
Le Premier ministre hongrois Péter Magyar engage une procédure de destitution du président Sulyok par voie constitutionnelle et annonce une vaste opération anticorruption
Le Premier ministre Péter Magyar a annoncé au Parlement que son gouvernement va modifier la Constitution pour destituer le président Tamás Sulyok, lancer une vaste opération anticorruption et organiser un référendum sur une réforme constitutionnelle plus large.
Modification constitutionnelle pour destituer le président
Le Premier ministre Péter Magyar, s'exprimant devant le Parlement lundi, a confirmé que son gouvernement allait engager la procédure de destitution du président Tamás Sulyok par le biais d'une modification de la Constitution. Sulyok, élu par les députés du parti Fidesz de Viktor Orbán, a un mandat qui court jusqu'en mars 2029. Magyar avait précédemment fixé au 31 mai une date butoir pour la démission volontaire de Sulyok et des chefs de la Cour constitutionnelle et de la Cour suprême, les qualifiant de « marionnettes d'Orbán ». La date butoir est passée sans démission.
Nous allons engager la procédure pour mettre fin au mandat du président actuel. Nous élirons un nouveau président qui restaurera la dignité de la fonction.
Sulyok a rejeté ces appels, avertissant que les tentatives de le destituer menacent l'État de droit et l'ordre constitutionnel de la Hongrie. Selon la Constitution actuelle, un président ne peut être destitué que pour violation de la loi fondamentale, manquement intentionnel à ses devoirs ou commission d'un crime de droit commun. Le parti Tisza de Magyar détient une majorité constitutionnelle de 141 sièges sur 199, ce qui permet la modification.
Opération anticorruption « Feu purificateur »
Magyar a annoncé le lancement d'une opération qu'il a appelée « Feu purificateur », visant à libérer la Hongrie de ce qu'il a décrit comme une mafia politique et économique. La pièce maîtresse est la création d'un Office national de recouvrement et de protection des avoirs, qui coordonnera les enquêtes financières. Son champ d'action inclut la vérification des transactions immobilières suspectes, l'examen des contrats de concession lucratifs et l'audit rétroactif de tous les marchés publics dépassant 32 millions de dollars.
Le gouvernement libérera les Hongrois de la mafia politique et économique qui a pillé notre pays, menacé ses citoyens et rendu leur vie insupportable.
Magyar a noté que la création de cet office nécessite la modification de 47 textes législatifs. Il a souligné que les propositions pour l'office et la modification constitutionnelle ont été soumises ensemble car, selon lui, « il ne sert à rien de parler de recouvrement des avoirs si les marionnettes qui n'ont pas empêché le vol pendant des années restent au pouvoir ».
Réforme constitutionnelle plus large et référendum
Au-delà de la destitution immédiate du président, Magyar a esquissé une réforme constitutionnelle plus large qui débutera à l'automne et aboutira à un référendum. Les changements proposés incluent la limitation à 12 ans du mandat parlementaire cumulé des députés, la modification du mode d'élection du président de la Cour constitutionnelle afin que les juges choisissent parmi eux, et l'introduction d'un âge de retraite obligatoire de 70 ans pour les juges de la Cour constitutionnelle. Cette dernière mesure mettrait fin au mandat de l'actuel président de la Cour, Péter Polt, un ancien membre du Fidesz.
Cela peut prendre plus de temps, mais le temps n'est pas le problème. Ce qui compte, c'est la qualité et le contenu. Nous voulons que le pays ait une Constitution que chacun puisse accepter de bonne foi.
Magyar a indiqué que le référendum constitutionnel pourrait avoir lieu dès l'été prochain.
Calendrier et prochaines étapes
Selon Magyar, le mandat du président pourrait expirer à la fin juillet ou au début août, après quoi le Parlement devra élire un successeur dans les 30 jours. Il a appelé à une action rapide, estimant qu'il est dans l'intérêt du pays d'aller le plus vite possible. Le processus de réforme de l'automne se déroulera parallément aux travaux du nouvel office de recouvrement des avoirs.
- Date butoir fixée par le Premier ministre Magyar pour la démission volontaire du président Sulyok et des chefs de la Cour, expirée
- Magyar annonce une modification constitutionnelle pour destituer le président et l'opération « Feu purificateur »
- Fin possible du mandat du président (fin juillet/début août), déclenchant une fenêtre de 30 jours pour l'élection
- Automne : début du processus de réforme constitutionnelle plus large
- Été prochain : référendum constitutionnel potentiel

