
Démission en masse de l'opposition paralyse la commission de surveillance de la RAI : la présidente Floridia quitte son poste
Tous les membres de l'opposition de la commission parlementaire de surveillance de la RAI, y compris sa présidente, ont démissionné aujourd'hui pour protester contre plus d'un an de blocage orchestré par la majorité au pouvoir.
Le blocage
La Commission de surveillance de la RAI est dans l'impasse depuis plus d'un an, ses travaux étant régulièrement bloqués par les députés de la majorité. Le déclencheur immédiat est la ratification de Simona Agnes, la candidate du centre-droit à la présidence de la RAI. Les partis d'opposition (Pd, M5S, Avs et Italia Viva) ont refusé de l'approuver, et la majorité a répondu en refusant systématiquement le quorum à la commission pour empêcher tout vote. Les auditions et enquêtes de surveillance ordinaires sont suspendues depuis le début de la législature.
Démission et accusations
Aujourd'hui, cette impasse a dégénéré en une crise institutionnelle. La présidente de la commission, Barbara Floridia (M5S), et tous les membres de l'opposition de cet organe bicaméral ont démissionné avec effet immédiat. Dans une lettre adressée au président du Sénat, Ignazio La Russa, et au président de la Chambre, Lorenzo Fontana, les commissaires démissionnaires ont qualifié cette décision d'« acte politique nécessaire, conséquence d'une paralysie qui, depuis des mois, empêche la commission de jouer son rôle de garantie ».
Aujourd'hui, j'ai remis ma démission de présidente de la Commission parlementaire de surveillance de la RAI aux présidents du Sénat et de la Chambre. C'est une décision douloureuse mais nécessaire et inévitable. J'ai dû reconnaître que rester et dénoncer était inutile. Il ne me reste d'autre option que d'envoyer un signal fort contre l'arrogance et l'utilisation sans scrupule des institutions et des commissions parlementaires par cette majorité.
La vice-présidente Maria Elena Boschi (Italia Viva) s'est jointe à la sortie, écrivant sur les réseaux sociaux que la conduite de la majorité est « inexcusable ». La lettre des commissaires a accusé le camp gouvernemental de traiter la RAI comme une « appartenance partisane », citant des programmes annulés sans explication, un journalisme d'investigation marginalisé et une « mortification du personnel et du mérite » en faveur de la loyauté politique.
RAI sans président
Malgré l'impasse, la RAI a fonctionné sans président officiellement installé. Le rôle est actuellement occupé par Antonio Marano, le membre senior du conseil d'administration, nommé par la Ligue. La présidente sortante, Simona Agnes (Forza Italia), a été nommée mais jamais ratifiée car l'opposition a refusé la majorité des deux tiers requise. Floridia a évoqué la procédure d'infraction non résolue concernant la loi européenne sur la liberté des médias, que le gouvernement n'a pas encore transposée, comme preuve supplémentaire de négligence institutionnelle.
Il est inacceptable qu'après un an et demi, le service public national manque encore de ses organes administratifs et que la Commission de surveillance soit incapable d'exercer ses fonctions.
L'avertissement du président Mattarella, prononcé le 14 avril, est resté sans réponse.
Contexte
La démission couronne des mois de tension ponctués de réunions sporadiques de la commission. L'organe ne s'est réuni que pour des événements exceptionnels, comme la bombe placée devant le domicile de l'animateur de « Report », Sigfrido Ranucci, ou un briefing du directeur général Roberto Sergio sur le plan de cession immobilière de la RAI. La sortie de l'opposition intervient à la veille de la présentation de la grille d'automne, prévue demain à Ancône, les critiques avertissant que la nouvelle programmation confirme le déclin des audiences, de la crédibilité et du pluralisme.

