
Emmanuel Macron effectuera une visite d'État en Espagne le 29 septembre, le traité bilatéral étant au point mort
Le président français Emmanuel Macron se rendra à Madrid les 29 et 30 septembre 2026 pour la première visite d'État française depuis 2009, rencontrant le roi Felipe VI et le Premier ministre Pedro Sánchez.
Agenda bilatéral à Madrid
Le président français Emmanuel Macron effectuera une visite d'État de deux jours en Espagne les 29 et 30 septembre 2026, la première visite d'État d'un président français dans le pays depuis 2009. Ce déplacement, annoncé conjointement le 14 septembre 2026 par l'Élysée et le gouvernement espagnol, intervient après des années de reports. Le roi Felipe VI avait initialement adressé une invitation en 2018, après la visite du couple royal espagnol à Paris cette année-là. La première dame française Brigitte Macron accompagnera le président. Le roi Felipe VI et la reine Letizia organiseront un dîner de gala à Madrid en l'honneur de Macron le soir du 29 septembre. Le 30 septembre à 12h00, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez recevra Macron pour des entretiens officiels au palais de la Moncloa.
La présidence française a précisé l'objet du voyage dans un communiqué officiel.
Cette première visite d'État d'un président français en Espagne depuis 2009 illustrera la profondeur des liens qui unissent nos deux pays ainsi que la densité de leur coopération.
Le traité d'amitié en suspens
La visite d'État a lieu alors que le Parlement espagnol reste divisé sur le traité bilatéral d'amitié et de coopération. L'accord a été négocié pour la première fois lors du sommet UE-MED 9 à Alicante à la fin de l'année 2022 et signé par Sánchez et Macron lors d'un sommet bilatéral à Barcelone le 19 janvier 2023. La France a achevé sa ratification nationale en mars 2025 par des votes à l'Assemblée nationale et au Sénat. En Espagne, le traité bute sur l'article 2.4, une clause prévoyant la participation réciproque trimestrielle de ministres aux réunions du Conseil des ministres. Le Parti populaire conservateur et Vox ont contesté la légalité de la présence de ministres étrangers au Conseil des ministres.
Une première tentative de ratification a échoué en mai 2025 en raison des abstentions de Junts et de Podemos. En avril 2026, le gouvernement espagnol a obtenu l'approbation du Congrès des députés avec 175 voix. Pour faciliter ce vote, Madrid et Paris ont mis en place un accord interprétatif par échange de lettres précisant que la participation ministérielle n'aurait lieu que lors de réunions ad hoc en dehors des sessions officielles du cabinet. Le Parti populaire a ensuite utilisé sa majorité absolue au Sénat pour bloquer le texte, soumettant un recours préliminaire à la Cour constitutionnelle pour violation potentielle des articles 13.2, 23.2 et 98.1 de la Constitution espagnole.
- Le roi Felipe VI invite Emmanuel Macron pour une visite d'État en Espagne
- Le traité d'amitié bilatéral est négocié lors du sommet UE-MED 9 à Alicante
- Pedro Sánchez et Emmanuel Macron signent le traité d'amitié à Barcelone
- L'Assemblée nationale et le Sénat français ratifient le traité d'amitié
- Premier vote de ratification espagnol échoue en raison des abstentions de Junts et Podemos
- Le Congrès espagnol approuve le traité avec 175 voix après un pacte interprétatif
- Pedro Sánchez assiste au défilé du 14 Juillet à Paris
- Emmanuel Macron arrive à Madrid pour une visite d'État de deux jours
Politique européenne et discussions internationales
Outre les accords bilatéraux, la réunion portera sur les priorités communes en matière de politique européenne et étrangère. Les deux administrations n'ont pas tenu de sommet bilatéral formel depuis janvier 2023, bien que Sánchez et Macron se soient rencontrés le 14 juillet 2026 à Paris lorsque le Premier ministre espagnol a assisté au défilé militaire du 14 Juillet. Les discussions du 30 septembre à la Moncloa porteront sur la situation sécuritaire en Ukraine et l'évolution de la situation au Moyen-Orient. Selon les déclarations officielles de Paris, les deux délégations examineront également les mesures de protection de la jeunesse et des institutions démocratiques face aux risques en ligne, en se concentrant sur l'impact des médias sociaux et des plateformes d'intelligence artificielle. Le président français s'est également rendu en Espagne à l'été 2025 pour participer à la Conférence des Nations Unies sur le financement du développement à Séville.


