste Tisza de Magyar a remporté une victoire écrasante aux élections législatives du 12 avril 2026, mettant fin à 16 ans de règne d'Orbán et obtenant une supermajorité des deux tiers. Depuis lors, Magyar a appelé à plusieurs reprises Sulyok, élu par le parti Fidesz d'Orbán au début de 2024, à démissionner, l'accusant de servir les intérêts d'Orbán et de ne pas représenter l'unité nationale. La présidence en Hongrie est en grande partie cérémonielle, mais le président peut renvoyer la législation au Parlement ou la soumettre à la Cour constitutionnelle, ce qui pourrait entraver le programme de réformes du nouveau gouvernement.
Ultimatum et rejet
Magyar a donné à Sulyok une date limite au 31 mai pour démissionner, menaçant sinon d'utiliser sa majorité parlementaire pour le destituer. Sulyok a rejeté l'ultimatum dans une vidéo sur Facebook dimanche soir, insistant sur le fait qu'il continuerait à exercer ses fonctions et coopérerait avec le gouvernement. Dans un communiqué antérieur, le bureau de Sulyok avait déclaré que la demande « affecte négativement le fonctionnement constitutionnel et l'autorité » de la présidence.
Confrontation constitutionnelle
Lundi matin, Magyar a rencontré Sulyok au palais Sándor à Budapest, accompagné de la ministre de la Justice Márta Görög. Par la suite, Magyar a déclaré lors d'une conférence de presse que le président avait refusé de démissionner et qu'il allait immédiatement entamer le processus législatif pour le destituer.
Le Premier ministre a estimé que le processus prendrait environ un mois et impliquerait des modifications constitutionnelles pour permettre l'éviction des figures de l'ère Orbán.J'ai dit au président que s'il maintenait sa position et ne démissionnait pas, j'informerais aujourd'hui les députés de Tisza de nos propositions législatives et nous entamerions immédiatement les procédures nécessaires.
La Hongrie n'appartient ni à Tamás Sulyok, ni à Viktor Orbán. Elle n'appartient à aucun parti ou système politique.
Réactions et implications
Sulyok a averti sur Facebook que la crise constitutionnelle « approfondirait les divisions et nuirait à la réputation internationale de la démocratie hongroise ». Le parti Fidesz d'Orbán a accusé Magyar de lancer un « ultimatum illégal », arguant que le mandat de Sulyok court jusqu'en 2029 et ne peut être écourté. De son côté, Magyar a défendu sa démarche comme nécessaire pour restaurer les institutions démocratiques.
Cette confrontation est observée de près comme un test de la fragile transition démocratique hongroise.Il est dans l'intérêt de la Hongrie que cette institution – la présidence – retrouve le prestige qui a été érodé par son silence et son inaction.


