
L'épouse du suspect du meurtre de Lyhanna, Jérôme Barella, dépose une plainte pour viol et violences conjugales, selon le procureur
L'épouse de Jérôme Barella, déjà accusé du viol et du meurtre de Lyhanna, 11 ans, dans le sud-ouest de la France, a déposé une plainte pour viol conjugal et violences conjugales, a annoncé le procureur d'Auch samedi.
Nouvelle plainte au sein du domicile du suspect
L'épouse de Jérôme Barella, et mère de leurs deux filles âgées de sept et onze ans, a été entendue par les enquêteurs de la section de recherches de Toulouse le 18 juin. Elle l'accuse désormais formellement de viol et de violences conjugales, a confirmé la procureure d'Auch, Clémence Meyer, dans un communiqué de presse le 27 juin. Cette plainte ajoute une nouvelle dimension à une affaire qui a bouleversé la France pendant des semaines.
Barella, 41 ans, intérimaire, est déjà incarcéré à la prison de Mont-de-Marsan à l'isolement. Il avait été initialement mis en examen pour enlèvement et séquestration après la découverte du corps de Lyhanna le 4 juin dans le Gers, plusieurs jours après sa disparition. Après qu'une autopsie a établi que la fillette avait été violée, les charges ont été requalifiées en meurtre et viol sur mineur.
L'affaire Lyhanna et les alertes antérieures
Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée morte le 4 juin. L'autopsie n'a pas pu établir sa cause exacte de décès « avec certitude », selon le parquet d'Agen. Avant son arrestation, Barella n'avait jamais été incarcéré ni convoqué malgré plusieurs plaintes et signalements pour violences sexuelles sur d'autres mineurs.
Un rapport publié le 22 juin par le chef de l'Inspection générale de la justice a décrit de multiples « défaillances » et « pertes de temps » dans le traitement des plaintes antérieures. L'une des plus choquantes concerne Rosa, une autre fillette de 11 ans, qui a déclaré aux enquêteurs avoir été violée une cinquantaine de fois par Barella entre septembre 2024 et avril 2025. Sa plainte a été déposée en août 2025, plus de neuf mois avant la mort de Lyhanna. Barella avait également fait l'objet de plaintes pour viol sur mineur en 2022 et 2025, mais son casier judiciaire ne comporte aucune condamnation.
- Premières plaintes pour viol sur mineur déposées contre Jérôme Barella (date exacte non précisée, année 2022).
- Rosa, 11 ans, dépose une plainte pour viol après avoir allégué une cinquantaine d'agressions entre septembre 2024 et avril 2025.
- Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte dans le Gers plusieurs jours après sa disparition ; Barella est mis en examen pour enlèvement et séquestration.
- L'épouse de Barella est entendue par les gendarmes de Toulouse et dépose une plainte pour viol conjugal et violences conjugales.
- Le rapport de l'Inspection générale de la justice met en lumière des « défaillances » et des « pertes de temps » dans le traitement des plaintes antérieures contre Barella.
- La plainte de l'épouse de Barella est rendue publique ; l'enquête sur Rosa est transférée à la branche d'Agen de la section de recherches de Bordeaux.
- La procureure d'Auch, Clémence Meyer, confirme la plainte de l'épouse dans un communiqué de presse.
La plainte de Rosa transférée après des défaillances présumées
L'enquête sur la plainte pour viol de Rosa a désormais été transférée à la branche d'Agen de la section de recherches de Bordeaux. Cette décision fait suite à une inspection qui a révélé d'éventuelles lacunes de la gendarmerie de Condom, dans le Gers, dans le traitement initial de l'affaire. Une source proche de l'enquête a confirmé que les officiers de la section de recherches de Bordeaux sont désormais mobilisés sur ce dossier.
La famille élargie mise en cause
Parallèlement aux poursuites contre Jérôme Barella, son frère et son père sont également impliqués dans des affaires distinctes de pédocriminalité ou de viol conjugal. Yannick, le frère, quadragénaire sans emploi, a été mis en examen pour viol sur mineur et viol conjugal et placé sous contrôle judiciaire. Leur père, 71 ans, ancien ouvrier du bâtiment, fait face à des enquêtes rouvertes pour des faits similaires.
La colère publique face aux défaillances judiciaires a conduit à de grandes manifestations dans toute la France, les foules réclamant des comptes et une meilleure réponse aux violences sexuelles contre les enfants.


