
Bruxelles exhorte l'Espagne à supprimer la TVA réduite pour les hôtels et restaurants, citant un coût annuel de 7 milliards d'euros
La Commission européenne a recommandé à l'Espagne de limiter son taux réduit de TVA sur les hôtels, bars et restaurants, arguant que ce traitement préférentiel coûte près de 7 milliards d'euros par an tout en bénéficiant de manière disproportionnée aux plus aisés.
La recommandation sur la TVA
La Commission européenne, dans son train de recommandations pays par pays publié mercredi, a exhorté l'Espagne à réduire l'utilisation des taux réduits de TVA, ciblant en particulier les services d'hôtellerie et de restauration. La Commission a noté que l'Espagne présente le plus grand écart de politique de TVA dans l'UE, sous l'effet d'une des plus larges disparités de taux de TVA et de la plus grande différence dans les exonérations de TVA motivées par des raisons nationales. Des sources citées par LaVanguardia et EL PAÍS estiment la perte annuelle de recettes due au taux réduit de 10 % (contre le taux normal de 21 %) à environ 7 milliards d'euros, soit 0,4 % du PIB.
Parmi les catégories auxquelles s'appliquent des taux de TVA préférentiels, les services de restauration et d'hébergement se distinguent par leur impact budgétaire important, contre un effet redistributif très limité.
Préoccupations sur la structure des recettes
Bruxelles a souligné que les recettes provenant des taxes à la consommation et environnementales en Espagne restent inférieures à la moyenne de l'UE, tant en part du PIB qu'en part des recettes fiscales totales. Les recettes des taxes environnementales ont atteint 1,6 % du PIB en Espagne, contre 2,1 % dans l'ensemble de l'UE. Par ailleurs, la Commission a fait remarquer que l'augmentation des recettes provenant des taxes sur le travail a représenté 90 % de la hausse de la pression fiscale en Espagne au cours de la dernière décennie, reflétant une dépendance croissante à l'égard de la fiscalité du travail. Une utilisation plus restreinte des taux préférentiels de TVA contribuerait à simplifier le système fiscal, a ajouté la Commission.
Déséquilibre des dépenses entre générations
Dans une recommandation parallèle, la Commission a appelé l'Espagne à rééquilibrer les dépenses sociales entre les générations. Elle a noté que plus d'un enfant sur quatre était menacé de pauvreté ou d'exclusion sociale en 2024, ce qui place l'Espagne parmi les États membres de l'UE les moins performants sur cet indicateur. La Commission a demandé au gouvernement de réorienter une plus grande part des dépenses publiques vers les politiques bénéficiant aux enfants et aux jeunes, en particulier dans les domaines de l'éducation, de l'accès au logement et de l'emploi.
L'Espagne dépense beaucoup pour des postes tels que les retraites, qui ne bénéficient pas particulièrement aux nouvelles générations. Nous devons réfléchir à des dépenses davantage orientées vers les nouvelles générations.
Groupes vulnérables et disparités régionales
La Commission a identifié les familles monoparentales, les familles nombreuses, la population rom et les enfants issus de l'immigration comme étant particulièrement vulnérables. Elle a également mis en garde contre les disparités régionales persistantes en matière de taux de pauvreté et d'impact des transferts sociaux, pointant une couverture et un accès inégaux aux aides et services selon les territoires, surtout en zones rurales. La coordination entre les services sociaux, sanitaires et de l'emploi reste limitée par des compétences fragmentées et des instruments redondants.
Contexte politique et omissions
ABC a noté que le rapport de cette année a été perçu comme partiellement influencé par des considérations politiques. Le document ne fait aucune mention du fait que l'Espagne fonctionne sans budgets approuvés depuis trois années consécutives, et se dirige vers une quatrième. Le sujet des taxes environnementales, apparemment présent dans les premières versions, a été réduit à une simple référence. ABC a attribué cela à l'influence de la vice-présidente de la Commission, Teresa Ribera, qui, en tant que ministre espagnole de l'Environnement, avait résisté aux appels à augmenter ces impôts. La clause dérogatoire budgétaire permettant d'exclure certaines dépenses de défense du calcul des règles budgétaires a maintenu l'écart cumulé des dépenses publiques espagnoles à 0,4 % du PIB au lieu de 0,7 %, juste dans les limites autorisées.


