
L'Oregon demande un délai de 60 jours pour la fusion Paramount-Warner Bros. et questionne l'approbation du DOJ
Le procureur général de l'Oregon a demandé à un juge de reporter de 60 jours la fusion à 110 milliards de dollars entre Paramount et Warner Bros. Discovery, affirmant que l'approbation du ministère de la Justice pourrait être le fruit d'un « marché corrompu ».
La motion de l'Oregon pour un délai de 60 jours
Le procureur général de l'Oregon, Dan Rayfield, a déposé une motion devant la Cour supérieure du comté de Multnomah demandant au juge Eric Dahlin de reporter de 60 jours la clôture de l'acquisition de Warner Bros. Discovery par Paramount, d'un montant de 110 milliards de dollars. La motion, qui sera examinée lors d'une audience lundi, demande également une ordonnance du tribunal contraignant Paramount à remettre des documents relatifs à son lobbying auprès de la Maison-Blanche et du ministère de la Justice. Le bureau de Rayfield affirme que Paramount se soustrait aux citations à comparaître et que l'État a besoin de ces documents pour évaluer si la fusion enfreint le droit antitrust.
Nous n'allons pas laisser Paramount Skydance jouer à cache-cache pour précipiter leur fusion massive.
L'audience avait été initialement attribuée à la juge en chef Judith Matarazzo pour mercredi après-midi, mais elle s'est récusée et l'affaire a été confiée au juge Dahlin. Les avocats de Paramount ont informé le tribunal qu'ils n'avaient pas l'intention de conclure l'accord avant le 22 juillet, repoussant ainsi d'une semaine l'échéance initiale du 16 juillet.
Examen de l'approbation du DOJ
La division antitrust du ministère américain de la Justice a donné son feu vert à la transaction le mois dernier, accompagné d'une déclaration publique inhabituelle expliquant sa décision. Le DOJ a soutenu que la fusion « renforcerait la concurrence dans l'ensemble de l'écosystème des médias et du divertissement, avec des avantages pour les consommateurs et les travailleurs américains ». En règle générale, le DOJ ne publie de déclarations que lorsqu'il conteste un accord, pas lorsqu'il l'approuve.
La motion de Rayfield suggère que l'approbation pourrait être « le fruit d'un marché corrompu ». Il demande la communication de tout document attestant du rôle de Paramount dans la rédaction ou l'édition de la déclaration du DOJ, ainsi que des documents relatifs à « Project Warrior », le nom interne de la stratégie d'obtention des autorisations réglementaires pour la fusion.
Si l'approbation de la fusion par le DOJ n'était pas le fruit de son enquête, l'État aurait tendance à ne lui accorder que peu ou pas de crédit.
Un paysage réglementaire à multiples facettes
Au-delà de l'Oregon, l'accord est examiné par d'autres régulateurs. La Commission européenne doit se prononcer sur la fusion d'ici le 22 juillet, et Paramount a déclaré qu'elle ne conclurait pas l'accord avant cette date. Au Royaume-Uni, la secrétaire d'État à la Culture, Lisa Nandy, a déclaré qu'elle était « encline à intervenir », mais aucune décision formelle n'a été annoncée. Une coalition de procureurs généraux d'États, dont ceux de la Californie, Rob Bonta, et de New York, envisage également de contester la transaction devant les tribunaux.
Les objections de Paramount
Paramount s'est opposée aux demandes de documents, arguant dans ses mémoires qu'elles imposent des contraintes disproportionnées par rapport à l'enquête de l'Oregon et qu'elles sont d'une pertinence marginale. La société soutient que ses efforts de lobbying fédéral n'ont aucun lien avec la question de savoir si la fusion enfreint le droit antitrust de l'État. Le nom de code interne « Project Warrior » apparaît dans la citation à comparaître du procureur général concernant les stratégies de lobbying visant à obtenir l'approbation réglementaire.
- Le DOJ approuve la fusion et publie une déclaration soutenant l'accord
- Le tribunal de l'Oregon examine la motion pour un délai de 60 jours et une citation à comparaître pour des documents
- Date limite précédente pour que les États demandent une injonction ; Paramount déclare qu'elle ne conclura pas avant cette date
- Date limite de décision de l'UE ; Paramount repousse son engagement de non-conclusion à cette date
Prochaines étapes
L'audience de lundi déterminera si le délai de 60 jours est accordé et si Paramount doit se conformer aux citations à comparaître. Une décision favorable à l'Oregon pourrait ralentir la dynamique de l'accord et encourager d'autres États à demander des injonctions similaires. Alors que l'échéance du 22 juillet fixée par l'UE approche, la marge de manœuvre pour la conclusion de la fusion se réduit.


