
L'UE accuse Temu d'avoir entravé une perquisition en décembre dans le cadre d'une enquête sur d'éventuelles subventions d'État chinoises
La Commission européenne a publié vendredi des conclusions préliminaires selon lesquelles le détaillant en ligne chinois n'a pas coopéré lors d'une inspection inopinée dans ses bureaux de Dublin en décembre, dans le cadre d'une enquête plus large visant à déterminer s'il a bénéficié d'aides d'État faussant la concurrence.
Les conclusions préliminaires de la Commission
La Commission européenne a indiqué vendredi avoir accusé Temu d'avoir enfreint son obligation de coopérer activement lors d'une inspection inopinée menée du 2 au 5 décembre dans son siège européen à Dublin. L'inspection visait Temu et sa filiale Whaleco, toutes deux unités de PDD Holdings, et a été menée en vertu d'un règlement de l'UE de 2023 conçu pour lutter contre la concurrence déloyale d'entreprises étrangères bénéficiant de subventions d'État.
La Commission a déclaré que Temu n'avait pas fourni d'informations sur l'organisation et la gestion de ses activités dans l'UE, ni sur les outils et systèmes informatiques qu'elle utilise. Le communiqué a noté qu'en ne soumettant pas les documents demandés, la Commission n'a pas pu examiner des sources d'informations potentiellement pertinentes pour son enquête.
La Commission conclut à titre préliminaire que Temu a enfreint son obligation de coopérer activement sur de multiples aspects liés au déroulement de l'inspection.
La réponse de Temu
Temu a rejeté les allégations, affirmant avoir pleinement coopéré à toutes les demandes formulées lors de l'inspection. Un porte-parole de l'entreprise a déclaré que Temu s'était conformé à toutes les exigences de la Commission et qu'elle examinerait attentivement le communiqué de la Commission.
L'entreprise a également catégoriquement nié avoir reçu des subventions étrangères faussant le marché intérieur de l'UE. Temu a fait valoir que ses propres activités opérationnelles génèrent des flux de trésorerie suffisants et durables pour financer ses activités dans l'UE, et qu'elle ne dépend d'aucun soutien étatique pour un quelconque avantage concurrentiel.
Temu a pleinement coopéré et a satisfait à toutes les demandes formulées par la Commission lors de l'inspection.
Sanctions potentielles
Si les conclusions préliminaires de la Commission sont confirmées, Temu pourrait se voir infliger une amende pour entrave. En outre, si l'enquête sous-jacente conclut que Temu a effectivement reçu des subventions étrangères illégales, l'entreprise pourrait être sanctionnée jusqu'à 1 % de son chiffre d'affaires annuel total. Temu a désormais la possibilité de répondre aux préoccupations de la Commission avant qu'une décision finale ne soit prise.
Pression réglementaire plus large
L'accusation d'entrave est la dernière d'une série d'actions réglementaires contre Temu en Europe. Fin mai, la Commission a infligé à l'entreprise une amende de 200 millions d'euros pour avoir permis la distribution de produits illégaux et dangereux aux consommateurs européens via sa plateforme. Temu conteste cette sanction.
L'entreprise a connu une croissance rapide dans l'UE et compte désormais 130 millions d'utilisateurs dans le bloc, soit environ un tiers de la population de l'UE, ce qui en fait l'un des plus grands détaillants en ligne d'Europe. En Allemagne, elle figure parmi les plus grands acteurs du commerce électronique. L'enquête distincte de la Commission visant à déterminer si Temu a reçu des fonds d'État chinois faussant la concurrence se poursuit.
- La Commission entame une inspection inopinée dans les bureaux de Temu à Dublin, qui dure jusqu'au 5 décembre.
- La Commission inflige à Temu une amende de 200 millions d'euros pour distribution de produits illégaux et dangereux.
- La Commission publie des conclusions préliminaires accusant Temu d'avoir entravé l'inspection de décembre.

