
La Commission européenne propose des règles pour permettre aux villes de restreindre les locations de vacances de courte durée
La Commission européenne a présenté un cadre juridique permettant aux autorités locales de restreindre les locations commerciales de vacances dans les zones confrontées à une tension sur le logement, en exigeant la preuve d'une tension du marché sur une période de trois ans.
Cadre de la Commission européenne
Le 9 septembre 2026, la Commission européenne a présenté la loi sur le logement abordable, établissant un cadre standardisé permettant aux municipalités de réguler les locations de vacances de courte durée. La proposition définit des critères pour désigner les zones en situation de stress locatif, en utilisant le rapport entre les prix immobiliers et le revenu médian local. Selon les règles, les autorités locales peuvent imposer des restrictions ou des interdictions sur les locations commerciales de vacances qui ne sont pas des résidences principales, à condition de démontrer que les locations touristiques ont aggravé les pressions sur le marché au cours des trois années précédentes. Tout plafond municipal adopté est limité à une durée de cinq ans et nécessite des révisions régulières. La vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Teresa Ribera, a expliqué l'objectif lors de la présentation à Bruxelles.
Nous donnons aux maires des outils pour prendre des mesures justifiées, nécessaires et proportionnées.
Pressions locatives urbaines et charges de logement
Les données de la Commission indiquent que les prix d'achat des logements dans l'Union européenne ont augmenté d'environ 60 % au cours de la dernière décennie, tandis que les loyers résidentiels ont augmenté d'environ 20 %. La croissance des loyers s'est fortement concentrée dans les zones métropolitaines très demandées, augmentant de 103 % à Lisbonne, 75 % à Madrid et 59 % à Berlin sur la même période de dix ans. Dans le centre de Madrid, environ 40 annonces de location de courte durée sont actives pour 100 logements disponibles sur le marché locatif de longue durée. Les chiffres d'Eurostat pour 2025 montrent que 11,2 % de la population en Allemagne a consacré plus de 40 % de son revenu disponible aux coûts de logement, contre une moyenne européenne de 7,7 %. Dan Jørgensen, le commissaire européen à l'Énergie et au Logement, a abordé l'ampleur de la pénurie dans les centres urbains.
51 % des citoyens européens vivant en ville considèrent le manque de logements abordables comme un problème grave, nous sommes dans une crise du logement, nous devons agir.
- Lisbonne
- 103 %
- Madrid
- 75 %
- Berlin
- 59 %
- Moyenne UE
- 20 %
- Allemagne
- 11.2 %
- Moyenne UE
- 7.7 %
Mesures municipales existantes et défis juridiques
Des villes comme Barcelone, Lisbonne, Amsterdam et Paris ont déjà introduit des restrictions locales pour limiter les plateformes de vacances comme Airbnb, Booking et Expedia. En Bavière, les municipalités allemandes disposent depuis 2007 de l'autorité légale pour limiter la sous-location résidentielle à huit semaines par année civile. À Madrid, les règles municipales interdisent les locations de courte durée dans les immeubles résidentiels du centre-ville, sauf si l'ensemble du bâtiment est dédié au tourisme, tandis que les locations dans les quartiers extérieurs nécessitent un accès direct à la rue. La mairie de Madrid a signalé que les annonces actives de locations touristiques ont chuté de 40 % entre août 2024 et mai 2026 pour atteindre 13 431 appartements. À Paris, un tribunal local a infligé une amende de 585 000 euros à une société immobilière pour avoir converti illégalement un bien résidentiel sous Montmartre en hébergement pour visiteurs.
Critiques du secteur et processus législatif
La directive proposée nécessite désormais l'approbation formelle du Parlement européen et du Conseil de l'Union européenne avant d'entrer en vigueur. Les représentants de l'industrie et les députés de l'opposition ont exprimé des réserves quant à l'efficacité de cibler les plateformes de courte durée pour résoudre les déficits d'offre plus larges. Markus Ferber, député européen allemand (CSU), a soutenu que l'initiative cible les mauvais leviers réglementaires.
La question centrale est de savoir pourquoi on construit trop peu et quels actes juridiques européens font obstacle à la construction.
Kai Warnecke, président de l'association allemande des propriétaires Haus & Grund, a soutenu que l'intervention ne devrait avoir lieu que lorsque la tension du marché à long terme est prouvée localement, sans nécessiter de directives au niveau européen. Selon l'Office fédéral de la statistique, les voyageurs en Allemagne ont réservé 68,3 millions de nuitées via Booking, Airbnb et Expedia au cours de l'année écoulée.


