
L'UE autorise une flexibilité du déficit budgétaire pour les projets énergétiques, allouant 14,4 milliards d'euros à l'Italie
La Commission européenne a publié 22 mesures éligibles au titre de la clause de sauvegarde du Pacte de stabilité, accordant à l'Italie 14,4 milliards d'euros de marge de déficit sur 2026-2028 pour les projets nucléaires, les pompes à chaleur et l'énergie solaire, tout en excluant les subventions directes aux véhicules électriques.
Cadre budgétaire de la Commission européenne
La Commission européenne a publié un document d'orientation au Journal officiel de l'UE décrivant une liste illustrative de 22 mesures éligibles au titre de la clause de sauvegarde nationale du Pacte de stabilité et de croissance. Le mécanisme permet aux États membres de s'écarter temporairement des limites budgétaires pour financer des projets qui réduisent la dépendance aux combustibles fossiles et renforcent la sécurité énergétique. Selon les règles, les pays peuvent dépenser jusqu'à 0,6 % cumulé du produit intérieur brut sur la période 2026-2028 sans compter ces dépenses dans le plafond standard de déficit de 3 %. Les dépenses annuelles au titre de la clause énergétique ne peuvent excéder 0,3 % du produit intérieur brut, dans la limite du plafond de 1,5 % déjà accordé pour les dépenses de défense. Pour l'Italie, le mécanisme offre une marge de manœuvre budgétaire d'environ 14,4 milliards d'euros sur la période de trois ans, qui passe à 35 à 36 milliards d'euros si elle est combinée aux dispositions de défense.
- Plafond annuel des dépenses énergétiques
- 0.3 % du PIB
- Plafond cumulé sur 3 ans pour l'énergie
- 0.6 % du PIB
- Plafond total des dépenses de défense
- 1.5 % du PIB
Secteurs éligibles et exclusions de dépenses
La Commission a structuré les 22 catégories éligibles en cinq domaines : les ménages, le secteur public, les entreprises commerciales, les infrastructures de transport et l'industrie énergétique. Les investissements autorisés incluent les installations nucléaires, les panneaux photovoltaïques, les installations de pompes à chaleur, le stockage résidentiel par batteries, la modernisation des réseaux et les bornes de recharge pour véhicules électriques. Pour les ménages, le cadre soutient les subventions visant à remplacer les chaudières à combustibles fossiles par des pompes à chaleur et finance des programmes de rénovation des bâtiments comme le Conto Termico italien, qui rembourse jusqu'à 65 % des coûts de chaleur renouvelable. Les mesures de transport incluent des réductions sur les tarifs des transports en commun pour les étudiants et les jeunes. Cependant, la Commission a explicitement exclu les subventions directes à l'achat de véhicules électriques. Bruxelles a également interdit l'utilisation de la clause pour des réductions des accises sur les carburants, des allègements directs des factures d'énergie ou des subventions aux prix des combustibles fossiles, exigeant que toutes les mesures financées soient ciblées et rentables.
Réponse du gouvernement italien et politique nucléaire
Les responsables italiens ont approuvé la décision de la Commission européenne d'inclure les investissements dans l'énergie nucléaire et les technologies propres dans le champ des dépenses de déficit autorisées. Bien que l'Italie n'ait pas de construction de centrale nucléaire en cours, la classification permet un financement public pour la recherche nucléaire et la planification des infrastructures à long terme. Le ministre de l'Environnement et de la Sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin, a salué la décision de classer l'énergie atomique parmi les investissements de sécurité valables.
C'est une reconnaissance significative de la pertinence que l'énergie nucléaire peut avoir pour renforcer la sécurité et la résilience du système énergétique européen et pour la voie de la transition énergétique.
Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a également soutenu le cadre énergétique pour la politique nationale italienne.
Le gouvernement a entamé le processus d'adoption de cette technologie, en envisageant des installations durables et sûres.
Restrictions budgétaires et calendrier de soumission
La Commission européenne a imposé des conditions de délai strictes qui limitent la manière dont Rome peut allouer son enveloppe de 14,4 milliards d'euros. La Commission a statué que seules les mesures adoptées après le 28 février 2026 sont éligibles à l'exemption de déficit, empêchant ainsi des ajustements budgétaires rétroactifs. Cette règle empêche l'Italie d'appliquer la flexibilité à son décret sur les factures d'énergie de 5 milliards d'euros adopté le 20 février 2026. Les ministères italiens examinent l'éligibilité technique, les profils de finances publiques et les éventuelles incitations au stockage, y compris les batteries et le pompage-turbinage. Les autorités italiennes prévoient de soumettre leur programme d'investissement finalisé à Bruxelles début septembre 2026, la Commission européenne devant rendre ses recommandations formelles plus tard dans le mois.
- L'Italie adopte un décret sur les factures d'énergie de 5 milliards d'euros
- La Commission européenne fixe la date limite d'éligibilité pour les nouvelles mesures
- La Commission européenne publie la liste des 22 mesures énergétiques éligibles
- L'Italie soumet ses propositions formelles d'investissement énergétique à Bruxelles


