
La Banque centrale néerlandaise transfère 86 tonnes de réserves d'or d'Amérique du Nord à Londres
De Nederlandsche Bank a transféré 86 tonnes d'or des États-Unis et du Canada à Londres entre mars et août, invoquant l'instabilité géopolitique croissante et la liquidité du marché.
Transfert d'Amérique du Nord à Londres
Entre mars et août 2026, De Nederlandsche Bank a transféré 86 tonnes de réserves d'or depuis des coffres aux États-Unis et au Canada vers la Banque d'Angleterre à Londres. La banque centrale a annoncé l'opération achevée le 2 septembre 2026, citant l'instabilité géopolitique croissante et la nécessité de renforcer la préparation aux crises. Le volume transféré représente 27,5 % des quelque 313 tonnes que l'institution détenait auparavant en Amérique du Nord. Les réserves d'or totales des Pays-Bas restent inchangées à 612,4 tonnes, avec une valorisation certifiée de 72,2 milliards d'euros à fin 2025.
Le président de la DNB, Olaf Sleijpen, a expliqué l'intention stratégique derrière ce transfert logistique.
Nous nous attendons à ne jamais avoir à utiliser l'or, mais il est nécessaire de renforcer notre résilience et notre préparation.
Mécanismes de relocalisation et logistique des coffres
Le transfert a évité les vols physiques transocéaniques pour la totalité du tonnage grâce à une procédure financière et logistique combinée. De Nederlandsche Bank a vendu environ 59 tonnes d'or stockées à la Réserve fédérale de New York, tout en achetant simultanément une quantité identique à Londres. Cet échange a garanti que tous les lingots acquis respectaient les spécifications du marché de la Banque d'Angleterre sans nécessiter de refonte.
De plus, plus de 27 tonnes de lingots ont été physiquement expédiées des coffres nord-américains vers le DNB Cashcentrum à Zeist. Un lot identique de 27 tonnes a ensuite été déplacé de Zeist à Londres. La banque centrale a noté que cette étape physique a fourni une expérience pratique dans la gestion du transit de lingots à grande échelle, confirmant que l'ensemble de l'opération est restée rentable.
- Londres
- 32.1 %
- Zeist
- 30.8 %
- New York
- 18.5 %
- Ottawa
- 18.5 %
Répartition changeante des réserves
Suite à la relocalisation, la Banque d'Angleterre est devenue le principal dépositaire des Pays-Bas, abritant 32,1 % de la réserve totale (plus de 196 tonnes). L'installation nationale à Zeist détient 30,8 % du stock. Les avoirs à la Réserve fédérale de New York sont passés de 31,3 % à 18,5 %, tandis que ceux à la Banque du Canada à Ottawa ont chuté de 19,7 % à 18,5 %.
La banque centrale a souligné que l'or stocké à Londres offre une liquidité immédiate et un règlement plus facile par rapport aux coffres nord-américains. En cas d'urgence, Londres sert de plaque tournante mondiale pour le commerce physique de l'or, permettant des transactions plus rapides selon des critères de livraison standardisés. Bien que la DNB ait précédemment noté des risques concernant la dépendance européenne aux infrastructures financières américaines après le retour du président Donald Trump, les responsables ont maintenu que ce transfert visait une flexibilité opérationnelle générale plutôt qu'une rétorsion politique immédiate.
Contexte européen plus large des réserves
Le mouvement néerlandais coïncide avec des débats en cours au sein des banques centrales européennes concernant la répartition des actifs. En Allemagne, des personnalités politiques ont examiné à plusieurs reprises les risques de stockage à l'étranger, bien que la Deutsche Bundesbank continue de stocker 37 % de sa réserve de 3 350 tonnes (1 236 tonnes) à la Réserve fédérale de New York. La Bundesbank conserve 51 % (1 710 tonnes) à Francfort-sur-le-Main et 12 % (près de 404 tonnes) à Londres.
- Francfort
- 51 %
- New York
- 37 %
- Londres
- 12 %
En comparaison, la Banque nationale de Belgique conserve la totalité de ses 227 tonnes d'or à l'étranger, principalement à la Banque d'Angleterre, ainsi que des dépôts à la Banque du Canada et à la Banque des règlements internationaux à Bâle. La Belgique a transféré d'importants lingots en Grande-Bretagne avant la Seconde Guerre mondiale pour des raisons de sécurité, puis en a vendu plus de 1 000 tonnes à partir de la fin des années 1980 pour réduire la dette souveraine avant la transition vers l'euro.


