
L'UE adopte le 21e paquet de sanctions contre la Russie et prolonge le plafonnement du prix du pétrole à 44 dollars le baril
Les 27 États membres ont surmonté des semaines d'impasse jeudi pour adopter le 21e train de mesures économiques depuis l'invasion de 2022, maintenant un plafond de 44 dollars sur le pétrole russe pour une année entière et accordant à la Grèce une dérogation pour les livraisons de GNL à des acheteurs hors UE.
Prolongation du plafonnement du prix du pétrole
La pièce maîtresse du 21e paquet est la prolongation du plafonnement du prix des exportations de pétrole russe à 44 dollars le baril pour une année entière, remplaçant le cycle de renouvellement semestriel précédent. Sans cet accord, le plafond aurait été automatiquement relevé, permettant potentiellement au brut russe de se rapprocher des prix du marché international gonflés par le conflit en Iran. La Commission européenne estime que cette mesure privera Moscou de 3,5 milliards de dollars de recettes. Le plafond vise à limiter la capacité du Kremlin à financer sa guerre en Ukraine tout en maintenant l'approvisionnement des marchés énergétiques mondiaux.
Compromis sur le GNL grec
La question la plus controversée était la demande de la Grèce de continuer à transporter du gaz naturel liquéfié russe vers des pays non membres de l'UE. Athènes, qui contrôle la plus grande flotte marchande du monde, a menacé de mettre son veto à l'ensemble du paquet si elle n'obtenait pas une dérogation. Après des semaines d'impasse, un compromis a été trouvé : les transporteurs grecs peuvent acheminer du GNL russe vers des pays tiers, mais uniquement dans le cadre de contrats signés avant l'invasion du 24 février 2022, et les volumes ne doivent pas dépasser les niveaux de 2025, décrits comme les plus bas. L'exemption est valable un an et soumise à un réexamen annuel par le Conseil, nécessitant l'unanimité pour son renouvellement. L'accord a révélé des divisions au sein du bloc, alors que l'UE avait précédemment convenu d'interdire toutes les importations et tous les transferts de GNL russe d'ici janvier 2027.
Restrictions financières et commerciales
Au-delà de l'énergie, le paquet impose des interdictions de transactions à 33 banques russes supplémentaires et cible 14 plateformes de cryptomonnaies, visant à combler les lacunes utilisées pour contourner les sanctions existantes. De nouvelles mesures ciblent également les navires de la « flotte fantôme » de la Russie, des pétroliers opérant sous pavillon de complaisance pour transporter du pétrole et d'autres marchandises, et introduisent des restrictions commerciales destinées à affaiblir la base militaro-industrielle de la Russie. Ces mesures s'ajoutent aux trains précédents qui ont déjà sanctionné de larges pans de l'économie russe et des centaines de personnes et d'entités.
Propositions abandonnées et assouplies
Plusieurs propositions ambitieuses ont été abandonnées ou édulcorées au cours des négociations. Un projet visant à interdire l'entrée dans l'UE aux ressortissants russes ayant combattu en Ukraine a été reporté à l'automne. La Bulgarie a réussi à bloquer l'inscription du patriarche Kirill, chef de l'Église orthodoxe russe, sur la liste de gel des avoirs et d'interdiction de visa. Le Portugal et la France se sont opposés à l'arrêt des importations de morue et de colin d'Alaska russes, tandis qu'une interdiction plus large du poisson russe a été rejetée par plusieurs États membres. Ces concessions soulignent la difficulté de maintenir l'unité entre 27 pays aux intérêts économiques divergents.
Réaction de Bruxelles
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est félicitée de l'accord, liant les sanctions aux progrès de l'Ukraine sur le champ de bataille.
À l'heure où l'Ukraine progresse sur le front militaire, nos sanctions continuent d'affaiblir les fondements économiques de la machine de guerre russe.
Le paquet, adopté jeudi matin à Bruxelles, marque le 21e train de sanctions de l'UE depuis le début de l'invasion à grande échelle de la Russie en février 2022. Les diplomates ont décrit les négociations comme un marathon, l'accord final ayant été conclu juste avant la date limite qui aurait déclenché un assouplissement automatique du plafonnement du prix du pétrole.


