L'ONU ordonne une enquête urgente sur les atrocités des FSR à El Obeid au Soudan alors que le siège se resserre
Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a ordonné une enquête urgente sur les exactions commises par les Forces de soutien rapide dans la ville soudanaise assiégée d'El Obeid, où un état de quasi-siège et des attaques de drones ont tué au moins 45 civils ces dernières semaines.
L'ONU ordonne une enquête urgente
Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté lundi à l'unanimité une résolution condamnant l'escalade de la violence par les Forces de soutien rapide (FSR) dans la ville soudanaise d'El Obeid et ordonnant une enquête urgente sur les exactions qui y sont commises. L'instance de 47 membres a agi après un débat d'urgence demandé par le Royaume-Uni. La Mission internationale indépendante d'établissement des faits sur le Soudan, créée par le Conseil en octobre 2023, doit rendre ses conclusions dans un délai de trois mois. La mission examinera les violations du droit international humanitaire et les crimes internationaux commis à El Obeid et dans ses environs. L'ambassadrice britannique pour les droits de l'homme, Eleanor Sanders, a déclaré au Conseil :
Ces horreurs ne doivent pas se répéter.
Siège et bilan civil
El Obeid, une ville d'un demi-million d'habitants dans le Nord-Kordofan, est sous le siège des FSR depuis 18 mois et connaît désormais un état de quasi-siège, des attaques de drones incessantes et un rassemblement de forces paramilitaires. Le chef des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, a émis une « alerte rouge » vendredi, mettant en garde contre une catastrophe imminente.
La résolution a noté que des frappes de drones récentes ont tué au moins 45 civils et condamné « les frappes aériennes contre des civils et les attaques illégales contre les infrastructures civiles ». La ville accueille également environ 100 000 personnes déplacées d'autres zones touchées par la violence, et le Conseil a exprimé sa vive inquiétude face au risque d'atrocités de grande ampleur, y compris les violences sexuelles liées au conflit.Ce n'est pas un exercice. C'est une alerte rouge.
Une guerre sans solution militaire
La guerre entre les FSR et les Forces armées soudanaises, dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan, fait rage depuis avril 2023, tuant des centaines de milliers de personnes et en déplaçant 15 millions. Les deux camps ont commis des crimes de guerre. Le Conseil a souligné qu'« il n'y a pas de solution militaire à la crise au Soudan » et a réitéré les appels en faveur d'un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel et d'une transition politique crédible menant à un gouvernement démocratiquement élu. La résolution a également rappelé les horreurs d'El Fasher, où un siège de famine et un massacre l'an dernier ont tué des dizaines de milliers de personnes, les enquêteurs de l'ONU rapportant « les signes d'un génocide ».
Complicité internationale
Des groupes de défense des droits et des diplomates affirment que les Émirats arabes unis sont un soutien clé des FSR, bien qu'Abou Dhabi nie toute implication. The Guardian rapporte que le Royaume-Uni détenait en 2024 des preuves liant l'Éthiopie et les Émirats aux FSR, mais les a dissimulées après ce que des députés britanniques ont décrit comme une « pression considérable » des Émirats. Il existe également des preuves de l'utilisation d'équipements militaires britanniques par les FSR. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont exprimé leur inquiétude pour le Soudan mais ont largement ignoré le rôle des Émirats, selon l'éditorial, qui note que les Émirats ont promis 1 400 milliards de dollars d'investissements aux États-Unis et qu'un prince émirati a placé 500 millions de dollars dans l'entreprise de cryptomonnaies de la famille Trump.
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- Le chef des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, émet une « alerte rouge » sur El Obeid
- Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU ordonne une enquête urgente sur les exactions des FSR
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